Les enfants de cendres

Enfin un TRÈS BON polar !!! (ou thriller, si vous préférez…)
Le train Göteborg/Stockholm s’arrête 10 min dans une petite gare pour défaut de signalisation : arrêt imprévu. Puisque Lilian dort, Sara décide de descendre du train, sans réveiller sa fille pour téléphoner. Une jeune femme lui demande son aide pour remonter son chien malade par l’escalator. Pendant ce temps, le train repart. Le contrôleur est prévenu et surveille du coin de l’œil la fillette. Il s’absente 3 minutes et quand il revient, plus de fillette. Il ne reste que ses chaussures rouges. La mère rejoint Stockholm en taxi et apprend la mauvaise nouvelle.
La police pense automatiquement au père puisque Sara et Gabriel sont séparés. Ils sont confortés dans cette idée puisque le père est introuvable.
Le lendemain, Sara reçoit un colis avec les vêtements de sa fille et ses cheveux et puis, Lilian est retrouvée, nue, propre, désinfectée avec une inscription sur le front : « indésirable ». L’autopsie révélera qu’elle n’a pas été violentée et que seule, une piqûre mortelle d’insuline a été faite à la base du crâne. Le hic, c’est que son corps a été retrouvé devant l’hôpital d’Umeå. Pourquoi si loin ? Comment un père peut-il faire ça à sa fille ? S’il voulait punir la mère pourquoi s’en prendre à sa fille ?
Les inspecteurs Alex et Peder, sûrs de leur suspect, n’écoutent pas Fredrika qui, elle, penche pour enquêter sur la femme au chien.
Un bébé est kidnappé, le processus est le même, mais en plus rapide. Son corps est retrouvé dans la salle de bain d’un couple de retraités.
Nouvelles questions : quel est le rapport entre les deux enfants, les deux mères, les deux lieux ??? Pourquoi l’assassin accélère-t-il ?
Il y a longtemps que je n’avais lu un polar aussi bien fait avec un suspense dilué au fur et à mesure, augmentant jusqu’au bouquet final. Les fausses pistes ne manquent pas. Les personnages sont bien faits, bien étudiés, leurs histoires intimes ne sont pas trop lourdes. Tout était intéressant.
Pour un premier roman, c’est un coup de maître !
La Martine sublimée
OHLSSON Kristina
J’ai lu, 2012 (2009), 445 p.

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La vengeance du comte Skarbek

J’avais repéré depuis quelque temps déjà l’expo « Thorgal » à la mairie de Versailles qui se termine dimanche.

Mouais…Thorgal l’extra-terrestre élevé par des Vikings, je trouve le dessin pas trop mal et j’avoue qu’il m’arrive parfois de suivre ses aventures lorsque je m’attarde à la FNAC. Thorgal, c’est un peu le Charles Ingalls de la BD francophone. Il est beau, il est grand, il est fort, il est juste, il coupe du bois… Tout ça se laisse lire, mais reste un peu premier degré.

Il se trouve cependant que je me suis retrouvé à Versailles le week-end dernier et, l’occasion faisant le larron, je me suis décidé à franchir le seuil de l’hôtel de ville.

J’ai été agréablement surpris de m’apercevoir que l’expo n’était pas tant consacrée à Thorgal qu’à son dessinateur Grzegorz Rosinski, à l’origine de nombreuses autres BD à la qualité graphique incontestable dont « le grand pouvoir du Chninkel » qui reste un classique de l’heroïc fantasy.

Au milieu de cette production foisonnante, je suis tombé sur quelques planches aux très belles couleurs aquarellées tirées d’un diptyque dont je n’avais jamais entendu parler : la vengeance du comte Skarbek.

En 1843, un peintre d’origine polonaise débarque à Paris pour assouvir sa vengeance.

Bon, allez vous me dire, encore un remake du comte de Monte-Cristo. Oui, c’est tout à fait ça, mais la filiation est revendiquée puisque le peintre finit par raconter son histoire à l’un des nègres d’Alexandre Dumas. Un scénario d’Yves Sente très bien ficelé qui revient sur la renaissance de la Pologne en 1830 et plus globalement sur une tranche de l’Histoire de l’Europe que je ne connaissais pas bien. Seul petit bémol, un imbroglio autour d’une main coupée qui me semble un peu tiré par les cheveux.

Même si Rosinski n’est pas le scénariste, l’histoire semble beaucoup parler du père de Thorgal, de son amour pour la Pologne où il est né en 1941, de son amour pour Paris et de sa grande passion, lui qui, comme nous l’explique l’exposition, a toujours rêvé de devenir artiste peintre.
La vengeance du comte Skarbek
Sente-Rosinski
2004-2005
Edouard

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Alice

Une voix nouvelle dans la littérature allemande.
Cinq nouvelles autour du thème de la mort. Avec des moyens d’une simplicité émouvante, Judith Hermann arrive à saisir le côté irrémédiable de ces départs, prévisibles et pourtant chaque fois différents. La vie quotidienne prend une autre tonalité, la vie continue, on ne pleure pas, on subit, on survit.
Un envoûtement en mineur. Une petite musique qui ne s’oublie pas.
Amitiés endeuillées,
Guy
Judith Hermann – Albin Michel – 180 p.

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Nature & Culture

Je ne voulais pas intervenir dans le débat sur le « mariage pour tous », mais un certain nombre d’éléments extérieurs m’y poussent. En surface, le débat tourne autour de savoir s’il est préjudiciable ou non à un enfant d’être élevé par deux personnes du même sexe. Je pense que le plus important pour un enfant est qu’il soit bien élevé… chaque camp a ses psychiatres.

Ce qui m’intéresse plus, c’est une conviction philosophique qui sous-tend les propos d’un certain nombre de personnes hostiles au projet. Cette conviction était très visible dans les slogans utilisés par les différents manifestants. Cette conviction renvoie à l’existence d’une « loi naturelle immuable » à laquelle le projet porterait préjudice.

Le point le plus positif de l’hostilité à la loi, c’est que les trois religions monothéistes aient accordé leurs violons. Ce phénomène n’est pas surprenant, car l’existence d’une « loi naturelle immuable » est la base du monothéisme. En dehors des créationnistes forcenés, tout le monde admet aujourd’hui qu’il est fort peu probable que le monde ait été créé en 7 jours. Par contre, le fait qu’Adam et Ève puissent être Paul et Robert ou Julie et Stéphanie, c’est plus difficile à gober, c’est contre nature et donc contre Dieu.

Existe-t-il une « loi naturelle immuable » ? Si oui, est-elle menacée ?

Pour ma part, je pense que la « loi naturelle » est largement conditionnée par ce qui est considéré comme socialement acceptable à un moment donné. Je ne pense pas que Dieu puisse être enfermé dans quelques vieux schémas simples. Il y a 200 ans, l’esclavage était une loi naturelle immuable.

Le projet de loi heurte donc les convictions d’une partie de la population qui considère qu’elle n’est pas socialement acceptable. Dans notre belle société laïque et ultra-sécularisée, ces convictions dépassent largement le cadre religieux. L’effet était probablement recherché par le gouvernement soucieux de marquer son identité socialiste. Les manifestants ne se doutent certainement pas combien ils servent les intérêts de la gauche.

Il y a un fait pourtant réel et dont on ne parle jamais globalement : les enfants élevés aujourd’hui par des couples homosexuels. Pris individuellement, ils sont brandis par les deux camps pour expliquer combien il est affreux d’être élevé par des parents homosexuels ou combien cela est formidable. Le fait est qu’ils existent et il est normal qu’ils aient un statut.
On aurait pu faire cette réforme sans bruit, mais personne n’y aurait trouvé son intérêt. L’utilisation du mot « mariage » est provocatrice et cela arrange tout le monde : la gauche, la droite, les religions monothéistes, les associations de protection des droits des homosexuels et la société française dans son ensemble. Cette loi est finalement structurante et permet à chacun de se définir et de se positionner. Avide de débats, notre beau pays en avait sans doute besoin.
Edouard

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Sang froid

Juillet-Ronald Jeffreys, accusé de 3 meurtres d’enfants se confie au père Francis, dans le couloir de la mort, avant d’être exécuté. Le père Francis sait qu’il a raison en ne reconnaissant qu’un seul crime puisque l’assassin des deux autres lui a avoué les deux crimes au confessionnal.
Quelques mois plus tard, à Platte City, Nick Morrelli se trouve confronté à son premier meurtre. Il est aidé dans son enquête par une agent du FBI, Maggie O’Dell.
Le petit Matthew a été assassiné de la même façon que les autres avec une croix en travers de la poitrine. Maggie remarque tout de suite les signes d’une extrême onction et constate qu’il n’y avait pas eu de violences sexuelles comme dans un seul cas. À plusieurs années d’intervalle, s’agit-il d’un copieur ?
Ils constateront, aussi, que l’enquête de Jeffreys, menée par le père de Nick, shérif à l’époque, contient des « manques », des « irrégularités ». Partant de là, ils songent à un copieur proche de l’église. Un deuxième enfant est assassiné, mais l’enquête piétine. Il faudra que Timmy, le neveu de Nick soit prisonnier à son tour pour que tout bouge et avance.
Un polar plein de suspense, de rebondissements, de bâtons dans les roues puis d’indices, le tout bien dosé avec des phases de repos et des phases à vous couper le souffle. Mon coeur a résisté en apnée.
Le seul hic : une histoire d’amour entre le shérif et la gent du FBI qui frôle de pleins pieds la nunucherie niveau 12 ans. À peine qu’ils se frôlent qu’ils rentrent en transes. Las ! C’est au moment du baiser que le téléphone sonne donc ils ne « consomment » jamais.
À suivre. D’autant qu’ils ont laissé partir l’assassin qui ne tue pas que des enfants.
Sang froid, c’est pour le tueur en série, surtout pas pour Maggie et Nick…
La Martine qui va attaquer un autre polar… What else !
Alex Kava
Harlequin, Best-sellers, 2011 (2000), 499 p.

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Mort d’une télé

10 ans de vie commune. Cela faisait un moment déjà que je voulais m’en séparer, mais bon, elle me rendait de bons et loyaux services, je n’allais tout de même pas la virer comme ça, sans raison.
J’y ai repensé l’année dernière lorsque j’ai eu la nouvelle « Free-Box » : trop vieille pour lire les Blu-Ray. Mouais… pas vraiment un motif de condamnation.
Et puis, il y a deux mois, je l’ai fait tomber pour la première fois. C’était une maladresse, mais peut être aussi une certaine forme de négligence. Elle n’avait rien laissé paraître de ce traumatisme et avait redémarré comme si de rien n’était.
Aucune plainte, aucun reproche. Pourtant, elle aurait pu m’en faire : « Tu ne me regardes plus ! Je ne suis plus qu’une télé trop vieille pour lire les Blu-Ray ! Ah, cette Free-box, il n’y en a plus que pour elle ! Égoïste ! Voilà ce que tu es ! Il n’y a que tes petits plaisirs qui comptent ! Je n’ai rien dit quand tu jouais à angry birds mais ça m’a fait beaucoup de mal, j’ai bien senti que je n’étais plus rien pour toi. Tu me prends pour une console de jeu ou quoi !? Le lecteur de DVD est d’accord avec moi, tu nous négliges. D’ailleurs, il a décidé de faire la grève. Tu pourrais quand même l’utiliser de temps en temps, c’est un bon enregistreur, tu sais bien. Mais non, Mossieur préfère le disque dur de sa Free-box. Heureusement pour lui, tu en as encore un peu besoin du lecteur. Madame n’accepte de lire que les Blu-Ray. Le DVD, c’est tellement dépassé… Ah, je la déteste celle-là, elle ne m’adresse jamais la parole ! Quelle pimbêche ! On n’est pas du même monde, c’est ça ? Que dis-je, je ne suis plus du même monde que VOUS. Alors qu’est ce que tu attends pour me tuer ? Vas- y pauvre minable ! Tu hésites ? Tu ne veux plus de moi, mais tu n’oses pas me le dire, c’est ça ? Un égoïste, un minable et pour couronner le tout, un lâche. Ah, mais je ne vais pas me laisser faire, tu vas voir, je vais lui arranger le portrait, tu la reconnaîtras plus ta Free-Box ».
Non, elle n’a rien dit et a préféré garder pour elle sa rancœur.
Sa nouvelle chute, la semaine dernière, lui aura été fatale. Je me sens coupable de ne rien avoir fait pour arranger l’équilibre instable de la table roulante. Ce n’est tout de même pas ma faute si les roues se sont prises dans les fils de la Free-Box.
Elle n’est pas complètement morte, mais bien amochée quand même : une bande noire sur la gauche et le texte s’affiche de droite à gauche. Un certain nombre de fonctionnalités de la Free-Box ne marchent plus. Pour une raison qui m’échappe, le lecteur de DVD refuse de s’ouvrir ».
Je ne vais pas m’en débarrasser tout de suite. On a quand même fait un bon bout de chemin tous les deux, on ne peut pas se séparer comme ça. Aujourd’hui, je suis passé à la FNAC, ils ont des télés avec lecteur de DVD intégré.
Edouard

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En marge

Mes aimables lecteurs connaissent mon affection pour l’ami Jim.
Dans cette autobiographie foisonnante, il raconte son amour de la vie, et surtout de la littérature. Depuis sa plus tendre enfance, il dévore les livres et fait montre d’une culture littéraire inégalée. Marié fort jeune, il vit depuis 40 ans avec Linda, avec qui il a eu deux filles. Cyclothymique, il éprouve le besoin de s’isoler périodiquement dans une nature aussi sauvage que possible. Il a failli se brûler les ailes à Hollywood, où il a produit pendant quelques années des scénarios. Actuellement âgé de 75 ans, il peut se permettre de vivre de sa plume, à son rythme.
Ce livre est un hymne à la lecture, à la joie de vivre, à l’amitié.
Pour ceux qui connaissent ses livres, ils découvriront un écorché vif, loin des clichés de macho qu’il s’amuse à jeter comme de la poudre aux yeux.

Amitiés hédonistes,

Guy.

Jim Harrison – 10/18 – 466 p.

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