Perfect mothers

 

Quand j’ai vu la bande-annonce de « perfect mothers », j’ai pensé « ça , c’est le genre de film que j’n’irai certainement pas voir ». Et puis, j’ai lu une critique qui m’a intrigué.

En sortant du film, j’ai pensé « ça, c’est le genre de films que je ne critiquerai jamais ». Et puis, j’ai relu la critique et la nuit m’a fait réfléchir.

Deux sublimes quadragénaires vivent au bord de la mer dans deux grandes maisons au milieu d’un décor paradisiaque avec leurs deux fils, deux grands et beaux surfeurs musclés. Quand un des deux garçons entame une relation amoureuse avec la mère de son ami, l’autre grogne un peu, mais fait finalement de même.

Je pensais voir un film du genre « tes vingt ans mes quarante, si tu crois que cela me tourmente » (merci Serge), mais il faut chercher ailleurs.

Les deux femmes n’ont aucun lien de parenté, mais sont deux amies d’enfance qui n’ont jamais été séparées et qui n’ont jamais vécu ailleurs. Elles ont chacune été mariées de leur côté (l’une est veuve) et eu un enfant unique. Le lien affectif entre ses deux femmes donne à cette double liaison croisée une impression quasi incestueuse même si ce n’est pas le cas biologiquement.

Elles se rendent bien compte que ses relations ne sont pas « normales » et sont soulagées quand les deux garçons décident enfin de se marier et ont chacun une fille. Cependant, ces tentatives de rentrer dans le rang seront veines.

La double relation des deux femmes et des deux fils n’est donc pas incestueuse et n’est pas homosexuelle non plus même si la piste de l’homosexualité indirecte est évoquée. C’est une double relation qu’on ne peut que décrire sans pouvoir la nommer. En cela, le monde de « perfect mothers » fait penser aux films de Truffaut dans lesquels le réalisateur décortique inlassablement la complexité des relations hommes/femmes.

C’est un monde dans lequel le temps est absent. La caméra s’arrête pourtant sur les rides des femmes et autres marques de vieillissement. Les belles filles et petites filles laissent aussi entrevoir une progression. Toutefois les quatre personnages refusent de regarder la réalité en face et ne peuvent se résoudre à laisser entrer le moindre corps étranger dans leur univers. « Perfect mothers » n’est pas un film sur la liberté sexuelle, mais plutôt une version moderne et sexy de Faust ou du portrait de Dorian Gray. Le portrait n’existe pas si on refuse de le voir.
Edouard

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