Piège de miel

Canardo et Betty, une poule de luxe frisant la quarantaine, pistent un libidineux ministre de la Culture d’une contrée qu’il serait difficile de ne pas associer au Luxembourg. Surpris par une tempête de neige, ce petit monde va se retrouver au fin fond de la forêt, dans le château d’aristocrates désargentés à la morale douteuse.

Une BD qui prend une saveur toute particulière après un repas de famille qui s’est attardé aux limites du raisonnable et au cours duquel vous avez ingurgité une quantité certaine de boissons alcoolisées. À lire en écoutant « next year in zion » d’Herman Dune que vous a apporté le célèbre barbu rondouillard au costume rouge et aux bottes noires. Bien entendu, vous aurez vidé le contenu du CD dans votre Free Box en trois coups de cuillère à pot, reléguant ainsi le support au rayon des antiquités du XXe siècle. Vous n’aurez ainsi pas besoin de vous lever de votre lit pour réécouter l’album. Seul hic, il ne neige pas, sans doute la faute au réchauffement climatique…encore un coup des écologistes.

Et là, cher lecteur, je vois perler un soupçon d’impatience dans votre regard habituellement bienveillant : « Mais quand va-t-il arrêter de nous raconter sa vie pour nous parler de l’album ? N’aurait il pas mieux valu qu’il dessaoule avant de faire sa critique ? »

Que nenni, que nenni ; c’est l’occasion rêvée d’aborder la question de la subjectivité du critique. Il est des moments comme cela dans une vie où les circonstances permettent à la consommation de produits culturels de nous faire atteindre un état de félicité…

En temps normal, j’aurais certainement critiqué la sortie d’un tel album en hiver, fruit d’un calcule marketing sournois ourdi par des quinquagénaires bedonnants, les mêmes qui font fabriquer des chaussures de sport en Chine par des enfants dans des conditions sordides.

En temps normal, j’aurais sans doute critiqué la pauvreté du scénario : le privé alcoolique, les dialogues trash, les aristocrates dépravés, les politiques véreux, la pute au grand cœur. Tout ça n’est pas bien original.

Bref, en temps normal, je n’aurais trouvé aucun charme à ce Huis-Clos forestier.

Mais nous ne sommes pas en temps normal, c’est Noël !

Piège de miel
Sokal
2012
Edouard

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Avant la dernière ligne droite

L’auteur est un des enfants d’un militaire qui a fini par devenir général.
La vie de garnison, en Afrique, les grands espaces, les copains…

Le livre.
Fugue alors qu’il n’est pas majeur. Son père lui envoie les gendarmes. Il finit par rentrer du Brésil.
Et c’est le début d’une vie d’aventures et d’explorations. Depuis sa tendre jeunesse, Patrice veut écrire. Il veut aussi voyager. Il sera donc écrivain-aventurier. Comme Tintin. Âgé actuellement de 57 ans, il présente toujours comme un gamin.
Les points forts: on se demande comment un seul homme a pu réaliser tout ce qui se passe dans ce livre. Il est Corse, et alors?
Un point faible: qu’avait-il besoin d’aller faire le coup de feu contre les Soviétiques en Afghanistan? Parce que papa n’avait jamais tenu un fusil?

Un livre pour ceux qui aiment les aventures de cow-boys.
Je vais relire Tintin.

Amitiés galopantes,

Guy

Patrice Franceschi – Arthaud – 549 p

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