Pour un monde populaire

Je n’ai pas été surpris par l’élection de Donald Trump. Hier après-midi, je suis resté coincé une heure dans l’ascenseur de mon immeuble : j’ai bien compris que c’était un mauvais présage.

Vision fantasmée et sanguinolente de l’islam, Brexit, élection de Donald Trump,… et après, qu’elle suite logique ?

Dans un monde incertain en perpétuelle mutation, emporté dans une machine infernale qu’il ne sait plus arrêter, l’homo sapiens du XXIe siècle se désintéresse des sages, des raisonnables, de ceux qui connaissent les dossiers pour se tourner vers ceux qui ont du punch, qui le font rêver, rire, qui le valorisent, lui donnent envie de se lever le matin pour aller travailler et lui font miroiter un avenir meilleur…

Faut-il comprendre que l’homo sapiens est un imbécile méprisable qui ne comprend rien ? Je ne le pense pas. Les populistes ne sont pas uniquement des clowns, des menteurs et des irresponsables, ils donnent aussi un sens à cette transformation de la planète. L’homo sapiens, comme son nom l’indique, est un animal condamné à la rationalité, un animal harcelé par le stress dès que le sens de son environnement lui échappe. Sa soif de sens est telle qu’il est prêt à tout accepter pour que son univers reste compréhensible. Peu importe que celui-ci soit sérieux, l’essentiel est qu’il existe.

Dans le monde insensé du XXIe siècle, sommes-nous condamnés au populisme ? La suite logique pour la France de Deash-Brexit-Trump est elle nécessairement « Marine Le Pen » ? Je ne le pense pas. Cependant, au lieu de stigmatiser les populistes, nos politiciens feraient mieux de les observer et de tirer des leçons de leur succès. Quand je parle de tirer les leçons, je ne parle pas d’une triste imitation qui consisterait à faire un copier/coller  des thématiques populistes régressives, mais de la capacité à obtenir l’adhésion des foules.

Le prochain président de la République française sera charismatique, il saura parler à l’émotivité des Français, toucher leurs pulsions irrationnelles. Il devra savoir se faire aimer et leur donner l’envie de l’adopter.

Le prochain président de la République française donnera du sens à son action et devra rendre celle-ci intelligible. S’il veut être issu d’un parti « de gouvernement », sa mission sera bien plus compliquée que pour les ténors des partis populistes. Ceci dit, rien n’est impossible. Churchill disait « Tout le monde savait que c’était impossible jusqu’au jour où est arrivé quelqu’un qui ne le savait pas et qui l’a fait ».

Pour résumer, l’homo sapiens a besoin de se sentir aimé et de comprendre son environnement.  Si aucun candidats, à gauche comme à droite ne le comprend, Marine Le Pen sera la prochaine présidente de la République.

Edouard