Amarillo

La vieille amitié de Chad, le romancier dépassé par son succès et d’Abraham, le poète jaloux assoiffé de reconnaissance, ne pouvait plus durer. Laisser un bison et un lion à bout de nerfs se narguer dans ces circonstances, c’était courir à la catastrophe.

Belle accroche pour le dernier opus des aventures de Blacksad qui prend des allures de road movie dans les États-Unis des années 50. J’ai toujours du mal avec le message anar un peu simpliste qui transcende la BD : très sangre, lagrimas y corazon ; Canales et Guardino n’ont pas perdu leur âme ibérique.

Comme d’habitude, les planches sont magnifiques. La cavale du lion le fait arriver dans un cirque dans lequel se déroule une bonne partie de l’intrigue. Un cirque sans animaux ou plutôt, un cirque avec que des animaux puisque tous les personnages de Blacksad sont des animaux. Monsieur loyal éléphant, gibbons trapézistes, pingouin boulet de canon, panda prestidigitateur, on s’en met plein les yeux, en aquarelle et en couleur. Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié le babouin et le paresseux devant leur table de maquillage. Mais le cirque est, comme la légion, une grande famille au sein de laquelle on lave son linge sale et où beaucoup tentent d’oublier leur passé. Une famille avec comme toujours ses brebis galeuses, en l’occurrence l’ours borgne libidineux et le koala (auquel j’ai trouvé un petit air de ressemblance avec Jacques Attali), tous deux clowns.

Tout ça finira mal, avec, je m’y attendais, la mort de justes qui auraient dû rester en vie et des salopards qui passent entre les mailles du filet.

Les fans seront contents de revoir des familiers, le putois Weekly et les deux compères félins à la poursuite de Blacksad que l’on voyait déjà dans « âme rouge », un duo à la Dupont-Dupond. On fait aussi connaissance de Donna, la sœur du héros ainsi que de son neveu.

Un bon cru. Avec une Budweiser et un CD de Neil Young, ça doit être encore meilleur.

Edouard

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