La Vérité sur l’Affaire Harry Québert

Un Suisse romand qui raconte une histoire dans la pure tradition du roman américain, il faut le lire pour le croire.
Au passage, ce jeune homme a raflé le Grand Prix du roman de l’Académie française.
On pourrait y ajouter le titre de Roman sans Frontières.

Le lecteur ne s’ennuie à aucun moment dans ce labyrinthe truffé de fausses pistes et de coups de théâtre.

Harry Québert, auteur comblé, prend sous son aile le jeune Marcus et lui montre le chemin du succès.
Malheureusement pour lui, il est mêlé à une histoire criminelle sordide.
Marcus fera tout pour disculper son maître, et cela ne passera pas sans dégâts.

Croyez-moi, l’auteur, né en 1985, fera encore parler de lui.

Amitiés passionnées,

Guy.

Joël Dicker – De Fallois Poche

Teilhard de Chardin

Le jésuite Pierre Teilhard de Chardin fut l’un des plus grands paléontologues de la première moitié du XXe siècle. Né en 1881, fervent catholique  dans une Europe que venaient de heurter les théories darwiniennes, il s’efforcera toute sa vie de démontrer que la théorie de l’évolution n’était pas incompatible avec la pensée chrétienne.

Cela faisait déjà bien longtemps qu’on ne brûlait plus les hérétiques et l’Église, après s’être opposée frontalement aux théories évolutionnistes, adopta peu à peu un discours plus nuancé tout en croisant les doigts pour que les fidèles ne se posent pas trop de questions. Rome le sentait bien cependant, la lecture au pied de la lettre de la genèse avait du plomb dans l’aile. Cela tenait encore…pour combien de temps ? En tout cas, il semblait évident qu’il était dangereux que l’édifice s’écroule et  il fallait faire taire ceux dont les propos pouvaient précipiter sa chute.

Teilhard parlait trop. On eut beau l’empêcher de publier, l’exiler, le réprimander, ses paroles se diffusèrent largement en particulier du fait de ses nombreux appuis dans la communauté scientifique déjà très laïcisée de l’époque. Tenté à plusieurs reprises de quitter son ordre, il ne s’y résoudra cependant jamais, persuadé que ses théories ne s’opposaient pas à la religion. Évidemment, pour faire le lien entre le brontosaure et la multiplication des pains, il fallait un peu aménager les dogmes. Ca théorie était en fait un embryon de ce qu’on nomme aujourd’hui « intelligent design » : certes, Dieu n’a pas créé l’homme et la femme d’un claquement de doigts, ceux-ci sont bien le fruit d’une lente évolution, mais c’est bien Dieu qui est le moteur de cette évolution. Imparable…en tout cas pour le moment.

Ses démêlées avec sa hiérarchie le feront prendre un tournant et lui trouver sa vocation. En 1932, il dira «  L’unique but de ma vie, à partir d’aujourd’hui, sera, plus uniquement encore, de travailler à briser le cercle où, par une ironie amère, les « enfants de lumière » ont enfermé l’esprit ». Ce combat, il le poursuivra jusqu’à la fin de sa vie, en 1955. Sept ans plus tard, s’ouvrira le concile Vatican 2 où l’Église catholique fera un effort sans précédent d’ouverture au monde et à la modernité.

Cependant, Vatican 2 ne réglera pas la question de l’évolutionnisme et les papes successifs resteront prudents. L’ « intelligent design » fera son chemin, mais il faudra attendre 2014 pour que François, un autre jésuite arrivé à  la tête du Vatican, s’exprime explicitement : « l’évolution dans la nature n’est pas incompatible avec la notion de création, parce que l’évolution requiert la création de choses qui évoluent. »

Édouard

Teilhard de Chardin

Edith de la Héronnière

2003

Cent ans de solitude

(Petite) déception pour ce chef-d’oeuvre de la littérature sud-américaine.
J’ai eu des difficultés à entrer dans ce chaudron foisonnant.
La famille Buendia, habitant à Macondo, en Amérique du Sud, est condamnée à cent ans de solitude par le gitan Melquiades. Cinq générations vont se succéder, au milieu des révolutions, guerres civiles, destructions et catastrophes naturelles.
Cela vole dans tous les sens, et le lecteur rationnel que je suis a de la peine à s’accrocher à son fauteuil, et à se retrouver au milieu de tous ces personnages baroques.
Un grand ami sud-américain m’a confié qu’il avait lu ce livre en 48 heures, sans dormir.
Il m’a fallu 2 semaines, avec des nuits agitées.

Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel  de littérature en 1982, est resté fidèle à Fidel Castro le Cubain, décédé récemment, jusqu’à son dernier souffle. Roman utopique? Pavé dans la mare antiaméricaine?

Amitiés crypto révolutionnaires,

Guy.

Gabriel Garcia Marquez – Points 461 p.

La fin de l’ère primaire

Mis en examen le 15 mars, il maintient sa candidature et tient à nous le faire savoir après nous avoir dit qu’il se retirerait en cas de mise en examen. Il apparaît donc comme un homme incapable de respecter une parole donnée, ce qui achève de le décrédibiliser. La question qu’il faut se poser est « avait-il le choix de faire autrement ? » ou plutôt, « avaient-ils le choix ? »

Il sera mis en examen huit jours avant la clôture des candidatures. En cas de désistement aujourd’hui, les républicains n’auraient plus eu que trois semaines pour trouver un nouveau candidat. Je me demande si, administrativement, cela serait possible. En tout cas, faute de remplaçant, il est condamné à se maintenir.

Une partie de ses électeurs iront vers Macron, le FN ou rejoindront le camp des abstentionnistes. Demeurera la vieille garde, ceux qui sont décidés à le défendre coûte que coûte, ceux qui voudront croire à la théorie du complot dont leur poulain, évidemment innocent, serait victime.

Comme le chevalier noir de sacré Graal des Monty Python, il continuera à se battre jusqu’au bout sans jambes et sans bras, parce qu’il n’a pas le choix.

Absent du second tour, il ne donnera peut-être pas de consigne pour le report des voix : on l’imagine mal demander à ses électeurs de se reporter sur Marine Le Pen. Ou alors, à l’issue d’une émouvante intervention télévisée, il nous expliquera qu’il faut tout faire pour faire barrage au Front national. Aura-t-il encore un auditoire ? Sa voix portera-t-elle assez dans le brouhaha général ? Intéressera-t-elle encore un électorat sachant très bien ce qu’il a à faire ? Rien n’est moins évident.

La victoire de François Hollande en 2012 était largement liée au désamour des Français pour Nicolas Sarkozy et aussi, au succès des primaires à gauche qui donnèrent au candidat une légitimité sans précédent. Cinq ans plus tard, les primaires à droite comme à gauche se sont révélées être des pièges décrédibilisant le système de bipolarité politique sur lequel reposait toute la vie politique française. Quel crédit accorder à une primaire si le candidat élu est noyé dans des affaires judiciaires peu après son élection ? Quel crédit accorder à une primaire de la gauche dont sont absents le centre gauche et l’extrême gauche ?

Finalement, les primaires auront été comparables à cette météorite qui fit disparaître les dinosaures et qui permettra indirectement aux mammifères de se développer et à l’être humain de voir le jour.

C’est peut-être enfin l’opportunité de reconstruire une vie politique déjà à bout de souffle depuis des décennies. En marche !

Edouard.