Everest

1996, des tours opérateurs offrent le grand frisson à des touristes fortunés : le toit du monde.

À l’approche de la quarantaine, on se rend compte qu’il y a des choses qu’on ne fera pas. C’est un constat, je n’ai ni la motivation ni la constitution physique qui me permettrait de faire l’ascension de l’Everest. En même temps, il y a tellement de choses que j’aimerai faire et que je n’aurai peut-être pas le temps de faire…j’ai pas le temps de me prendre la tête avec l’Everest. Ceci dit, ça m’intriguait quand même et le cinéma permet de nous faire vivre ces choses en restant dans un fauteuil, ce serait con de ne pas en profiter.

Au début, tout semble très organisé, trop à la limite, on se dit que la magie des premières explorations est bien loin. Et puis, quand on monte, les choses se compliquent. Ce sont très majoritairement des hommes, disons entre 40 et 60 ans (il n’y a qu’une femme dans le groupe, une Japonaise) tous mordus d’alpinisme, en bonne forme physique et psychique et disposant de bons moyens financiers (il faut compter 60 000€ pour l’expédition). Dès le début, on leur explique qu’il vont affronter un milieu hostile auquel la vie humaine est totalement inadaptée.

Pourquoi cette expédition ? Ils se posent la question lors d’un premier repas de groupe. Il y a le goût du challenge bien entendu, la touriste japonaise explique que l’Everest est le seul qui manque à son palmarès, mais tout le monde a bien conscience qu’il n’y a pas que ça. L’un d’eux avoue qu’il se sent vide en plaine et que seule la montagne lui donne le sentiment de vivre. C’est sans doute de ce côté qu’il faut chercher la réponse. C’est un peu « l’envie d’avoir envie » de ressortissants aisés de pays riches où tout semble trop facile.

Bref, on continue à grimper et ceux qui ont des conditions physiques trop justes abandonnent, la sélection naturelle fait son œuvre. Arriver au dernier campement est donc un exploit et seuls les alpinistes les plus chevronnés y arrivent. Ensuite, c’est la route vers le dernier sommet. On est 100% dans l’effort physique et l’oxygène commence cruellement à manquer. À ce stade de la compétition, les conditions physiques ne font pas tout et la chance prend une part extrême : être dans la bonne cordée, avoir le bon guide, bénéficier de bonnes conditions météo fait toute la différence. À une altitude à laquelle les hélicoptères ne peuvent plus voler, l’homme ne maîtrise plus rien et parmi les plus forts, ce sont les plus chanceux qui réussissent. Je reconnais que ce doit être grisant de planter un petit drapeau sur le toit du monde. Cela doit procurer une sensation de puissance dont on se souviendra toute sa vie…si toutefois on parvient à descendre. Effectivement, la descente n’est pas plus simple que l’ascension, surtout si une tempête de neige se déclare à ce moment.

« Everest » est une histoire vraie. Seulement trois parviendront à redescendre dans de bonnes conditions. Les autres mourront de froid, laissant derrière eux des familles brisées. L’un d’entre eux parviendra miraculeusement à regagner le campement, mais perdra l’usage de ses mains. Quelle folie, quelle horreur ! Un destin tragique qui s’abat sur des individus qui savaient ce qu’ils risquaient. L’humanité ne peut probablement pas vivre sans tenter de se dépasser, sans se heurter à l’hostilité et en mourra peut-être. Une leçon qui fait froid dans le dos.

Edouard

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