Azimut

Le blog a fêté ses huit ans en mai. Cela faisait huit ans que je bricolais dans mon profil d’administrateur en me demandant toujours à quoi pouvait bien servir telle ou telle fonctionnalité. Au début de l’année, j’ai enfin compris que mon blog était un blog WordPress remanié par Le Monde. Il faut dire à ma décharge que cette parenté n’est pas particulièrement valorisée sur l’interface administrateur, même si elle n’est pas niée. Qui va regarder ce qui est écrit en bas des pages ? Je me suis alors demandé si les difficultés rencontrées pour faire évoluer le blog étaient liées à un manque de compétences personnelles ou à une volonté du Monde de freiner les velléités trop aventureuses. J’ai donc fait l’acquisition de « WordPress pour les nuls » dont la dernière édition est sortie au printemps et j’ai trouvé la réponse qui est bien entendu « les deux ». L’apport principal du bouquin est de m’avoir bien fait comprendre la distinction entre « catégorie », « menu » et « widgets » sans quoi tu te heurtes toujours à des difficultés insurmontables.
Fort de mes nouvelles compétences, j’ai commencé à me demander ce que je pouvais faire pour améliorer « jet d’encre » et la première chose qui m’est apparue et que ce nom choisi il y à deux ans ne me convenait plus. Il y avait quelque chose de gênant dans ce nom, comme une agressivité industrielle dépourvue d’émotions. C’était peut-être le cas en 2012-2013 quand mon principal souci était de remplir le blog avec Guy et Martine, mais ce n’est plus le cas.
Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est proposer des clés d’analyse, de faire réfléchir, de créer du lien. Avec Google analytics, je sais mieux ce qui intéresse les visiteurs. Je ne trouvais pas le nom alors, j’ai cherché dans les synonymes d’« Antidote » et j’ai flashé sur « Azimut ».
Ce mot à la fois sympathique et savant d’origine arabe, indispensable à la navigation en haute mer correspondait parfaitement à l’objectif poursuivi dans mes critiques et chroniques, mais moins il est vrai aux textes de fiction et à Georges en particulier.
C’est la raison pour laquelle les aventures de Georges sont en train de migrer sur « Shortédition ». Il sera encore possible d’y accéder par la rubrique « du côté de chez Georges », mais tous les liens renverront sur « Shortédition ».
J’ai voulu moins axer le blogue sur l’écriture et la littérature et à ce titre, j’ai créé un menu qui n’existait pas pour les chroniques. J’ai supprimé la page « blog à part » car je ne pense plus que ce soit la peine d’insiste sur le fil conducteur de la création du blog. Il y a eu des hésitations, des fausses pistes, des retours en arrière, de nouveaux supports et outils. Tout ça n’est pas bien linéaire. Toutefois, les articles sont toujours là, accessibles par CHRONIQUES/Écriture. Ayant enfin compris ce qu’était un « thème », j’en ai choisi un qui avait un bandeau latéral pour y mettre les trois thématiques qui me tiennent le plus à cœur : l’Europe, le fanatisme et la religion.
Mais l’évolution majeure d’ « azimut » est la place donnée au Multimédia. Nous sommes dans une civilisation de l’image. C’est pourquoi j’ai recréé la rubrique « cinéma », abandonnée pendant quelque temps. C’est aussi la raison pour laquelle tout article est aujourd’hui associé à une image. Le rapport entre l’image et le texte n’est pas toujours évident, mais il y en a toujours un. À vous de le trouver.

Édouard

Le bonheur Analytics

Internet nous rend-il heureux ? Je ne veux pas parler ici du grand bonheur, des rencontres extraordinaires sur Meetic qui vont changer la vie des internautes, mais de ce que Philippe Delerm aurait qualifié de plaisir minuscule. Souvenez-vous, « la première gorgée de bière », 1997, il n’était pas question alors d’internet puisqu’internet n’avait pas encore été mis à la portée du grand public. Mais les « like » de posts sur Facebook, les demandes d’amitié même si je sais bien que sur le lot, il y aura toujours quelques putes, une poignée de fachos et trois vendeurs de dentifrice, ça fait plaisir.
Avec internet, nous sommes en interconnexion permanente les uns avec les autres. Avant, pour les athées, il n’y avait peut-être que dans les manifs qui permettaient cette communion. Aujourd’hui, pourquoi manifester puisqu’il y a Facebook et Twitter ?
Savoir que les posts de mon blog sont lus, c’est aussi du plaisir minuscule. Et le véhicule qui me permet de connaître l’activité de mon blog, c’est « Google analytics ». Donc « Google analytics » contribue à me faire plaisir.
Lors des précédents posts concernant la vie du blog, j’avais fait part de mon souhait de le voir devenir un petit îlot culturel sur lequel le visiteur pourrait passer du temps. Je voyais ça à l’époque comme une utopie, mais ce n’en est plus vraiment une.
Il y a le « taux de sortie » qui permet de savoir que des utilisateurs ont visité plusieurs pages, à ne pas confondre avec le « taux de rebonds » dont on dit que c’est mieux quand il est bas, mais ça me choque pas si un internaute tombe sur un de mes posts via Google et s’en va immédiatement après l’avoir lu. Je préfère que 100 utilisateurs lisent le post sans aller ailleurs plutôt qu’un seul utilisateur qui va surfer sur 100 articles sans y prêter attention (un sacré psychopathe, celui-là).
Pour le reste, ce n’est pas encore la « grande librairie », mais il y a comme un frémissement (statistiques depuis le 12 août 2017) :
– 24 visites dans les pages « Blog à part », « mes films » et « du côté de chez Georges » ;
– 18 visites dans les rubriques livres. Ça c’est une belle satisfaction, j’ai bien fait de me casser le cul pour rendre cette micro bibliothèque plus lisible ;
– 16 utilisations du moteur de recherche ;
– 15 recherches dans les archives, surtout pour les années 2017-2018 et aussi 2010 (probablement la trace des fans de la première heure) ;
– Bon, seulement 4 passages pour les rubriques « raconter l’humain, l’espace et le temps ». Ça, c’était mon grand dada, mais peut être que je ne suis finalement que le seul à comprendre.
Bref, comme disaient déjà nos ancêtres du paléolithique, « y a pas encore de flammes, mais ça fume un peu ».
Que la fête continue.
Edou@rd

Un roman pour quoi faire ?

Les fidèles de la première heure de ce blog se souviendront qu’il accompagnait à ses débuts la finalisation d’un premier roman. Ce dernier avait été envoyé à quelques éditeurs sans que cela aboutisse sur un contrat d’édition. Et puis, depuis novembre 2012, plus aucune référence au roman sur le blog. Il n’a pourtant pas disparu. Il est aujourd’hui bien au chaud au fond de mon disque dur. Il me gratte toujours un peu comme le scotch du capitaine Haddock, mais pas trop. Aujourd’hui, il semble y avoir mille et une façons de publier un roman à côté de l’édition traditionnelle alors, je me suis dit, pourquoi pas ?
Mais avant de le faire partir, je voulais tout de même y jeter un coup d’œil. En dépit des nombreux et judicieux conseils effectués à l’époque par mes relecteurs, il s’est avéré qu’il y avait encore beaucoup de nœuds, beaucoup de gras, beaucoup de fausses notes : des phrases mal écrites, des personnages qui ne servent à rien, des digressions inutiles… voire naïves. Il faut dire qu’à l’époque, j’avais le fantasme des 56 000 mots. Je pensais qu’un roman digne de ce nom devait faire 56 000 mots au moins. Alors, sans trop me forcer, j’étais fièrement arrivé à 57 000 mots.
Maintenant, je vois les choses autrement, un petit peu de gras, mais pas trop pour faire ressortir le muscle, la recherche d’une harmonie dans les scènes et chapitres, un objectif précis à atteindre. Pour ce dernier point, je me suis enfin résolu à faire ce à quoi je m’étais toujours refusé : un synopsis. C’est vrai que ça change tout, ça nous oblige à aller vers l’essentiel. Bref, pour lui dégager la nuque et les oreilles, j’ai retiré 18 000 mots. Shortédition considère qu’une nouvelle doit faire moins de 30 000 signes. Comme j’en ai 232 348, je considère que c’est toujours un roman.
Et maintenant, quoi faire avec ? Le publier en épisode sur mon Blog ? Bon, il y a tout de même des problèmes de droits. C’est pas que je donne beaucoup d’importance au fric, mais tout de même, je ne veux pas me le faire piquer. Sur Amazon…mouais, c’était un peu mon idée, mais maintenant que j’ai passé du temps à le toiletter, je suis plus trop motivé. Repartir à la chasse aux éditeurs ? Cela me semble la voie la mieux indiquée. Le point positif, c’est que comme l’intrigue se déroule en 1901, il y a peu de chance qu’il se démode. Il est déjà démodé.
Je n’ai plus le fantasme du papier, des plateaux télé, des interviews de star. Je n’aurai jamais une production romanesque industrielle. Peut être que je n’ai pas la compétence, mais en tout cas, j’ai pas envie. L’aspect financier sera toujours secondaire. Sauf miracle, je ne vivrai jamais de l’écriture. Ce qui me ferait kiffer par contre, serait de le voir adapté au ciné, à la télé, en BD, au théâtre… La BD, travailler avec un dessinateur, ça me ferait vraiment plaisir.
Bon, mais pour en arriver là, encore faudrait-il trouver le dessinateur, le réalisateur, le producteur…et donc, le faire connaître. Et pour le faire connaître, il faut le diffuser, le publier, l’éditer. Je me mords la queue là. Non ?
Chercher donc, se renseigner, trouver le bon moment, la bonne fenêtre de tir, ne pas se précipiter et trouver…ou pas.

Édouard

Lecture et cinéma

Cela aurait pu être aujourd’hui le nom du blog. En 2010, lors de sa création, j’avais des préoccupations volumétriques. La question n’était pas « quel sens je vais pouvoir lui donner ? », mais plutôt « qu’est ce que je vais bien pouvoir mettre dedans ? ». Les critiques de livres et de cinéma m’avaient alors semblées des posts entrant dans mes cordes. Aujourd’hui, l’écriture et la lecture ont largement pris le dessus.

Je me souviens avoir écouté enfant des « grandes personnes » qui débattaient des valeurs respectives de la lecture et du cinéma. Pour ma part, je n’ai jamais hiérarchisé ces deux modes d’expression artistiques. Il y a des chefs d’œuvre dans les deux camps et des livres qui ne méritaient pas d’être lus tout comme des films qui ne méritaient pas d’être vus.

Aujourd’hui, de nombreux films sont des adaptations de romans et l’on pourrait se demander si le cinéma n’est pas en fait un prolongement du livre. Je ne le pense pas, car tous les films ne sont pas extraits de romans et aussi parce que je pense que, d’une certaine manière, le cinéma influence aussi la littérature.

Je me souviens avoir eu un éclair il y a peut-être 20 ans, peut-être un peu moins, à l’occasion d’une exposition sur Georges Méliès. J’avais alors été frappé par le fait que son art avait été très peu influencé par la littérature et beaucoup plus par le cirque, le cabaret et la prestidigitation. Plus récemment, en lisant les mémoires de Raoul Walsh , j’ai compris combien le Wild West Show de Buffalo Bill avait pu compter dans la genèse du cinéma américain.

Tout ça pour introduire les évolutions de la rubrique cinéma sur le blog. J’ai enfin réussi à virer le fameux menu déroulant au physique si peu sexy dans lequel personne ne s’aventurait jamais. Les critiques de films ont été raccrochées aux catégories de livres lorsqu’elles en étaient l’adaptation directe et au nuage d’étiquettes pour les autres.

Le devenir des « critiques de cinéma » sur ce blog, est similaire à celui des histoires de « Georges » : un fort rayonnement puis une extinction pour laisser place à autre chose. Pourquoi ? Je ne sais pas, c’est le sens de l’Histoire, une sorte de e-darwinisme.

Ceci dit, je suis le genre de mec qui a du mal à couper complètement les ponts. J’ai hésité, j’étais disposé à faire disparaître toute référence à une rubrique cinéma quand je suis tombé sur les westerns. J’adore les westerns et ne plus savoir où sont les critiques, ne plus pouvoir les retrouver quand j’aurai oublié leur nom…vraiment, ce n’était pas possible. Donc, à l’instar de ce que j’avais fait pour « Georges », j’ai créé une page « mes films » avec les critiques de films que les habitués pourront retrouver dans le pavé de droite juste au-dessus de ma photo. Le classement est toujours inspiré de celui d’Allociné.

Je pense beaucoup au visiteur qui va passer ses journées sur mon blog. Google Analytics a achevé de me convaincre qu’il n’existait pas, mais plus les preuves de son inexistence s’accumulent, plus je pense à lui.

Edou@rd

La rentrée « jet d’encre »

Je ne sais pas pourquoi, je sens que j’ai été bien inspiré en rebaptisant mon blog l’année dernière. Tout le monde sait aujourd’hui qui était le général Lee historique et de moins en moins de personnes se souviennent de la voiture des frères Duke.

Comme expliqué dans un précédent post, la découverte de Google Analytics m’a non seulement permis de retrouver une visibilité sur les articles consultés, mais m’a aussi permis de faire la part des choses entre les simples clics et les vraies lectures.

Il m’a permis de voir aussi d’autres activités sur le Blog dont je ne soupçonnais pas l’existence. Ainsi, j’ai eu la surprise de voir que la rubrique « histoire d’un blog » était lue, ce qui m’a incité à la toiletter un peu.  Je continuerai bien entendu à l’entretenir . J’ai vu qu’il y avait beaucoup de nouveaux arrivants sur le blog et qu’il fallait que je fasse un effort pour le rendre lisible.

J’ai vu aussi avec émotion que des visiteurs avaient entré le mot « Georges » dans le moteur de recherche en haut à droite. C’est vrai que je l’ai beaucoup délaissé ces derniers temps, le pauvre. Ces aventures étaient noyées dans les différentes rubriques. Pour ceux qui voudraient retrouver ses aventures et ceux qui voudraient les découvrir. J’ai créé une page juste au-dessus de « blog à part » (ex « histoire d’un blog ») intitulé « du côté de chez Georges » qui permet d’y accéder plus facilement.

J’ai réalisé que la dichotomie entre « coin de l’auteur »et « coin du critique » était un peu compliquée et largement faussée par le fait qu’il y avait beaucoup de critiques de livres dans le « coin de l’auteur ». Il devient « Raconter l’humain, l’espace et le temps » : l’objectif poursuivi par les différentes sous-rubriques.

« Le coin du critique » est maintenant bien séparé entre « Livres » et « ciné critiques ».

Cela faisait longtemps que je souhaitais que « jet d’encre » soit aussi pour le visiteur une petite bibliothèque dans laquelle il pouvait trouver des idées de lecture. Le fait que les critiques de livres soient noyées tout au fond d’un menu déroulant n’aidait pas le visiteur à trouver son bonheur et même à savoir qu’il pouvait le trouver. L’arborescence des livres sur la colonne de droite est maintenant bien visible.

Les critiques de cinéma sont toujours accessibles par un menu déroulant. Dans la mesure où cette rubrique n’est quasiment plus nourrie, je la fais discrète en attendant de trouver un contributeur (une contributrice) qui voudra bien reprendre le bébé. Moi, ça me prend trop de temps de faire en plus le ciné. Avant, je ne sais pas où je trouvais le temps.

Certains aventuriers découvriront peut-être qu’en allant tout au fond des critiques de ciné, on retrouve aussi les livres. Pour être franc, je n’ai pas encore trouvé le moyen de les faire disparaître sans affecter l’arborescence des livres placée au-dessus. Je cherche…si quelqu’un sait comment je peux faire, je suis preneur.

Edou@rd

Une illusion Facebook

Sur Facebook, nombreuses sont les personnes qui publient leur production littéraire et artistique, espérant y trouver une forme de reconnaissance.

Moi-même, j’ai pensé, certainement comme beaucoup d’autres, qu’en augmentant le nombre d’ « amis FB », j’augmenterai le nombre de lecteurs de posts publiés sur mon blog et diffusés sur FB, d’autant plus que je ne suis en mesure de maintenir la cadence de production que j’avais il y a encore deux ans.  C’est comme ça qu’en acceptant très largement les demandes d’ « amitiés » que je me suis retrouvé avec 2054 amis FB. À noter tout de même que j’ai perdu 17 « amis » en un mois, soit un ou deux qui partent à chaque fois que je m’insurge contre les fachos et les islamistes.

Assez rapidement, je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas une corrélation exacte entre le nombre d’amis FB et le nombre de lecteurs pour chaque article publié sur FB. Tout de même, il y avait une correspondance qui n’était pas nulle, en témoignaient les « like », les réactions sur mon mur et un certain nombre d’échanges sympathiques avec des inconnus. Bref, avec le temps, j’ai eu tendance à imaginer FB comme le principal organe de diffusion de ma production blogueuse et que sans Marc Zuckerberg, je n’étais plus personne.

J’aurais pu en rester là longtemps, d’autant plus que mon profil administrateur sur « le monde » ne me donnait aucune indication sur l’origine des connexions. Toutefois, la semaine dernière, mon profil « administrateur » m’invitait sans équivoque à relier mon blog à Google Analytics. J’ai eu un peu de mal à trouver, mais j’ai fini par y arriver (aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de vivre sans compte GMAIL).

C’est en effet un très bel outil qui permet en particulier d’avoir une visibilité sur les articles consultés, sur l’origine informatique des connexions (connexions directes, réseaux sociaux, recherche google…), sur les supports informatiques utilisés par les visiteurs (ordinateur, tablette, téléphone portable) ainsi que sur l’origine géographique (pays, villes) des personnes connectées. Enfin, cette application permet d’avoir une visibilité en direct des connexions.

Il se trouve que j’ai eu 124 connexions hier depuis une dizaine de pays répartis sur plusieurs continents (ça ne m’arrive pas tous les jours) suite à la publication d’un article hier matin. 90 connexions étaient relatives à l’article publié. Sur ces 124 connexions, 2 seulement provenaient de FB dont une, je pense, correspondait au « like » de ma cousine Mathilde que j’embrasse à l’occasion. Rendons à Facebook ce qui appartient à Facebook.

Je précise que je n’ai pas d’action « Google » et que je n’ai rien contre Marc Zuckerberg ni contre Facebook où je continuerai à diffuser mes posts de blog.

Édouard

Patchword

L’écrivain est-il réellement le démiurge tout-puissant fantasmé par l’imaginaire collectif ?

À côté de l’auteur, il y a parfois un ou plusieurs nègres, un mentor, des relecteurs qui donnent des conseils plus ou moins avisés. Ensuite, il y a le dialogue avec l’éditeur qui entrave encore un peu plus la liberté de l’auteur. Enfin, il y a les lecteurs et les critiques qui s’approprient à leur façon l’ouvrage.

Bref, l’auteur démiurge prendra beaucoup de coups lorsqu’il sort de l’ombre et qu’un livre a par définition vocation à échapper à son auteur.

Le « patchword » va beaucoup plus loin. Vous ne trouverez pas le mot dans le dictionnaire puisqu’il a été adopté à l’unanimité par mon atelier d’écriture il y a quelques mois. Avec le « patchword », la multipaternité du roman est revendiquée d’emblée. Ce n’est pas un recueil de nouvelles, mais bien une intrigue unique avec des scènes rédigées par différents auteurs (une scène peut être elle aussi rédigée par plusieurs auteurs). La difficulté, vous l’aurez deviné, est de préserver la cohérence de l’ensemble tout en respectant le style et la spontanéité de chacun. Ce n’est pas forcément facile et c’est là tout l’intérêt de l’exercice. Merci aussi à l’informatique. Sans adresse collective gmail, sans « drive » et sans fichier Excel tenant à jour l’avancée du plan détaillé, l’entreprise n’aurait peut-être pas été possible.

Partis à 9, nous avons terminé à 6. Il faut aussi tenir compte d’un 7e élément indispensable : le modérateur (en l’occurrence, l’animatrice de l’atelier). Pas besoin d’être tous des Victor Hugo : tout le monde doit trouver sa place. Cependant, il est bon qu’un ou deux membres de l’atelier aient quelques connaissances techniques concernant la construction de l’intrigue.

Bref, l’objet final intitulé « meurtres cousus main » (le choix du titre n’a pas été une mince affaire et nous avons finalement opté pour le consensus mou) me semble pas trop mal, mais nous attendons avec impatience le retour des lecteurs. Nous ne sommes pas passés par un processus éditorial. Seulement une centaine d’exemplaires ont été tirés à compte d’auteur.

Si le concept vous intéresse, une lecture publique partielle de l’ouvrage sera effectuée

Le 13 juin à 19h00 à la librairie « la 25e heure », 8 place du général Beuret, Mo Vaugirard (ligne 12), Paris XVe

Édouard