Piège de miel

Canardo et Betty, une poule de luxe frisant la quarantaine, pistent un libidineux ministre de la Culture d’une contrée qu’il serait difficile de ne pas associer au Luxembourg. Surpris par une tempête de neige, ce petit monde va se retrouver au fin fond de la forêt, dans le château d’aristocrates désargentés à la morale douteuse.

Une BD qui prend une saveur toute particulière après un repas de famille qui s’est attardé aux limites du raisonnable et au cours duquel vous avez ingurgité une quantité certaine de boissons alcoolisées. À lire en écoutant « next year in zion » d’Herman Dune que vous a apporté le célèbre barbu rondouillard au costume rouge et aux bottes noires. Bien entendu, vous aurez vidé le contenu du CD dans votre Free Box en trois coups de cuillère à pot, reléguant ainsi le support au rayon des antiquités du XXe siècle. Vous n’aurez ainsi pas besoin de vous lever de votre lit pour réécouter l’album. Seul hic, il ne neige pas, sans doute la faute au réchauffement climatique…encore un coup des écologistes.

Et là, cher lecteur, je vois perler un soupçon d’impatience dans votre regard habituellement bienveillant : « Mais quand va-t-il arrêter de nous raconter sa vie pour nous parler de l’album ? N’aurait il pas mieux valu qu’il dessaoule avant de faire sa critique ? »

Que nenni, que nenni ; c’est l’occasion rêvée d’aborder la question de la subjectivité du critique. Il est des moments comme cela dans une vie où les circonstances permettent à la consommation de produits culturels de nous faire atteindre un état de félicité…

En temps normal, j’aurais certainement critiqué la sortie d’un tel album en hiver, fruit d’un calcule marketing sournois ourdi par des quinquagénaires bedonnants, les mêmes qui font fabriquer des chaussures de sport en Chine par des enfants dans des conditions sordides.

En temps normal, j’aurais sans doute critiqué la pauvreté du scénario : le privé alcoolique, les dialogues trash, les aristocrates dépravés, les politiques véreux, la pute au grand cœur. Tout ça n’est pas bien original.

Bref, en temps normal, je n’aurais trouvé aucun charme à ce Huis-Clos forestier.

Mais nous ne sommes pas en temps normal, c’est Noël !

Piège de miel
Sokal
2012
Edouard

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Une réflexion sur “Piège de miel

  1. Martine.b66 26 décembre 2012 / 17 h 19 min

    Quand tu parles de « consommation de produits culturels », j’espère que tu parles de champagne et non de BD…
    Ça promet pour le 1er de l’an !!!
    (Hi, hi, hi !!!)
    Bises rigolardes

    J'aime

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