Attends-moi au ciel (Muerto el perro)

La très belle et très pieuse Piedad approche de la cinquantaine. Un malheur ne venant jamais seul, elle perd son mari Benito dans un accident de voiture. Benito, qui n’était pas un enfant de chœur, s’apprêtait à fuir avec sa jeune maîtresse russe. Pire, il avait détourné de grosses sommes d’argent.
Plutôt que de se confesser au père César, elle décide de prendre sa vie en mains. Et la voilà partie dans une série de crimes: elle écrase le chien des voisins avec sa voiture, elle assassine un tueur à gages avec un crucifix, elle s’envoie en l’air avec un jeune flic (pas un crime au sens strict), elle fréquente les bas-fonds madrilènes, où elle rencontre un Argentin, danseur  de tango évidemment, et elle n’affrontera rien de moins que la mafia russe sévissant sous une couverture fort peu chrétienne.
Ceci n’est qu’une petite partie du cocktail déjanté et loufoque concocté par l’Argentin madrilène
Carlos Salem, qui commence à se faire une sérieuse réputation chez les amateurs de livres noirs foutraques. C’est fort drôle, parfois too much (demasiado me signale google), peu destiné aux natures sensibles ou bigotes, mais totalement jubilatoire.

Est-il exact que les Argentins parlent l’espagnol avec un accent fort reconnaissable,
et n’arrivent pas à prononcer trois phrases sans dire Che! ?
Les amateurs de futebol seront comblés: Madrid étant la ville de deux clubs rivaux, on participe
par policier interposé à une interprétation pour le moins osée des lois civiles.

Sans bouder Agatha Christie ou Simenon, j’aime bien de temps en temps m’encanailler
pour rire. C’est moins dangereux que de conduire une voiture à tombeau ouvert.

Amitiés saintes nitouches,

Guy

Carlos Salem

Actes Noirs

325 p.