De l’irresponsabilité collective en France

« Rendons à César ce qui est à César… ». Notre beau pays laïque et néanmoins pétri de culture chrétienne l’a bien compris : les affaires publiques relèvent de la sphère publique.

Doit-on en conclure que le citoyen français, par son comportement, n’est pas aussi responsable de l’état de la société dans laquelle il vit ?

Plusieurs interprétations de la parole de l’évangile sont bien entendu possibles, mais la passion pour l’État en France est telle que l’action des pouvoirs publics est objet de passion autant que de haine. Quant au devoir du citoyen vis-à-vis de la société, il n’existe pas. Son seul devoir étant la recherche du plaisir individuel. Le citoyen français n’agit ainsi pas parce qu’une chose est bonne ou mauvaise pour la société, mais parce qu’elle est autorisée ou non par les pouvoirs publics,étant entendu que toute action gouvernementale est systématiquement remise en question. Il résulte de cet état un lien malsain et infantile du citoyen français vis-à-vis des pouvoirs publics. Mais le temps passe et les jeunes générations prennent leurs distances avec cette relation de dépendance au pouvoir, incrustée dans les gènes de leurs aînés.

Le débat actuel sur le port du masque est à ce titre éloquent. Les anti masques se plaisent à le voir comme une contrainte imposée par les pouvoirs publics, un acte liberticide par nature. Le masque est tout autrement vu par une grande majorité de la population, un acte permettant de limiter la diffusion du virus, un acte solidaire visant en particulier à protéger les plus faibles, personnes âgées ou immunodéprimées qui ne survivraient pas à « l’immunité collective » dont rêvent les anti masques.

Oui, mais diront certains anti masques, ex anti confinement, ex gilets jaunes…mettre un masque, ce serait obéir au gouvernement et ça, c’est inacceptable.

Je leur répondrai que mettre un masque n’est pas un acte d’obéissance. Il est important que ceux qui les portent comprennent pourquoi et ne le portent pas uniquement pour éviter une amende de 135€. S’il est contraignant, le port obéit à une logique de protection sanitaire. Mettre un masque, c’est en effet un acte solidaire visant à permettre une sûreté collective dont tout un chacun est responsable.

De même, si l’appel au non-port du masque n’est pas sanctionné pénalement pour le moment, je le considère comme hautement répréhensible, encourageant les individus à mettre leur propre vie et celle des autres en danger. Même si la plupart des anti-masques n’en ont pas conscience, leur comportement eugéniste vise à obtenir l’élimination de tous les individus qui n’auront pas les défenses naturelles suffisantes pour atteindre l’immunité collective.

La santé publique est trop importante pour être dénaturée par des intérêts politiques. Les Français, je l’espère, arrêteront un jour de se voir comme les éternelles victimes d’un pouvoir autoritaire pour entrer enfin dans un monde dont ils seront les acteurs responsables.

Édouard

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