C’est le coeur qui lâche en dernier

Cette vieille dame (elle a mon âge) écrit des dystopies. Contrairement à l’utopie, la dystopie raconte des histoires terrifiantes,
et se veut une critique de notre société.
J’avais eu de la peine à arriver au bout de La servante écarlate, gros succès de librairie de longue date, avec un rebond récent
grâce à la série TV.
Prenant mon courage à deux mains, je me suis lancé dans la lecture du petit dernier de miss Atwood: C’est le coeur qui lâche en dernier.
Au bout de 80 pages, je jette l’éponge. KO technique. Notre société va-t-elle vraiment aussi mal? Les critiques parlent de chef d’oeuvre,
d’auteure géniale, grande dame de la SF, nobélisable (!), candidate au Prix Femina…
Petite question à mes amis lecteurs: sont-ce mes neurones qui lâchent? Le coeur va bien, merci.

Depuis ce coup de mou, j’ai entamé Petite Poucette de Michel Serres.
Un vieux monsieur autrement plus optimiste que la Canadienne précitée.

Amitiés revigorées,

Guy.

Margaret Atwood
10-18
2018

La servante écarlate

Déception.

Le livre qui ferait trembler l’Amérique de Trump, pas moins.

Les éditeurs n’en sont pas à une exagération près.

Dans une république du futur, la fécondité est confiée sous haute surveillance à des servantes devenues esclaves sexuelles présumées fertiles.

Les éditeurs:
« Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche,
nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal,
a été unanimement saluée par la critique. »

Votre serviteur:
C’est aussi long qu’emmerdant.
Moi peut-être pas compris.
Si cela ne tient qu’à ce livre, Donald Trump peut dormir tranquille.

Amitiés on passe à autre chose,

Guy

Seul sur Mars

La science-fiction n’est pas ma tasse de thé.
Je me suis quand même laissé tenter par cette histoire d’un homme non pas seul contre tous, mais seul tout court.
On pourrait sous-titrer le livre ‘Manuel du bricolage sur Mars’.

Lors d’une mission sur la planète Mars, une tempête de sable force l’équipage à s’envoler, sauf Mark, laissé pour mort.
Blessé, il se retrouve seul dans un environnement hostile et glacé.
Botaniste de formation, il a plus d’un tour dans son sac.
Il arrive à rétablir le contact avec la Terre. Ceci ne se passe pas comme avec nos téléphones portables.
Chaque message dure plusieurs minutes avant d’arriver à destination. Mars se trouve, selon les saisons, entre 8 et 22 minutes-lumière de la Terre. Peu de chose en comparaison des milliards d’années-lumière de l’univers.
Notre intrépide explorateur aura à affronter une série de contretemps, auxquels il remédiera avec une ténacité surprenante. Il arrivera même à produire des pommes de terre, n’étant pas botaniste pour rien.
Le lecteur halluciné est entraîné dans une série d’explications scientifiques qui tiennent la route.
Un suspense à l’américaine, avec une foison d’acronymes, fatigante par moments.
Pour sauver notre homme, même les Chinois vont s’y mettre.

il faut un minimum de connaissances en physique, chimie, astronomie, électricité, géométrie dans l’espace, botanique, physiologie pour tout capter.

Sauvera-t-il sa peau?

Amitiés interplanétaires,

Guy

Andy Weir

Bragelonne

472 p.

Les particules élémentaires

Michel et Bruno sont deux demi-frères, enfants de la libération sexuelle. Bruno passera son existence à rechercher le plaisir sexuel. Michel la consacrera à la recherche fondamentale en biologie dans une profonde solitude. Bruno sombrera dans la folie et les travaux de Michel, quelques années après sa mort, auront des conséquences décisives sur le destin de l’humanité.

Je me souviens que ce bouquin avait fait du bruit à sa sortie en 1998, mais je ne l’avais pas lu à l’époque. Je ne le regrette pas du tout. En premier lieu parce que j’étais trop jeune pour en comprendre toute la profondeur. En second lieu parce qu’il est plus facile aujourd’hui de comprendre pourquoi cet ouvrage a marqué l’année 98.

Quelques repères historiques : Au début des années 90, après la chute du mur de Berlin, la société occidentale commence à s’interroger sur son avenir. En 1992, Francis Fukuyama publie « la fin de l’histoire et le dernier homme ». En 1996 naît la brebis Dolly. Le premier mammifère cloné semble ouvrir des perspectives inouïes à l’humanité. 20 ans plus tard, celles-ci sont clairement revues à la baisse. En 1998 est créée la « World Transhumanist Association », première association transhumaniste internationale. Houellebecq n’utilise pas explicitement  le mot, mais les réflexions de l’auteur s’inscrivent avec évidence dans ce courant philosophique qui faisait alors ses premiers pas et qui n’a cessé de grandir depuis.

L’année 98 marquait pour les Français de l’époque  les 30 ans des événements de « mai 68 » et de la « libération sexuelle » qui y est attachée. Les réflexions de l’auteur sur le bilan plus que moyen de cette libération parlaient clairement à la génération active des quinquagénaires d’alors qui avait vécu ces événements et s’était rangée depuis, non sans en garder une certaine nostalgie.

Houellebecq philosophe beaucoup, un peu trop à mon goût, d’autant plus que je suis rarement d’accord avec ce qu’il dit. Il aurait dû à mon sens mettre ses théories dans la bouche d’un ou plusieurs personnages, ce qui aurait laissé plus de liberté au lecteur pour  adhérer ou rejeter ses théories . En revanche, c’est déjà un vrai écrivain au style fluide extrêmement agréable. Les aventures tragi-comiques de Bruno, en particulier au sein d’une communauté New-Age,  valent leur pesant de cacahuètes.

Peu de choses relient les deux frères à part peut-être leur difficulté à « aimer », à éprouver de la tendresse pour leurs semblables. Difficile de dire qui est le plus égoïste des deux mais compte tenu de leurs obsessions respectives, l’égoïsme de Bruno est le plus ravageur. Toutefois, leur égoïsme semble être pardonné par l’auteur qui les voit comme les jouets d’une société de consommation qui laisse très peu de place à leur libre arbitre.

En 1998, Houellebecq dénonçait une société occidentale narcissique au bord du chaos. Trois ans plus tard, les attentats du World Trade Center l’obligeront à ouvrir les yeux sur le reste du monde.

Edouard
Michel Houellebecq

Flammarion 1998.

L’âge des miracles

Un livre pour bluettes prépubères américaines.
La terre tourne plus lentement. À la bonne heure ! Voilà un sujet de science-fiction qui peut être intéressant avec une once d’imagination. Las ! L’auteur nous livre les angoisses mièvres d’une mère hystérique et alcoolique et d’une gamine amoureuse. S’il fallait sortir le kleenex, pour moi, c’est râpé ! J’ai préféré fermer le livre au bout de 100 pages d’ennui, non sans avoir été voir la fin. Bouf ! Une navette qui s’appelle Explorer. J’ai déjà entendu ça quelque part…
Du déjà vu même pas intéressant.
La Martine qui a dormi 2 h de moins… Grrrr !
THOMPSON WALDER Karen
VDB 2012, 441 p.

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Tibet or not Tibet

Qu’est-ce que j’ingurgite comme navets, sous prétexte qu’il fait chaud et qu’il faut rester à l’ombre l’après-midi, que c’est l’été, qu’il faut se détendre, que…
Juste un résumé sur 5 ou 6 pour vous faire apprécier mon désarroi.
Vous avez le droit de rire si vous arrivez à suivre le résumé. J’ai sauté beaucoup de pages…

Troublante histoire sombre d’OGM modifiés pour exterminer de la planète le péril jaune et celui, non moins périlleux, des musulmans. Le rêve américain de gens d’extrême droite. Sont impliqués : le vice-président américain et son homologue anglais (ou quelque chose comme ça.), des espions repêchés par-ci, par-là, plus ou moins issus de la CIA et du Foreign Office plus quelques scientifiques sur le point de découvrir la vérité et qui se font descendre, plus 3 nénettes plus ou moins scientifiques ou matheuses, mais écolos qui racolent un prof de conf. que deux d’entre elles ont connu dans une vie antérieure bouddhiste, ce qui facilite les choses pour se le taper. Vous rajoutez des relations bien placées (du côté des bons, rien moins que le prince Charles et sa reine mère), un espion qui passe du camp des méchants à celui des bons et un lama qui laisse un message dans une grotte de Dordogne alors qu’il est mort depuis 1200 ans.

Vous obtenez quelque chose d’assez indigeste et très difficile à suivre, surtout la partie Tibet et ses rites messianiques.

Attention, je dévoile la fin de ce suspense insoutenable : Jésus le Sauveur du Monde n’est autre que le prof de conf.

Je n’ai pas trouvé la traduction de conf. Sûrement pas « conférence », beaucoup trop sérieuse.

La Martine déconfite.

DORDJÉ Péma
Phébus, 2006, (2004), 344 p.

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Le livre de Dave

Londres est détruit par un énorme déluge. Cinq siècles plus tard, une nouvelle civilisation tente de survivre dans une Angleterre exsangue. Sa spiritualité repose sur les délires de Dave Rudman, un chauffeur de taxi d’avant le déluge, qui a la bonne idée de sauver ses théories en les enterrant dans le jardin de son ex-épouse. Raciste, misogyne, misanthrope, il rêve d’une société basée sur la séparation totale entre hommes et femmes, avec l’exploitation des plus faibles, l’application de la torture et de la peine de mort, et autres joyeusetés.
Cette fable repose sur une idée séduisante: peut-on baser une civilisation sur les élucubrations d’un vrai ou d’un faux prophète? La critique de l’Inquisition de sinistres mémoires (il y a 500 ans…) côtoie celle des intégrismes de tout poil, ceux d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Certaines fulgurances n’empêchent pas de nombreuses longueurs.
Je n’ai aucun préjugé contre les chauffeurs de taxi, mais sait-on jamais ?

Amitiés averties,

Guy.

Will Self -Points- 625 p.

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