Une vie Chinoise

Les 60 dernières années de la Chine en BD.

Belle collaboration sino-française récompensée par de nombreux prix. Pourquoi la Chine des années 50, qui semblait à peine sortie du moyen-âge, est elle aujourd’hui en passe de devenir la première puissance mondiale ? Mao ? Oui, il en est beaucoup question, le grand timonier restera incontestablement le personnage clef de l’histoire de la Chine du 20e siècle. Certes, tout ce qu’il a fait n’était pas bien, semblent reconnaître les Chinois d’aujourd’hui : le collectivisme, la révolution culturelle…il y a eu des ratées, mais bon, l’erreur est humaine, et puis il était influencé par la « bande des quatre », en particulier par sa femme. Mais le but a été atteint, c’est l’essentiel. Comme disait Deng Xiaoping, « peu importe que le chat soit noir ou blanc du moment qu’il attrape les souris ». Mao restera donc pour tous les Chinois celui qui a cristallisé ce sentiment d’humiliation nationale et qui en a fait le moteur de sa politique, qui a fait naître un nouvel espoir : « la Chine qui n’était rien pour le monde de la première moitié du XXe siècle peut et va prendre sa revanche sur l’Histoire », nous répètent les auteurs.

En France, dans les années 80, la perception culturelle et économique de la Chine était faible. L’extrême orient, c’était surtout le Japon, ces dessins animés, ces cinéastes, ces écrivains. La Chine, on en parlait surtout sous un angle politique, c’était l’après-Mao ou alors, c’était de l’histoire ancienne : les empereurs, les porcelaines, la muraille, les soldats en terre cuite…. Ce qu’il y avait de plus actuel dans la culture chinoise, c’était encore les restaurants chinois.
Pour beaucoup, ce fut le chinois arrêtant seul les chars sur la place Tian’anmen en 89 qui symbolisa la Chine des années 80. Et après…la chute du communisme, la fin de la guerre froide. La Chine n’était pas tombée, le parti semblait toujours aussi fort et le pays toujours plus libéral. Comment était ce possible ?

J’avais tout de même été intrigué en voyant tous ces Chinois à Bamako en 2004 : quelque chose se passait. Et aujourd’hui, la Chine est là, du moins économiquement, c’est incontestable. Le dessinateur et le scénariste ne donnent pas d’explications claires à cette transformation, ils la constatent. Ce simple constat est sans doute plus époustouflant qu’une analyse détaillée des mécanismes de la transformation, et préserve sa part de mystère.

La culture chinoise vue par l’occident a-t-elle évoluée depuis les années 80 ? Li Kunwu semble en douter. Lorsqu’il se rend à Angoulême dans les années 2010, tout le monde pense qu’il est japonais. Économiquement, personne ne sera surpris que la Chine l’emporte sur les États-Unis. Culturellement, ça ne semble pas encore gagné. Ceci dit, Li Kunwu est un signe qui ne trompe pas : la révolution est en marche.
Une vie chinoise
Li Kunwu/P.Otié
Kana
2015

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