
Quand je pense à eux, le générique d’ « amicalement vôtre » me vient à l’esprit. On y voyait les vies parallèles de Brett Sinclair (Roger Moore), l’aristocrate anglais et Danny Wilde (Tony Curtis), le bad boy américain, se dérouler depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte sur une musique que les plus de 50 ans ne peuvent oublier.
Finalement, les deux hommes ont beaucoup en commun. Nés peu après la guerre, ils ont grandi dans le monde de la guerre froide où leurs pays se partageaient le monde. Leur rencontre, lors du premier mandat de Trump est symptomatique de leur besoin de recréer un air de guerre froide, comme deux enfants qui se déguiseraient : l’un en Staline, l’autre en Reagan.
Pour Poutine, le premier coup de massue fût l’effondrement de l’URSS au début des années 90, puis un long effritement de la zone d’influence Russe en Europe de l’est avec l’absorption des anciens satellites soviétiques par l’Union Européenne dont le rayon d’attraction ne cessa de grandir pour arriver jusqu’en Ukraine.
Après l’euphorie des années 90, l’Amérique se réveilla et s’aperçut qu’elle était talonnée par un concurrent qui allait bientôt prendre sa place sur le podium des « super puissances » : la Chine. Le deuxième mandat de Trump est symptomatique d’un homme dans la tête duquel on a mis pendant des décennies que les Etats-Unis étaient les maîtres du monde et que leur pouvoir était sans limite. Le conflit actuel avec l’Iran montre qu’il y a bien des limites, des règles à respecter. Sans le vouloir, il a peut être donné un second souffle à une république islamique que personne n’aimait mais on est bien content de la voir clouer le bec à ce MAGA enragé.
Les deux hommes ont aussi grandi dans un monde dans lequel la religion perdait du terrain pour laisser sans protection des « valeurs » qu’ils pensaient immuables : peine de mort, racisme, soumission des femmes, homophobie, adoration de la force, mépris des faibles, haine du droit… A ce titre, ils se sont tous deux faits des héraults des valeurs « traditionnelles », pourfendant le wokisme.
Dans sa Chanson « Rouge », Michel Sardou (soit dit en passant, un homme que l’on peut difficilement accuser de wokisme) compare la couleur rouge à « la colère d’un homme, quand il voit s’en aller, tout se qu’il a construit, tout ce qu’il a aimé ». Trump et Poutine sont deux hommes qui appartenaient à un monde qui n’est plus et qui disparaîtra avec eux. Leur colère serait presque touchante si elle ne faisait pas autant de morts.
Edouard









