Roy Lichtenstein

À Beaubourg jusqu’au 4 novembre. Bon plan pour les Parisiens qui bossent au mois de juillet et/ou août et qui veulent éviter les queues et la chaleur, l’expo est ouverte tous les jours sauf le mardi jusqu’à 21h.

Longtemps, je n’ai pas eu conscience que Roy Lichtenstein pouvait exister et qu’une figure pouvait surnager de ce flot de couleurs acidulées et de personnages hyperexpressifs surgis de l’univers des comics américains des années 60.
Et puis, je me suis rendu compte que certaines images revenaient plus que d’autres, des images qui s’étaient échappées des griffes des Marvel et autre Strange pour dire autre chose, des images qui permettront à l’époque aux situationnistes de dénoncer la société de consommation, des images qui deviendront des archétypes du Pop-Art.

On ne peut pas limiter Roy Lichtenstein à ses jeunes femmes blondes au physique aseptisé, tout comme on ne peut limiter Andy Warhol à Einstein tirant la langue ou Piet Mondrian aux pubs de Loréal.

À notre décharge, on ne peut pas dire qu’ils s’échinent beaucoup à se distinguer du vulgum.
Évidemment se sont des pops-artistes dont l’objectif est de brouiller les frontières entre le «commun» et l’ «artistique», comme autant de profanateurs de nos vieux schémas simples.

Derrière le pop-art et en particulier derrière l’œuvre de Lichtenstein, se cache une théorie de qui pose la question du positionnement de l’art dans la société. L’expo est à ce titre très didactique, on suit les différentes étapes du mûrissement de la théorie de Lichtenstein et des différentes formes qu’il lui donne.

Lichtenstein, lui aussi transforme le commun, j’ai été à ce titre troublé par ces sculptures de tasse à café décorées qui ont la taille de tasses a café, mais qui, pour une raison que je ne sais pas l’expliquer ressemblent plus à des sculptures qu’à des tasses. Le mot « pop » prend avec lui un autre sens que « populaire », celui d’éclosion, d’instantané comme dans « pop-up » ou dans « pop-corn », comme un bouchon de liège qui s’échappe d’une bouteille de champagne. Ce n’est pas un hasard si l’artiste aimait peindre des explosions et magnifiait les coups de pinceau.

Après avoir tirés le populaire vers l’artistique, Lichtenstein tire l’artistique vers le populaire en revisitant tous les classiques : Monet, Cézanne, Picasso, Fernand Léger, Matisse, Brancusi, Mondrian… Difficile de ne pas être insensible à sa reprise de la cathédrale de Rouen de Monet. Ca marque de fabrique, ses grisés avec ses petits points qui renforcent cette impression de relief que l’on retrouve dans toutes ses œuvres.

Ses petits points, qui prennent toute leur force dans son impressionnante série sur les « miroirs », finissent par occuper toute la toile à la fin de sa vie (1997) quand il revisite les paysages zen chinois.
Edouard

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