Ecriture et relecteurs

Une fois les remarques de forme prises en compte, je me suis trouvé en possession d’un roman tout propre. Quand l’envoyer aux maisons d’édition ? Votre premier relecteur vous aura peut être fait quelques remarques sur le fond, mais il faut avoir conscience du fait qu’il est très difficile pour lui d’être en même temps attentif à la forme et au fond, surtout s’il y a un gros travail sur la forme. Il serait possible d’en rester là et d’envoyer tel quel le roman à un éditeur en se disant, « vaille que vaille… »
Certains auteurs pressés par le temps, n’auront pas d’autres choix que de suivre cette voie expéditive. Pour les autres, il me semble plus enrichissant de ne pas s’arrêter là.
L’intérêt d’avoir entre les mains un roman propre sur la forme est de rendre la critique sur le fond plus aisée. Personnellement, j’ai fait le choix d’une deuxième phase de relecture et j’ai choisi quelques relecteurs en leur demandant de se prononcer avant tout sur le fond.
Il y aura inévitablement une part d’affectif dans le choix des relecteurs de cette seconde phase, mais ce choix doit être aussi stratégique. Attention, une personne affectivement trop proche risque d’être gênée dans sa lecture, justement à cause de cette proximité affective. Le choix de relecteurs étant ou ayant été en lien avec le monde des livres (éditeur, écrivain…) est bien entendu judicieux, mais celui d’un relecteur qui ne lit jamais peut aussi être intéressant. Enfin, si vous avez dans votre entourage un professionnel de la « recherche de la petite bête », n’oubliez surtout pas de l’intégrer à l’équipe. Pour votre plus grand plaisir et le sien, il traquera avec zèle les incohérences qui subsistent encore ici et là.
– Combien de relecteurs ?
– Plus d’un, bien entendu, mais pas trop non plus. Pour ma part j’en ai pris cinq et je pense que c’est un maximum.
– Qu’est ce que tu vas faire de toutes ces remarques ?
– Souvent, elles se recoupent ou se complètent. Parfois, elles se contredisent. Pour pouvoir les prendre en compte, je suis obligé de me poser des questions fondamentales. Qu’est ce que je veux dire au lecteur ? Quel message je veux lui faire passer ?
– Mais ces questions, tu ne te les étais pas posées avant ?
– Non, pas vraiment. C’est mon premier roman. J’avais décidé d’écrire ce roman parce que je voulais écrire un roman. Je n’imaginais pas pouvoir en écrire un autre.
– Et…
– Maintenant, je vais écrire le roman que je veux écrire. C’est celui-là que je vais envoyer aux éditeurs.

Edouard

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