La faille souterraine

La série d’enquêtes du commissaire Wallander a séduit de nombreux lecteurs
Pour l’auteur, sa série est ‘le roman de l’inquiétude suédoise’.
Après le dernier épisode, l’auteur s’est amusé à imaginer les premiers pas de Wallander dans la police.
En six histoires, il schématise son personnage, avec déjà ses qualités et ses défauts.
Un travail d’archéologue sur un personnage fictif, un beau travail de mémoire. Amitiés Scandinaves,
Guy.

Henning Mankell – Seuil

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Les accusées

Été 1914, Rose et son mari rejoignent les USA à bord de l’Impératrice Alexandra, un paquebot transatlantique, lorsqu’une explosion détruit le bateau. Rose fait partie des 39 passagers d’une chaloupe mise à la mer.
C’est sous forme de journal qu’elle nous raconte son voyage de 21 jours avant d’être sauvée et jugée pour le meurtre de Mr.Hardie, le marin chargé de la chaloupe trop chargée.
21 jours de faim, de soif, de doutes, de questions, de rivalités, d’égoïsme sous couvert de générosité, à la limite de la folie.
« Sublime et dérangeant, «les Accusées » exploite les limites de la morale humaine. »
Plus dérangeant que sublime et c’est ce qui m’a intéressée. Les personnages sont très bien étudiés et décrits. L’histoire est haletante.
Jusqu’où peut aller l’instinct de survie ? De quoi serions-nous capables dans un cas similaire ? Quel personnage est le plus irréprochable ?
Sublime parce que dérangeant ?
En tout cas, lu d’une traite. Une bonne lecture d’été ; vous ne verrez plus la mer de la même couleur.
La Martine
ROGAN Charlotte
Fleuve Noir, 2012, 261 p.

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Salade Pomme-Soja

 

Pour lutter contre la chaleur, créez des salades.
Pour 4 personnes :
– Quatre belles tranches de saumon fumé. Vous pouvez essayer avec du blanc de poulet, ça doit être pas mal aussi, peut-être mieux. Avec du jambon ? Mouais… j’le sens moins. Avec des dés de fromage ? Ah non, forbidden !!
– Trois ou quatre petites boîtes de pousses de soja. Moi j’ai des boîtes de 200g mais y a pas mal de flotte à l’intérieur.
– Deux pommes. Faite pas comme moi, ne choisissez pas des grosses pommes farineuses sans goût et qui se délitent quand on les coupes en morceaux. J’avoue qu’en « pommes », je ne suis pas très fort. Si vous avez un ouvrage à me conseiller, je suis preneur.
– Deux citrons. Ah, ça c’est l’ingrédient roi qui va te réveiller les pousses de soja qui agonisaient dans leurs boîtes et même un peu raffermir les morceaux de pomme.
– Un filet d’huile d’olive, juste pour donner une petite touche méditerranéenne.
– Un filet de vinaigre de cidre : ben oui, tant qu’à être dans la pomme…
– Sel (et poivre aussi, si vous voulez).
– Coriandre. Bon, j’vous préviens, moi je n’en ai pas mis parce qu’hier soir, je n’avais pas de coriandre chez moi. Mais là, tout de suite, en écrivant, j’me dis que ça doit être sympa avec de la coriandre qui devrait avantageusement relever la touche asiatique des pousses de soja. Maintenant, y a des gens qui n’aiment pas la coriandre… Si vous ne connaissez pas, essayez, ce serait con de mourir sans connaître ce goût. D’ailleurs, je vous invite tous à aller regarder l’article de Wikipédia qui est très intéressant.
Bon, vous avez tous les ingrédients. A vos marques ! Prêt ! Partez ! Dans un saladier, mélangez les pousses de soja, le saumon coupé en morceaux, les pommes en dés, le jus des citrons et tout le reste. Mélangez, mettez tout ça au frigo une demi-heure avant de déguster tout en buvant un jus de fruit, voire une Tsingtao. C’est trop bon et efficace pour combattre la chaleur, plus efficace qu’un roman policier islandais en tout cas. J’vous dis ça parce que je viens de terminer « la muraille de lave » d’Arnaldur Indridason. Mouais, ça vaut pas une Pomme-Soja. Je ne pense pas que je vais faire de critique, j’ai trop de hamacs dans la tête.
Bon appétit
Edouard

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Un mensonge presque parfait

 

Une très amusante histoire d’arnaque se passant dans le milieu psychojudiciaire américain.
David Remler, psychothérapeute avec pignon sur rue à Manhattan, reçoit une nouvelle et ravissante patiente, prénommée Samantha.
Elle lui confie ses difficultés conjugales, et laisse entendre qu’elle pourrait bien assassiner son mari.
David est veuf depuis trois ans, et le charme de la demoiselle ne le laisse pas indifférent.
Une nuit, elle lui téléphone pour lui annoncer qu’elle est passée à l’acte.
Il se précipite, dans la maison sans vie et y trouve le cadavre d’un homme lardé de coups de couteau.
Pas de Samantha à l’horizon, mais deux flics qui s’empressent de l’embarquer.
Deux inspecteurs, de style Dupont et Dupond vont cuisiner notre psy ahuri, qui ne manquera pas d’accumuler les faux pas, faisant de lui un coupable très plausible.
Ses démêlés avec la justice américaine rappellent un peu ceux d’un politicien français qui fit l’actualité il y a un peu plus d’un an.
Tout cela est bien ficelé, et le lecteur en a pour son argent.
Une bonne lecture de vacances, pour ne pas se prendre la tête.

Amitiés garde à vue,

Guy (20/07/2013)

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Ah ! Celui-là, oui !!!
Comme quoi, inutile de tartiner les murs et les pages de sang et de tripes pour faire le malin. Il suffit de savoir écrire et d’avoir une imagination normale sans schizophrénie…

L’histoire nous est racontée et menée par David Remler, psychiatre au-dessus de tout soupçon, hyper chevronné, côté, donc excessivement cher. Très au fait des us et coutumes psy, il se fait pourtant avoir par une de ses clientes. Une certaine Samantha qui a des problèmes avec son mari dont elle ne peut se séparer sous peine de perdre la garde de son fils. Donc, elle envisage de le tuer. Que faire quand on est psy ? Surtout ne pas prendre la défense de la belle dame et se renseigner pour savoir comment elle pourrait divorcer en ayant un maximum de chance de garder son enfant. Une nuit, Sam lui téléphone en lui disant qu’elle est passée à l’acte. Dans un cas pareil, un psy ne se précipite pas sur le lieu du crime pour aider sa cliente. C’est pourtant ce que fait David et comme Sam n’est pas là et n’est pas la vraie Sam, épouse légitime du cadavre, voilà notre psy accusé N° 1 faute d’autres suspects. Le procès est magnifique et haletant. Toutes les preuves se retournent contre lui. Et pourtant il a des avocats chevronnés (une belle avocate en particulier) et teigneux à souhait face à l’accusation. Le dernier jour du procès arrive et là, surprise ! (Chuuuutttt !)

Le livre ne s’arrête pas là, David part à la recherche de sa « patiente mystère », seul, évidemment et … lisez-le !

Un polar juridique, psychologique dont je n’ai sauté aucune ligne. Le psy ne fait pas vrai psy mais comme c’est un américain, il faut s’attendre à tout. Et le tout est crédible, se tient, très bien raconté avec quelques notes d’humour (Un psy qui a de l’humour !!!). J’ai joué le jeu et je ne l’ai pas regretté.

Un très bon polar, pas sanguinolent, pas d’autopsie détaillée mais palpitant du début jusqu’à la fin. Ce pourrait être un bon début pour ceux qui n’aiment pas les polars et voudraient s’y mettre.

La Martine ravie

ROUGHAN Howard RP juil.-12
Plon, 2005 (2004), 375 p.

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Le garçon d’à côté

« Dans la banlieue tranquille du Middle West où Sarah vit avec ses enfants, Nate et Danny, la nouvelle fait l’effet d’une bombe : leurs voisins et amis, les Kendricks, sont accusés de pédophilie. L’horreur était là sous ses yeux et pourtant Sarah n’a rien vu, rien senti.
Malgré l’équilibre fragile qu’elle tente de maintenir au sein de sa famille depuis la mort de son mari, elle décide d’accueillir Jordan, le fils des Kendricks, victimes d’abus. Sarah, Nate et Danny vont devoir changer de regard, réinventer leurs rôles respectifs et leurs certitudes pour redonner à Jordan goût à la vie et l’aider à grandir. »
« Sans jamais verser dans le sensationnalisme, Le Garçon d’à côté prend à bras-le-corps la face obscure de la nature humaine, mais parle aussi de résilience et d’amour. Un tour de force romanesque qui dérange et interpelle »( Clémentine G. – Elle.)
Ce livre est, en effet, bien écrit, très intéressant, bien documenté. Les personnages avec leurs certitudes et leurs doutes sont très attachants. Il leur faut revoir continuellement leurs gestes et leurs mots pour ne pas choquer, braquer, Jordan qui lui est dans le déni. Ils sont aidés par un flic, un assistant social et une psy plutôt sympathique. Grâce à sa famille d’adoption, Jordan comprendra et évoluera vers une vie plus agréable.
Un livre, somme toute, positif que j’ai eu beaucoup de mal à quitter.
La Martine
KITTLE Katrina R juil.-13
Poche, 2013 (2005), 567 p.
Prix des lecteurs 2013

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Sherlock

 

La série est diffusée depuis un certain temps sur ma chaîne fétiche, mais je n’avais pas encore regardé. C’est chose faite depuis jeudi soir avec l’adaptation d’un classique de chez classique : le chien des Baskerville.

Le titre de l’épisode était en fait « les chiens des Baskerville », la couleur est annoncée dès le début, on n’est pas dans une énième adaptation du roman de Conan Doyle, les inconditionnels de sauce victorienne en seront pour leurs frais.

Ce n’est pas non plus une parodie, mais plutôt une ripolinade (vous ne le connaissiez pas celui-là ?) du mythe du célèbre détective-opiomane. Pour tout dire, je n’ai jamais beaucoup accroché avec Sherlock Holmes. Trop mégalo pour ne pas être énervant. J’ai toujours trouvé ses capacités déductives insupportables, ne nous laissant aucun espoir de trouver la clef du mystère.

Je pense qu’un bon auteur de romans policiers doit donner au lecteur le sentiment qu’il va peut-être résoudre l’énigme seul tout en faisant le nécessaire pour qu’il n’y arrive pas. Or, Conan Doyle semble nous dire éternellement « même pas en rêve ». J’aime bien aussi les polars dans lesquels l’enquête est un prétexte…enfin, il fallait bien poser les bases du roman policier et les aventures de Sherlock Holmes ont incontestablement alimenté les fondations du genre.

Bref, il fallait un sérieux ravalement et cette série britannique relève le défi haut la main. Tout ce déroule au XXIe siècle. Sherlock est toujours accompagné de l’inséparable docteur Watson, mais, loin du rôle de faire valoir dans lequel Conan Doyle le cantonnait, il apporte a son ami le soutien médical dont il a cruellement besoin.

En effet, plus que jamais, le grand détective apparaît comme un grand malade.
La consommation d’opium étant réglementée depuis 1912, il s’est aujourd’hui rabattu sur la cigarette. Cette addiction ne semble cependant pas être à l’origine de sa «maladie». S’il continue a user de ses talents déductifs incroyables, ce n’est plus pour nous épater, pour regarder le monde avec dédain, mais parce qu’il ne peut pas faire autrement. Il porte ses capacités comme un superpouvoir dont il doit bien faire quelque chose : c’est un peu le détective malgré lui. Forcément, j’ai beaucoup plus d’affection pour ce Sherlock que pour celui des origines.

Sinon, l’intrigue mise au goût du jour est bien sympa, teintée comme il se doit de scènes bien flippantes. Le méchant est bien méchant et le monstre délicieusement monstrueux. Les gardiens des dogmes fondateurs y auront même trouvé leur compte grâce à la « so gothic » lande accidentée du Dartmoor avec son brouillard, ses silhouettes fantomatiques, ses cris effroyables, ses cachettes et ses bruyères.

À suivre…

Edouard

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Dora Bruder

De livre en livre, Modiano continue son travail d’archéologue, mêlant sa propre biographie à une tentative de compréhension de l’innommable.
Dans un vieux journal datant du 31 décembre 1941, le narrateur tombe sur un avis de recherche d’une jeune fille, Dora Bruder. Ses recherches lui permettront de cerner une partie de la mystérieuse Dora. Emprisonnée à Drancy, elle sera envoyée à Auschwitz. Elle n’en reviendra pas.
La dernière page:
« J’ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait (…) C’est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d’occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l’Histoire, le temps – tout ce qui vous souille et vous détruit – n’auront pas pu lui voler. »

Minimaliste et magistral.

Amitiés muettes,

Guy.

Patrick Modiano – folio – 145 p.

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