Les bottes suédoises

La suite des chaussures italiennes, ce livre représente une manière de testament pour Mankell, décédé en 2015 à l’âge de 67 ans.

Fredrik Welin, médecin à la retraite, vit reclus sur son île de la Baltique. Une nuit, une lumière aveuglante le tire du sommeil. Au matin, la maison héritée de ses grands-parents n’est plus qu’une ruine fumante.
Réfugié dans la vieille caravane de son jardin, il s’interroge : à soixante-dix ans, seul, dépossédé de tout, a-t-il encore une raison de vivre? Mais c’est compter sans les révélations de sa fille Louise et, surtout, l’apparition d’une femme, Lisa Modin, journaliste de la presse locale.

Méditation sur la solitude, la vieillesse, l’amour et la mort, sans l’air d’y toucher, l’auteur suédois nous laisse un livre linéaire, passionnant, et très humain.

J’ai lu ce livre après un titre de Victor Del Arbol, dont je vous parlerai bientôt. Cet auteur écrit des livres catalogués de choraux. La simplicité de Mankell fait merveille, comparée aux effets de manche du prénommé Victor.

Amitiés baltes,

Guy (15/11/2017)

Henning Mankell – Seuil – 368 p.

Suite et fin des aventures de Fredrik Welin, le chirurgien déchu des « chaussures italiennes », sur son île de la mer Baltique.
Le premier opus de ce diptyque avait fait l’objet d’un post sur ce blog il y a maintenant un peu plus de 7 ans. J’ai gardé un très bon souvenir de ce roman. A l’époque, j’avais effectivement noté qu’il devait y avoir une suite, mais à force d’attendre, j’avais fini par l’oublier. Et puis, le 5 octobre 2015, Henning Mankell est mort d’un cancer avec lequel il se bâtait depuis deux ans. En août 2016, Seuil a publié la traduction française des « bottes suédoises ».
Sur la forme, je trouve que le roman n’est pas très bien écrit. Il y a des lourdeurs et des scènes qui tombent comme un cheveu sur la soupe. Je n’ai jamais considéré que Mankell était un très grand écrivain, mais tout de même, c’était un écrivain confirmé et ses erreurs de débutant sont surprenantes. Ça sent un peu le bouquin ficelé à la va-vite, comme si son éditeur lui avait forcé la main alors qu’il agonisait. Peut-être même que d’autres mains se sont glissées dans l’ouvrage, ce qui expliquerait les erreurs.
Sur le fond, on retrouve l’univers des chaussures italiennes, c’est certain, mais les directions de l’intrigue s’entremêlent, nous plongent dans la confusion, tant est ci bien que l’on finit par ne plus savoir où l’auteur veut nous mener. Le titre est par contre bien trouvé. Esthétiquement, le roman est effectivement au premier opus ce que les bottes de jardinage sont aux Berluti.
Bref, « les bottes suédoises » a tout du succès de librairie assuré et publié dans l’urgence.
Je ne vais pas cracher sur les éditeurs : c’est leur métier, il faut bien vivre. Je peux comprendre Mankell et son souhait de laisser ses royalties à ses ayants droit.
Toutefois, « les bottes italiennes » ne sont pas la dernière image que je veux garder de Mankell. Il y a le commissaire Wallander bien entendu, mais je n’étais pas un grand fan. Je pense surtout à l’homme politiquement engagé, un engagement que l’on ressentait notamment dans l’excellent « tea-bag ». Et puis, « les chaussures italiennes », bien entendu. Je ne veux pas croire qu’il y ait une fin. D’ailleurs, « les bottes suédoises » n’en est pas vraiment une. Je pense que je vais essayer d’oublier ce livre, de penser qu’il n’était qu’un conglomérat de brouillons avec plusieurs pistes qui auraient pu être suivies par l’auteur, mais en aucun cas un roman finalisé. Je préfère continuer à attendre la suite des « chaussures italiennes »
Seuil
Août 2016
Édouard (10/07/2017)