Nature & Culture

Je ne voulais pas intervenir dans le débat sur le « mariage pour tous », mais un certain nombre d’éléments extérieurs m’y poussent. En surface, le débat tourne autour de savoir s’il est préjudiciable ou non à un enfant d’être élevé par deux personnes du même sexe. Je pense que le plus important pour un enfant est qu’il soit bien élevé… chaque camp a ses psychiatres.

Ce qui m’intéresse plus, c’est une conviction philosophique qui sous-tend les propos d’un certain nombre de personnes hostiles au projet. Cette conviction était très visible dans les slogans utilisés par les différents manifestants. Cette conviction renvoie à l’existence d’une « loi naturelle immuable » à laquelle le projet porterait préjudice.

Le point le plus positif de l’hostilité à la loi, c’est que les trois religions monothéistes aient accordé leurs violons. Ce phénomène n’est pas surprenant, car l’existence d’une « loi naturelle immuable » est la base du monothéisme. En dehors des créationnistes forcenés, tout le monde admet aujourd’hui qu’il est fort peu probable que le monde ait été créé en 7 jours. Par contre, le fait qu’Adam et Ève puissent être Paul et Robert ou Julie et Stéphanie, c’est plus difficile à gober, c’est contre nature et donc contre Dieu.

Existe-t-il une « loi naturelle immuable » ? Si oui, est-elle menacée ?

Pour ma part, je pense que la « loi naturelle » est largement conditionnée par ce qui est considéré comme socialement acceptable à un moment donné. Je ne pense pas que Dieu puisse être enfermé dans quelques vieux schémas simples. Il y a 200 ans, l’esclavage était une loi naturelle immuable.

Le projet de loi heurte donc les convictions d’une partie de la population qui considère qu’elle n’est pas socialement acceptable. Dans notre belle société laïque et ultra-sécularisée, ces convictions dépassent largement le cadre religieux. L’effet était probablement recherché par le gouvernement soucieux de marquer son identité socialiste. Les manifestants ne se doutent certainement pas combien ils servent les intérêts de la gauche.

Il y a un fait pourtant réel et dont on ne parle jamais globalement : les enfants élevés aujourd’hui par des couples homosexuels. Pris individuellement, ils sont brandis par les deux camps pour expliquer combien il est affreux d’être élevé par des parents homosexuels ou combien cela est formidable. Le fait est qu’ils existent et il est normal qu’ils aient un statut.
On aurait pu faire cette réforme sans bruit, mais personne n’y aurait trouvé son intérêt. L’utilisation du mot « mariage » est provocatrice et cela arrange tout le monde : la gauche, la droite, les religions monothéistes, les associations de protection des droits des homosexuels et la société française dans son ensemble. Cette loi est finalement structurante et permet à chacun de se définir et de se positionner. Avide de débats, notre beau pays en avait sans doute besoin.
Edouard

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Sang froid

Juillet-Ronald Jeffreys, accusé de 3 meurtres d’enfants se confie au père Francis, dans le couloir de la mort, avant d’être exécuté. Le père Francis sait qu’il a raison en ne reconnaissant qu’un seul crime puisque l’assassin des deux autres lui a avoué les deux crimes au confessionnal.
Quelques mois plus tard, à Platte City, Nick Morrelli se trouve confronté à son premier meurtre. Il est aidé dans son enquête par une agent du FBI, Maggie O’Dell.
Le petit Matthew a été assassiné de la même façon que les autres avec une croix en travers de la poitrine. Maggie remarque tout de suite les signes d’une extrême onction et constate qu’il n’y avait pas eu de violences sexuelles comme dans un seul cas. À plusieurs années d’intervalle, s’agit-il d’un copieur ?
Ils constateront, aussi, que l’enquête de Jeffreys, menée par le père de Nick, shérif à l’époque, contient des « manques », des « irrégularités ». Partant de là, ils songent à un copieur proche de l’église. Un deuxième enfant est assassiné, mais l’enquête piétine. Il faudra que Timmy, le neveu de Nick soit prisonnier à son tour pour que tout bouge et avance.
Un polar plein de suspense, de rebondissements, de bâtons dans les roues puis d’indices, le tout bien dosé avec des phases de repos et des phases à vous couper le souffle. Mon coeur a résisté en apnée.
Le seul hic : une histoire d’amour entre le shérif et la gent du FBI qui frôle de pleins pieds la nunucherie niveau 12 ans. À peine qu’ils se frôlent qu’ils rentrent en transes. Las ! C’est au moment du baiser que le téléphone sonne donc ils ne « consomment » jamais.
À suivre. D’autant qu’ils ont laissé partir l’assassin qui ne tue pas que des enfants.
Sang froid, c’est pour le tueur en série, surtout pas pour Maggie et Nick…
La Martine qui va attaquer un autre polar… What else !
Alex Kava
Harlequin, Best-sellers, 2011 (2000), 499 p.

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