Snowpiercer

2031 : l’humanité, ou plutôt ce qu’il en reste, est embarquée depuis 17 ans dans un train fou condamné à tourner autour du globe à une vitesse vertigineuse pour ne pas être saisi par le froid intense qui règne sur la planète.

Scénario innovent ? Mouais, on peut aussi voir ça comme une version modernisée du déluge : récit que l’on retrouve déjà 2000 ans av JC dans l’épopée de Gilgamesh. Les inquiétudes de l’humanité et la peur de l’extinction ne datent pas d’hier.

Ici, point d’animaux ou alors, seulement des animaux décoratifs, c’est bien « l’humanité » qui est menacée et non le vivant dans son ensemble. La « fin du Monde », c’est « la fin de l’humain ».

Le Utnaphistim/Noé est ici un industriel fêlé et génial, inventeur du train/arche : un monstre paternaliste. Le cataclysme n’est pas le fruit de la colère des dieux/de Dieu, mais est le résultat de tentatives hasardeuses des hommes pour contrer le réchauffement climatique.

Le scénario fait ensuite un grand bond dans le temps pour ce stabiliser dans les années 73-71 av JC, celles de Spartacus. Le train est une mini société avec les dominants dans les wagons de tête et les opprimés dans les derniers wagons (on pense beaucoup à « Metropolis » et « Soleil vert ») : la colère gronde et la mutinerie menace. Belles scènes de révoltes, mais un peu trop violentes parfois je trouve. Certes, c’est sans doute très courageux de se laisser broyer le bras dans un engrenage pour l’arrêter, mais cela aurait été aussi efficace et moins douloureux d’y glisser un objet non organique.

Les champions du calcul mental auront fait la soustraction en lisant la première phrase de cette critique : 2031-17=2014. Ouf, le grand coup de froid et le train ne seront probablement pas pour l’année prochaine.

Le train, non, mais l’humanité embarquée dans une course folle… Pourra-t-on toujours produire plus et consommer plus dans un Monde toujours plus peuplé, un Monde qui rétrécit et dont les ressources s’épuisent ? Pourra-t-on toujours travailler plus pour gagner plus ? Non, peut être pas, les économistes commencent à avoir des doutes. Arrêter le train ? Pour faire quoi ? Et d’ailleurs, comment l’arrêter ? Alors, pour nous rassurer, il ne nous reste plus que le « jusqu’ici, tout va bien ». Je ne veux pas être trop alarmiste, peut être trouvera-t-on les moyens pour que le train continue éternellement à avancer, mais il est possible qu’il déraille aussi : c’est la grande question du XXIe siècle. Une affaire à suivre.

Edouard

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