Prends soin de maman

Voici un livre que j’ai pris au hasard, sans conviction, sans a priori, non plus… (pour une fois…) et… coup de foudre !

Gare de Séoul, le mari prend le métro pensant que son épouse le suivait, comme d’habitude. Et non ! Il fait demi-tour à la station suivante, mais plus de Sonyo. Il prévient ses enfants et la famille se réunit. Personne n’était disponible ce jour-là pour aller chercher les parents à la gare et ils se renvoient la balle de la culpabilité. Ils la cherchent aussi, bien sûr.

À tour de rôle, enfants et mari racontent des souvenirs enfouis de leur rapport avec cette mère si attentive à leur bien-être.

« La mémoire engendre toujours le remords. » P. 14

Au fil des récits, nous découvrons cette femme pauvre, illettrée et très mère poule juive. Elle a tout sacrifié à ses enfants et n’a vécu que pour eux. (J’ai bien aimé le récit fait par Sonyo qui remet certaines choses à leur place.)

Les enfants et le mari trouvaient tout ça normal, dû, et n’y prêtaient pas attention. Pourtant les enfants étaient à l’écoute de leur mère, la respectaient, lui faisaient des cadeaux, etc. Des enfants tout à fait normaux, à mon avis, mais pour eux, cette disparition est un gouffre, un vide angoissant.

« Un hommage bouleversant à l’amour maternel, unique, universel et absolu. »

Un très beau roman d’amour, très bien écrit, où vous reconnaîtrez votre mère et la regarderez d’un autre oeil pendant quelque temps et vous serez repris par votre existence. Ainsi va la vie !

La Martine émue et zen

KYUNG-SOOK Shin R Juin.-12
Oh ! Éditions, 2010 (2008), 266 p.
Traduit du coréen par Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot

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Portrait de classe

« Pour un garçon d’origine très modeste qui se retrouve dans un pensionnat ultrachic de la Nouvelle- Angleterre, comment s’en sortir ? Mentir sur son passé. »

Et se créer un personnage, superficiel, égoïste qui vole au-dessus de tout.

Comme beaucoup de ses camarades, le héros rêve de devenir écrivain.

Tous les trimestres, l’école invite un écrivain célèbre et les élèves doivent présenter un texte pour concourir à l’honneur de passer un petit moment avec l’invité qui l’aura sélectionné sur son texte parmi tous les autres.

Quand le tour d’Hemingway arrive, le narrateur veut la place, mais n’arrive pas à écrire. Il trouve une histoire, écrite 5 ans plus tôt, par une fille d’un autre collège ; il se reconnaît et se contente de changer les noms. Il est l’élu, mais ne profite pas longtemps de sa gloire. Le directeur reconnaît le plagiat et il est renvoyé sur-le-champ chez son père. Il s’arrête à New York et fait des petits boulots puis s’engage dans l’armée. Nous le retrouvons quelques années plus tard, écrivain et invité par son ancien collège. Lâche, il n’ira pas. S’ensuit l’histoire de deux des profs. Je n’ai pas compris pourquoi.

Tout est en non-dit. Comment devient-il écrivain ? Mystère !

Tout est en mensonge, mépris pour les autres et quand le narrateur s’en rend compte, il pense ce qu’il devrait faire, dire, mais ne le dis pas.

C’est ce que l’on appelle « Un lumineux chef-d’oeuvre contemporain. Aucun lecteur sérieux ne doit l’ignorer. – Le Tchekhov américain. – Un conte magnifiquement ouvragé. Ce livre magnifique, dans lequel chaque mot est choisi méticuleusement. »

Oui, il est bien écrit, mais m’a laissé sur ma faim.

La Martine hermétique aux chefs-d’oeuvre ennuyeux.

WOLFF Tobias R Juin.-12
Plon, 2005 (2003), 203 p.

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