L’armée furieuse

Double enquête pour le commissaire Adamsberg. À Paris, il traque le meurtrier d’un industriel retrouvé carbonisé dans sa voiture. Au cœur de la Normandie profonde, il est confronté à une armée de spectres.

Les fans auront attendu 3 ans la suite des aventures du « pelleteur de nuages » et de son équipe.
Depuis ses premiers romans, on trouve des incohérences dans les intrigues de Fred Vargas. Elle a fini par en faire un art. Dans « l’armée furieuse », l’écrivain nous explique que cette incohérence fait partie du mode de pensée du commissaire rêveur.

Le titre du dernier opus de l’écrivain-archéozoologue aurait en effet pu être « dans la peau de Jean-Baptiste Adamsberg ». La double enquête semble un prétexte. On n’en sait pas beaucoup plus sur les personnages secondaires. L’écrivain s’attarde uniquement sur la rivalité entre Danglard et Veyrenc dans le rôle de l’ami fidèle du commissaire. Une rivalité qui ne m’a pas semblé très crédible. Est-ce une volonté de Fred Vargas d’écarter Danglard ? Serait-elle lassée, comme Abelsberg, par l’érudition du personnage. Risquait-il de faire de l’ombre à Abelsberg comme Jacques Spiesser qui incarne l’adjoint dans la série télévisée fait de l’ombre à Jean-Hugues Anglade ?

En tout cas, elle ne semble s’intéresser vraiment qu’à se qui se passe dans la tête du commissaire. On y découvre un personnage à l’orthographe douteux qui fait taper ses rapports par ses subordonnés. Un personnage qui a du mal à comprendre des jeux de mots simples. Un personnage tout en intuition qui se focalise sur des microdétails sans trop savoir pourquoi et qui finissent par devenir les clefs de voûte de ses raisonnements. Un personnage à la réputation médiocre finalement un peu comme l’inspecteur gadget, qui réussit ses enquêtes presque par hasard.

Tout ça ne manque pas de charme et est un brin surréaliste (comme l’était le père de Fred Vargas). On a le sentiment qu’elle se concentre aujourd’hui sur l’essentiel, sur son univers cotonneux et flottant, détaché de toute réalité sociale ou politique. Un idéal personnel peut-être.

Est-on toujours dans du roman policier ? Et si l’auteur se détachait peu à peu du cadre contraignant du polar pour aborder une autre forme de littérature ? L’avenir nous le dira.
Charles-Edouard

L’armée furieuse
Fred Vargas
Viviane Hamy, 2011
425p. , 19,5€

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