Une promenade magique dans Paris

Si vous êtes amoureux de Paris, si vous êtes intéressé par les sciences occultes sans vouloir toutefois leur donner plus d’importance qu’elles n’en ont et si vous pensez que Da Vinci Code est à l’ésotérisme ce que McDonald est à la cuisine, ce livre est fait pour vous.

L’ouvrage n’est pas un roman, mais une sorte d’essai-guide que l’on déguste en deux temps. L’essai tout d’abord vous initiera au BABA des sciences occultes : alchimistes, templiers, francs-maçons…ils sont tous là, remis dans leur contexte historique. Certes, les frontières entre ces différentes confréries sont poreuses et les symboles qu’elles utilisent sont souvent les mêmes, mais de là à imaginer une fille cachée du Christ ou un complot international des forces du mal, il y a de la marge.
Pour illustrer ces propos, l’auteur se réfère à un certain nombre d’édifices parisiens qui s’inscrivent dans un triangle (forcément) dont les côtés sont « Notre-Dame », « le parc Monceau » et « le Champ-de-Mars ». Ainsi, l’initiation aux sciences occultes ne passe pas par d’obscures ruelles de Belleville ou de Montmartre, mais par le Paris du tourisme, du luxe, de la consommation et du pouvoir.
Une fois la lecture terminée, maintenant armé pour jongler avec les différents concepts de l’univers de la magie, vous pourrez aborder la deuxième phase en utilisant le livre comme un guide touristique et en vous rendant à pied aux 12 (forcément) « stations ».
L’intérêt de cette deuxième partie n’est pas uniquement d’aller voir sur place les différents monuments cités dans l’ouvrage, mais de prendre conscience de l’environnement dans lequel ils s’inscrivent.
Ainsi, après avoir vu le diable de l’église Saint-Merri, les colonnes de Buren, l’Ouroboros du Louvre et les reliques d’une utopie morte au parc Monceau, vous prendrez conscience de l’hétérogénéité et de la relativité de ces symboles. Comme moi, peut-être vous laisserez vous charmer par d’autres symboles et entrerez dans une pagode l’espace d’un quart d’heure, pour voir une exposition photo sur les intérieurs chinois.
Ce qui vous marquera ensuite, c’est le peu d’intérêt accordé par les Parisiens à cette forêt de symboles. Si on peut comprendre que les enfants qui font de la voiture à pédale au champ-de- Mars ne s’intéressent pas à l’édifice révolutionnaire qui se dresse devant leurs yeux ; que penser de la foule stationnée devant l’entrée du 117 boulevard Saint-Germain, attendant dans le froid les dernières prouesses d’Harry Potter et ne voyant pas le compas et l’équerre au-dessus de la porte d’entrée de l’immeuble ?
Votre parcours se terminera à la fontaine Saint-Michel où, comme vous vous y attendrez, personne ne s’intéressera aux efforts déployés par l’archange pour maîtriser les puissances démoniaques. En rentrant chez vous, vous vous demanderez si tous ces symboles ne sont pas en fait les témoins du besoin universel de l’homme de croire en une autre réalité. Vous comprendrez alors que vous faites maintenant partie du cercle des initiés.

    Edouard     

      

Une promenade magique dans Paris

Philippe Cavalier

2010 Anne Carrière

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