Les tribulations de Tintin au Congo

87 années d’aventures pour « les aventures de Tintin au Congo ».
J’ai feuilleté Tintin au Congo bien avant de savoir lire. Ce qui comptait, c’était les girafes, les lions, crocodiles, hippopotames, éléphants et rhinocéros. J’étais alors bien loin de m’imaginer que ces pages faisaient l’objet de houleuses polémiques depuis des décennies.
La première version sort en 1931. Le colonialisme européen connaît son apogée et Hergé est alors sous la coupe du très traditionnel abbé Wallez. Après « le pays des soviets », ce dernier envoie le reporter au Congo belge alors que son créateur rêvait d’aventures nord-américaines. L’idée de l’abbé était de démontrer la supériorité occidentale après avoir dénoncé les affres de l’URSS. Il en résultera un témoignage éclatant du racisme ordinaire des années 30. Les colons sont très peu présents de ces aventures et leurs exactions passées sous silence. Les noirs y sont décrits comme des enfants avec un racisme bienveillant. Tintin n’a pas de comportement choquant et semble même nouer une certaine complicité avec son boy. Ce qui est plus choquant en revanche et qui pourrait être vu comme un symbole du pillage occidental, c’est le massacre des animaux perpétré par un Tintin qui ne regrette pas des actes qui semblent lui paraître naturels.
La deuxième version sortira en 1941. Pour faire face aux difficultés d’approvisionnement en papier, Hergé est contrait de l’imiter à 62 pages le volume, ce qui aura un effet décisif sur la forme du récit.
La dernière version, celle qui marquera la forme définitive de l’ouvrage, date de 46. La couleur apparaît et le graphisme s’est très nettement amélioré en partie grâce à la coopération d’Hergé avec Edgar P. Jacobs, le père de Black et Mortimer.
Sur le fond, le récit restera le même. Avec l’indépendance du Congo en 1960, Casterman le retire de la vente jusqu’à la fin de la décennie. En 1961, le WWF est créé. Greenpeace le sera en 1971. En 1975, l’Allemagne, le Danemark et la Suède s’indignent du massacre perpétré par Tintin. Hergé ne cédera pas sur la totalité, ce qui aurait obligé à revoir l’album en profondeur, mais accepte d’épargner le rhinocéros, dynamité dans la version francophone.
Le procès en racisme n’est toujours pas éteint et l’ouvrage fait l’objet de traitement international divers. Parfois interdit, il est souvent retiré du rayon « enfant » par des libraires qui préfèrent le réserver à la section « adulte ».
« Tintin au Congo » est cependant aujourd’hui très lu en Afrique. Le Congo deviendra un grand producteur de bandes dessinées et au début des années 80, Hergé rencontrera Mongo Sisé, l’un de ces plus célèbres représentants.
Cet ouvrage empêche les occidentaux d’oublier leurs racines et leur permet de mesurer le chemin qui reste à parcourir.
Édouard
Philippe Goddin
Casterman
2018

Un con en hiver

La duchesse du Belgambourg part, avec Canardo, à la recherche de son père pris en otage par un groupuscule djihadiste dans les Ardennes françaises.
Le titre m’a laissé perplexe. Était-ce un clin d’œil à « un cœur en hiver », superbe film de Claude Sautet avec Daniel Auteil et Emmanuelle Béart ? Non, clairement pas. Était-ce alors une référence à « un singe en hiver », immortalisé à l’écran par Gabin et Belmondo ? Je n’ai jamais réussi à terminer le livre d’Antoine Blondin, jamais accroché avec le film d’Henri Verneuil et je suis donc allé me renseigner sur Wikipédia. Là encore, pas de correspondance claire avec le dernier opus de Sokal. Ne voyant donc pas de référence, je me suis résigné à accepter ce qui est probablement la triste vérité : il n’y a aucune référence littéraire ou cinématographique dans le titre. Il ne faut donc pas chercher trop loin. Le père de la duchesse est bien en « hiver » à plus d’un titre, mais pourquoi « con » ? Cela reste un mystère.
« Un con en hiver » s’inscrit dans la suite des deux précédents albums et, une fois de plus, donne une part prépondérante au Belgambourg. On a même droit à une carte qui nous apprend que ce petit duché, sorte de Monaco version plat pays, est situé au nord du Luxembourg.
On sent bien que la série prend un nouveau tournant et qu’on n’est plus dans des petits albums délivrant des messages poético- anarcho- philosophico- écologistes comme dans « l’Amerzone ». Les choses bougent au Belgambourg. Certains personnages récurrents disparaissent, d’autres prennent du poids. Le scénario, tout comme le titre, ne semble plus délivrer de message précis, mais l’action y est peut-être plus présente et fatalement, on va attendre la suite pour savoir comment évolue la situation politique au Belgambourg.
Je vais pas faire mon vieux con et dire que Canardo, c’était mieux avant, mais force est de constater que ce n’est plus pareil. Cette nouvelle orientation est elle une expression d’Hugo, le fils du père de Canardo (et donc son demi-frère), le fruit d’exigences de Casterman soucieux de mieux fidéliser le lectorat ou est-ce la volonté de Benoît Sokal de passer à autre chose ? Je ne sais pas, elle me déroute un petit peu.
Peut-être aussi qu’elle vise un nouveau public, plus réceptif à des références qui m’échappent. Quand la Duchesse et Canardo sortent de Belgique, ils passent devant un panneau « France » rutilant et quand ils le dépassent, on voit qu’il y a de l’autre côté un panneau « Belgique » crasseux et à l’abandon. Cela veut-il dire qu’il y a chez les Belges une fascination pour la France, pays par lequel ils se sentent dédaignés ? Il y a une autre référence qui m’intrigue. L’album se passe en grande partie dans les Ardennes françaises et l’un des protagonistes dit que la police parisienne se désintéresse totalement de cette portion du territoire qu’elle considère comme une zone de non-droit. Je ne sais pas si c’est vrai, mais j’ai pas trop aimé cette remarque. Les autres aventures se déroulaient généralement dans des lieux indéterminés et délivraient des messages universels. Là, on a l’impression que la série vire vers un certain régionalisme et peut être un repli identitaire. J’espère bien que ce n’est qu’une impression.
Édouard
Pascal Regnault, Benoît et Hugo Sokal
Casterman
2018

Astérix et la transitalique

Afin de mettre en valeur la qualité de l’entretien des voies romaines, le sénateur Bifidus Lactus décide d’organiser une course de chars à travers la péninsule italienne rassemblant des concurrents venus des quatre coins de l’empire. Astérix et Obélix sont à la fête.

Une fois de plus, apparaissent sur la couverture en gros caractères, les noms de « R.Goscinny » (décédé en 1977) et « A.Uderzo » (retiré des aventures d’Astérix depuis « Astérix chez les Pictes). En dessous, en plus petit, les noms des réels auteurs « Jean-Yves Ferri » et « Didier Conrad ». Sur la page de garde, il est bien précisé que « Goscinny et Uderzo présentent une aventure d’Astérix ». Cela va donc beaucoup plus loin qu’une filiation. Les réels auteurs ne revendiquent pas un « à la manière de… » ou un « avec les personnages de… », mais prétendent incarner les démiurges originels.

Pari réussi. L’album « Astérix et la transitalique » n’est peut-être pas aussi bon que « le papyrus de César », mais incontestablement bien meilleur qu’ « Astérix chez les Pictes ». Les pages traditionnelles « quelques Gaulois » ainsi que la carte de France avec la loupe sur le petit village d’Armorique n’apparaissent plus. Les puristes s’en désoleront peut être, mais pas moi. Il faut je pense que l’Esprit des créateurs évolue quelque peu pour ne pas qu’Asterix perdre son âme. Le contexte national et international n’a plus rien à voir avec celui des années 60 et une ouverture s’impose. Très bien cette « Foire Itinérante de l’Artisanat Celte (FIAC) » (je n’avais même pas remarqué l’allusion à la première lecture) à Vannes. Il y a donc un quotidien de nos héros qui ne se cantonne pas au village, à la chasse aux sangliers dans la forêt et aux bagarres avec les Romains des camps retranchés. C’est rassurant.

L’intrigue n’est pas trop mal non plus, elle ne renvoie pas à l’actualité immédiate comme dans le Papyrus, mais explore une contrée dans laquelle il est vrai que les deux inséparables gaulois ne s’étaient jamais aventurés. De la péninsule italienne, ces derniers ne connaissant que Rome. Bien entendu, les anachronismes pleuvent et c’est toujours ce qui a fait le charme de la série. Ceci étant dit, c’est intéressant historiquement de voir que Rome n’était pas la péninsule italienne et que les habitants du Latium avaient des modes de vie semblables à ceux des Gaulois.

Les gags sont bien dosés avec les gros gags visuels qui ne sont pas trop nombreux, les jeux de mots bien appuyés avec explications pour que tout le monde puisse comprendre et les gags plus subtils que les plus jeunes auront du mal à comprendre comme ce personnage qui parle de « proposition qu’on ne pourra pas refuser » ou cet autre pour lequel « Capri, c’est fini ».

Pour terminer, merci aux petits clins d’œil pour les fans comme la présence discrète du chef du bateau pirate et de sa vigie Baba (qui avait fait l’objet d’une polémique lors de la sortie du « papyrus de César » et qui, comme il se doit, ne prononce toujours pas les « R »). ou celle d’un des Helvètes de mon album favori.  J’attends les prochaines aventures avec impatience.

Édouard

La mort aux yeux verts

La fille de l’inspecteur Garenni traque l’assassin de son père avec l’aide de Canardo.

Je n’avais pas fait de critique de « mort sur le lac », la première partie de ce diptyque, ne lui ayant rien trouvé de novateur dans l’univers de Benoît Sokal. Pour tout dire, je n’ai pas non plus retrouvé dans le scénario de la seconde partie cette puissance anarchodépressive qui se mariait si bien avec le caractère du célèbre palmipède au trench-coat usé. Était-ce ma sensibilité ou le dessinateur qui s’érodait ?

J’ai adoré « le vieux canard et la mer » en 2014. J’avais particulièrement apprécié ce nouveau souffle et adoré le conflit intergénérationnel qui servait de fil conducteur à l’intrigue. Ce que je n’avais pas vu, c’est l’intrusion d’un nouveau personnage dans la série: Hugo Sokal, le fils de Benoît, auteur du scénario. Sur internet, on trouve quelques infos sur Hugo qui gravite lui aussi dans l’univers de la BD. Sans doute était-ce à lui que Benoît pensait dans l’ « affaire belge », histoire d’un ado peu doué rêvant d’égaler son père, un dessinateur has been.

À côté de Sokal le jeune se trouvait le nom d’un troisième personnage : Pascal Regnault, dessinateur français et collaborateur de longue date de Sokal l’ancien auquel je n’avais jamais fait attention puisque son nom n’apparaît jamais sur la couverture des albums.

Depuis « mort sur le lac », les albums de Canardo sont réalisés à 6 mains et la répartition des rôles est clairement précisée au quatrième de couverture : Pascal Regnault au dessin, Benoît et Hugo Sokal au scénario, Hugo Sokal à la couleur. Bref, si l’évolution de l’univers de Canardo n’apparaissait plus clairement dans les histoires, c’est peut être parce que les créateurs se réorganisaient tout en s’efforçant dans préserver l’authenticité.

Pour terminer, je veux dédier ce paragraphe à Hugo Sokal qui semble prendre une place de plus en plus importante dans la série :

– les titres du duo « mort sur le lac/la mort aux yeux verts » ne m’ont pas semblés terribles avec la double utilisation du mot « mort ». Des titres plus tranchés du style « sept boules de cristal/temple du soleil » ont plus de gueule ;

– les deux parties ne se distinguent pas clairement. La première se termine sur le visage de Garenni bien vivant, la seconde partie débute avec son enterrement…y manque comme une transition ;

– pas grand-chose d’autre sinon que tu peux encore mettre plus de grandes vignettes et limiter le texte parfois trop long.

– la double page avec le bar de Fred n’apparaît plus depuis quelques albums, est-ce que tu peux la remettre ?

Bref, je te souhaite de réussir à donner une seconde vie à la flamme paternelle sans en perdre le charme et d’écouter ton aîné tout en réussissant à t’imposer . Tu étais sur la bonne voie avec « le vieux canard et la mer », ne t’égare pas.

Edouard

Une vie Chinoise

Les 60 dernières années de la Chine en BD.

Belle collaboration sino-française récompensée par de nombreux prix. Pourquoi la Chine des années 50, qui semblait à peine sortie du moyen-âge, est elle aujourd’hui en passe de devenir la première puissance mondiale ? Mao ? Oui, il en est beaucoup question, le grand timonier restera incontestablement le personnage clef de l’histoire de la Chine du 20e siècle. Certes, tout ce qu’il a fait n’était pas bien, semblent reconnaître les Chinois d’aujourd’hui : le collectivisme, la révolution culturelle…il y a eu des ratées, mais bon, l’erreur est humaine, et puis il était influencé par la « bande des quatre », en particulier par sa femme. Mais le but a été atteint, c’est l’essentiel. Comme disait Deng Xiaoping, « peu importe que le chat soit noir ou blanc du moment qu’il attrape les souris ». Mao restera donc pour tous les Chinois celui qui a cristallisé ce sentiment d’humiliation nationale et qui en a fait le moteur de sa politique, qui a fait naître un nouvel espoir : « la Chine qui n’était rien pour le monde de la première moitié du XXe siècle peut et va prendre sa revanche sur l’Histoire », nous répètent les auteurs.

En France, dans les années 80, la perception culturelle et économique de la Chine était faible. L’extrême orient, c’était surtout le Japon, ces dessins animés, ces cinéastes, ces écrivains. La Chine, on en parlait surtout sous un angle politique, c’était l’après-Mao ou alors, c’était de l’histoire ancienne : les empereurs, les porcelaines, la muraille, les soldats en terre cuite…. Ce qu’il y avait de plus actuel dans la culture chinoise, c’était encore les restaurants chinois.
Pour beaucoup, ce fut le chinois arrêtant seul les chars sur la place Tian’anmen en 89 qui symbolisa la Chine des années 80. Et après…la chute du communisme, la fin de la guerre froide. La Chine n’était pas tombée, le parti semblait toujours aussi fort et le pays toujours plus libéral. Comment était ce possible ?

J’avais tout de même été intrigué en voyant tous ces Chinois à Bamako en 2004 : quelque chose se passait. Et aujourd’hui, la Chine est là, du moins économiquement, c’est incontestable. Le dessinateur et le scénariste ne donnent pas d’explications claires à cette transformation, ils la constatent. Ce simple constat est sans doute plus époustouflant qu’une analyse détaillée des mécanismes de la transformation, et préserve sa part de mystère.

La culture chinoise vue par l’occident a-t-elle évoluée depuis les années 80 ? Li Kunwu semble en douter. Lorsqu’il se rend à Angoulême dans les années 2010, tout le monde pense qu’il est japonais. Économiquement, personne ne sera surpris que la Chine l’emporte sur les États-Unis. Culturellement, ça ne semble pas encore gagné. Ceci dit, Li Kunwu est un signe qui ne trompe pas : la révolution est en marche.
Une vie chinoise
Li Kunwu/P.Otié
Kana
2015

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Le papyrus de César

Pourquoi ne trouve-t-on aucune trace du village d’Astérix dans « la guerre des Gaules » ?

Excellente question à laquelle Ferri et Conrad répondent ici par l’évidence : l’affaire a été étouffée et les Romains ce sont efforcés d’écarter des mémoires de l’empereur, toutes références à cet épisode peu glorieux. Très bon cru. Autant, dans « Astérix chez les Pictes », seul l’univers graphique semblait fidèle à ce qu’avait pu être Astérix à ses débuts ; autant ici, la formule de la potion magique semble avoir été retrouvée. L’allusion à Wikileaks est claire, pour le plus grand bonheur des adultes. Le tout est désopilant à souhait avec, bien entendu, sangliers, bagarres et banquet final.

Tout semble donc rentré dans l’ordre dans le village gaulois et les nouveaux auteurs, pour peu qu’ils réussissent à suivre l’excellente voie prise dans leur dernier album, nous promettent un avenir radieux. On entend toutefois sur le Net quelques grognements : on soupçonne les auteurs de racisme.

Baba, je ne savais pas qu’il avait un nom, est la vigie noire du bateau pirate. Il fait partie intégrante des aventures d’Asterix depuis très longtemps, la destruction du bateau pirate étant un grand classique des aventures du petit gaulois.

Baba ne prononce pas les R quand il parle. Il est vrai que les histoires d’Africains qui parlent sans prononcer les R, qui ont eu un succès pendant un certain temps (souvenez vous des sketches de Michel Leeb), sans que personne ne pense à y voir une dimension raciste, ne font plus rire grand monde aujourd’hui. Que faire alors puisque Baba a toujours parlé comme ça ? Si Baba se mettait à prononcer les R, serait il toujours Baba ? On crierait à l’hérésie. Je suggère aux auteurs une solution simple : ne plus mettre de mots en R dans la bouche de Baba.

Toujours concernant la vigie, certains internautes ont été choqués (page 16, avant dernière vignette) que Baba se fasse une fois de plus accabler, contraint d’avouer qu’il ne sait pas lire. Je ne suis pour ma part aucunement surpris par le fait que des pirates en 50 av. J.-C. puissent ne pas savoir lire. Ce qui est plus surprenant, c’est que le capitaine du bateau pirate semble ignorer que Baba ne sait pas lire (il lui demande de lire un message). Depuis le temps qu’il le connaît… Bref, sans crier au racisme ni à l’humiliation de Baba, je dirais juste que cette vignette est mal fagotée et qu’il conviendrait de la retravailler.

Bref, l’univers graphique est bien là, l’esprit aussi. Maintenant, ce serait bien que les nouveaux auteurs, sans violer les dogmes originels, débarrassent les futurs albums des scories inhérentes à l’univers des débuts et qui ne sont plus vraiment utiles. Pour terminer, je pense que Ferri et Conrad seraient bien inspirés d’insérer un personnage principal de couleur dans une prochaine aventure du célèbre gaulois.

Ferri-Conrad
Ed Albert-René
2015
Edouard

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

La ballade du voleur au whisky

Attila Ambrus est sicule.
Les Sicules parlent un dialecte hongrois, et vivent en Transylvanie, territoire roumain situé à la frontière avec la Hongrie. Vous me direz que cela vous fait penser au Sceptre d’Ottokar, une aventure de Tintin dévorée par les gamins de mon acabit dans les années – euh – il y a fort longtemps. Et vous avez raison.

En 1988, il passe la frontière, bien décidé à faire fortune à Budapest, capitale de la Hongrie pour ceux qui l’ignoreraient. Il aime bien les bagnoles de luxe et le whisky. Les demoiselles aussi à l’occasion.
Mais tout cela coûte cher. Il se fait contrebandier, puis (mauvais) joueur de hockey sur glace.
Et pourquoi ne pas devenir braqueur de banques?
Nous sommes à la période qui suit la chute du mur de Berlin.
Le capitalisme pur et dur succède aux privations du communisme.
Chicago (celui d’Al Capone et de la prohibition, pas celui d’Obama) n’est pas loin.
Attila deviendra une sorte de héros national. On le surnommera ‘Le Robin des bois des pays de l’Est’.
Ses attaques à main armée ne font pas couler de sang, il va jusqu’à offrir des fleurs aux employées des banques, la police est mal équipée et impuissante. Il se fera quand même épingler, mais arrivera à s’évader de prison, avant d’être mis au trou pour 15 ans. Son meilleur ennemi, l’inspecteur Varju, passé dans le privé, lui amène du Johny Walker en prison. Aux dernières nouvelles (nous sommes en 2014), il a fait des études supérieures pendant son repos forcé.

L’histoire est, paraît-il, authentique.
L’auteur est américain, d’où, sans doute, le côté western du livre.
Le personnage est fascinant, bien entendu. Mais je préfère ne pas rencontrer ce genre d’individus dans le lieu peu peuplé où nous avons élu domicile. On ne sait jamais, un mauvais coup est vite arrivé.

Rubrique actualité.
Je ne sais pas pourquoi, le rodéo des dirigeants grecs pour extorquer de l’argent européen sous la menace me fait penser au scénario du livre.
Sert-on du whisky pendant les ‘négociations’?

Amitiés imbibées,

Guy
420 p. – Sonatine

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.