NÁTT

Dans le nord de l’Islande, un homme est retrouvé battu à mort. Ari Thór de la police de Siglufjördur enquête.
Il n’existe pas, le commerçant qui a réussi à me vendre une brosse à dents ou un paquet de lessive contre ma volonté. Par contre, je suis plus vulnérable pour ce qui concerne les livres. C’est comme ça que j’ai fait l’acquisition il y a quelque temps de trois bouquins de Ragnar Jónasson, auteur islandais de romans policiers, en attendant la sortie du dernier Indridason.
« C’est un genre d’Agatha Christie » avait précisé l’e vendeur juste après mon passage à la caisse. Ces propos ne m’avaient pas beaucoup enthousiasmé. Il y a environ 30 ans que je n’ai plus lu de roman d’Agatha Christie. J’avais à l’époque fait une overdose qui m’a laissé le souvenir d’intrigues par trop policées et toujours construites selon le même procédé. L’éditeur précise en effet dans chaque ouvrage que l’auteur a traduit plusieurs romans d’Agatha Christie en islandais.
Snjór, le premier opus fut clairement une déception : Style lourd et répétitions auxquels il faut ajouter de probables erreurs de traduction. On y voit Ari Thór, fraîchement diplômé de l’école de police de Reykjavik, être nommé à Siglufjördur où il s’installe en dépit de la désapprobation de Kristin, sa petite amie. Les activités étant visiblement réduites à Siglufjördur, Ari Thór trompe Kristin avec Ugla, une prof de piano. On retrouve effectivement le côté huis clos cachant une réalité plus obscure dont le lecteur n’aura connaissance qu’à la dernière minute propre à Agatha Christie
Mörk, le second volume est nettement mieux et l’écriture beaucoup plus maîtrisée. La recette de tante Agatha commence à se roder. Ari Thór et Kristin se sont visiblement réconciliés, vivent à Siglufjördur et viennent d’avoir un petit garçon.
Le vendeur m’avait averti avec une lueur un peu étrange dans l’œil que Nátt n’existait pas en livre de poche, précision qui ne m’avait pas particulièrement intéressée sur le moment. Toutefois, cette particularité éditoriale est peut-être liée au fait qu’il est très différent sur la forme des deux premiers opus. « Nátt » veut dire « nuit » en islandais. Si j’avais pris la peine de lire le quatrième de couverture, cela m’aurait permis de comprendre. On retrouve Ari Thór et Kristin, mais il n’est pas question une seconde de leur fils. Le troisième opus semble donc plus la suite du premier que du second.
Le quatrième de couverture précise aussi que ce volume a été écrit à l’occasion de l’irruption du volcan Eyjafjallajökull (non, ce n’est pas le code de ma Freebox) dont on a beaucoup parlé en 2010. Le principal personnage du roman serait donc le volcan lui-même et ses effets révélant les faces les plus sombres des différents personnages. C’est ce qu’ils disent dans le quatrième de couverture, mais la présence volcanique ne m’a pas sauté aux yeux. En tout cas, pour la noirceur et la galerie de portraits, c’est réussi. Ragnar Jónasson a peut-être une autre vocation que de devenir l’Agatha Christie Islandais. C’est tout ce que je lui souhaite.
Édouard
Éditions de la Martinière
2018

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