Ce qui ne me tue pas

Après le décès de Stieg Larsson, en 2004, il s’est passé des choses peu reluisantes entre ses héritiers.
Je suppose que ceux-ci se sont mis d’accord pour autoriser David Lagercrantz à faire revivre Mikael Blomqvist et Lisbet Salander, les héros des trois premiers volumes de la saga Millénium.
Un peu sceptique au départ, je me suis laissé prendre par cette nouvelle intrigue.

Un Suédois travaillant pour la  NSA (National Security Agency) Américaine , revient dans son pays natal, bien décidé à s’occuper de son fils August, un petit garçon autiste terriblement attachant.
La vie de cet homme est un saccage, celle de son ex-épouse également (elle est remariée avec un acteur raté et alcoolique).
La NSA ne laisse pas ses collaborateurs courir dans la nature, et il arrivera des broutilles au transfuge.

Blomqvist et Salander réussiront à pénétrer dans les ordinateurs ultra-secrets de l’agence américaine, et en apprendront de belles…
De nombreux personnages patibulaires, parmi lesquels la sœur de Lisbet, donneront du fil à retordre à la Säpo, la Sécurité suédoise, et de délicieuses sueurs froides au lecteur.

J’ai été épaté par la manière dont l’auteur arrive à faire revivre des personnages devenus mythiques.
Même William Boyd s’est cassé les dents il y a peu, en ressuscitant James Bond.

Amitiés scandinaves,

Guy

Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist survivent à leur créateur.

On croyait qu’avec la mort de Stieg Larsson, tout était fini et que le mythe était définitivement figé. Quoi de plus mythique en effet que la mort prématurée d’un romancier suédois qui vient de déposer chez son éditeur  des ouvrages qui dénoncent les travers de cette société ? Avec l’histoire de la compagne de l’écrivain se trouvant dans l’incapacité juridique de toucher le moindre fragment des droits d’auteur de ce succès planétaire, la réalité dépassait la fiction. La hackeuse lesbienne géniale et le journaliste de choc étaient-ils condamnés à sombrer dans l’oubli ? Peut-être, en tout cas, on n’aura jamais le fin mot de l’histoire puisque David Lagercrantz leur redonne vie avec ce quatrième opus.

L’ouvrage s’ouvre sur une rédaction du journal d’investigation un peu au bout du rouleau et un Mikael Blomkvist commençant à voir approcher la terrible cohorte des « has been » l’invitant à rejoindre ses rangs. Heureusement, les circonstances lui permettront d’éviter ce funeste destin…pas besoin d’être psy pour comprendre les circonstances qui ont pu inspirer ce scénario au nouvel auteur.

Le tout est une réussite et finalement, tout le monde avait envie d’avoir des nouvelles de Lisbeth et de Mikael. L’histoire tourne beaucoup autour de l’indestructible hackeuse, impliquée dans une affaire d’intelligence artificielle et qui se retrouve dans l’obligation de s’occuper d’un jeune autiste.

Les spécialistes de l’autisme feront peut-être la fine bouche et je me suis demandé comment un enfant qui n’avait jamais parlé pouvait écrire et comprendre ce qu’on lui disait. Bon, je ne suis pas médecin, c’est peut-être possible.

Les personnages présents dans les 3 premiers volumes sont fidèles à ce qu’ils étaient. Les nouveaux personnages sont plus ou moins bien réussis. Pas mal le jeune autiste et l’acteur alcoolique et violent. Un jeune journaliste venant d’arriver à la rédaction de Millenium est pas mal non plus. Par contre, il y a une méchante que j’ai trouvé un peu caricaturale, un peu ratée, mais peut-être qu’elle prendra de la profondeur dans les prochains épisodes.

Il y a aussi une fidélité certaine tant au niveau de l’action que du souffle dénonciateur et un peu anarchiste des précédents volumes. Petit plus il me semble avec un style qui atteint parfois un niveau d’émotion dont je n’avais pas le souvenir, peut être la touche perso de Lagercrantz.

Bref, ils sont revenus en forme pour notre plus grand plaisir. On attend la suite et aussi l’adaptation cinématographique qui ne saurait tarder.

Edouard

 

Ce qui ne me tue pas

Actes Sud

2015

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.