L’enfance du sexe

Avoir beaucoup d’ « amis FB » a plusieurs intérêts. Cela permet en particulier d’avoir accès à des échanges que l’on n’aurait jamais eus si on avait limité la liste aux intimes. C’est comme ça que j’ai pu avoir connaissance d’une conversation qui fleurait bon le Houellebecq.

Le protagoniste principal relatait une expérience dans un camp naturiste qu’il jugeait peu concluante. Il faisait aussi part de sa gêne à se promener dans le plus simple appareil devant des enfants. Un commentateur qui, visiblement, le connaissait bien s’indignait que des mineurs puissent avoir accès à ce genre d’endroits.

Le « jouir sans entraves » des années 70, fondé sur une hétérosexualité libre encore très phallocrate ne considérait pas la pédophilie comme un réel problème. Nous sommes entrés aujourd’hui dans l’acceptation totale de la diversité des pratiques sexuelles entre adultes consentants, l’égalité des sexes et la prohibition de toute interférence entre la sexualité des adultes et celle des enfants. S’agissant de l’égalité des sexes, la loi Veil au milieu des années 70 aura été décisive. Concernant la pédophilie, de nombreux phénomènes peuvent expliquer ce revirement, mais l’horreur de l’affaire Dutroux dans les années 90 aura certainement servi d’accélérateur.

Dans ce contexte, la position de l’Église catholique, s’immisçant historiquement dans les pratiques sexuelles des adultes est fortement critiquée et cela d’autant plus quand s’y ajoutent des scandales pédophiles. La pédophilie n’est pas l’apanage de l’Église catholique et se rencontre dans tous les cercles dans lesquels des adultes sont amenés à côtoyer des enfants, y compris au sein des familles. Seulement, l’Église, comme toute religion, parle de morale sexuelle. Pour ce qui concerne l’islam, c’est la flagrante inégalité entre homme et femme dans les pays musulmans et l’intolérance de celle-ci vis-à-vis de l’homosexualité qui est décriée.

Ce qui reste aujourd’hui de l’esprit de 68, c’est peut-être cette volonté populaire de s’affranchir du religieux pour édicter sa propre morale sexuelle.

Dans ce contexte, l’homoparentalité reste un sujet complexe puisqu’il conjugue la liberté et l’égalité des droits des couples homosexuels et ceux de l’enfant. Y a-t-il un droit de l’enfant à avoir des parents de sexes opposés ? Certains l’affirment, d’autres soutiennent que le fait d’être élevé par deux parents de même sexe n’a pas d’impact sur le développement de l’enfant…on manque de recul. Ce qui est certain, c’est que l’homoparentalité bouscule le schéma traditionnel du couple prévu par les religions, mais aussi par l’Œdipe Freudien à la base de la psychanalyse qui, au regard de l’Histoire, aura été la première grande tentative de sécularisation sexuelle. Ceci dit, Freud a lui aussi été confronté au problème de l’homoparentalité puisque sa fille, Anna, élevait les enfants de sa compagne Dorothy Burlingam. Si Freud avait vécu 160 ans, il aurait certainement revu son Œdipe.

Une affaire à suivre…

Édouard

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