Cloclo

Je n’avais pas deux ans quand Claude François est mort. Je n’ai donc aucun souvenir de cet événement national. Par contre, j’ai grandi avec les rétrospectives Cloclo : les « Souvenez-vous ! Claude François ! 1,2,3,4,5…30 ans déjà ! » de Michel Drucker.
Cloclo, c’est aussi pour moi un grand nombre de soirées très alcoolisées dont je ne garde qu’un très vague souvenir.
Bref, c’est un mythe de la chanson française, comme le montre Yann Moix dans Podium.

Le passionné de mythologie que je suis ne pouvait donc rater une biographie de ce monument.

D’un point de vue scénaristique, le début, qui se passe en Égypte, est aussi croustillant qu’un reportage d’Arte du samedi soir : une accumulation un peu tire larme d’éléments biographiques. L’arrivée en France de la famille François n’est guère mieux.

Ce n’est avec l’époque de « belles, belles, belles ! » que la dimension dramatique commence à voir le jour.

L’industrie « Claude François » se développe alors sous la houlette de Paul Lederman et l’enfant d’Ismaïlia se transforme peu à peu en superstar/businessman maniaque et tyrannique.

L’épisode de « comme d’habitude » nous laisse entrevoir une popularité qui le dépasse. On le voit écouter incrédule Sinatra chanter « my way », comme s’il ne pouvait (ne voulait ?) admettre qu’il était plus qu’un chanteur de variétoche.

Par petites touches, on voit « le mal aimé » se faire dévorer par l’engrenage. Le meilleur plan du film, sans doute, le montre se jeter au milieu du public à la fin d’un concert avant de s’enfoncer lentement dans une marée de bras et de mains qui le manipulent comme autant de tentacules d’un monstre impitoyable.

Le thème de la décadence intérieure est toutefois limité. Pas de suicide, comme on l’a souvent dit. La mort est présentée de manière très académique, comme un bête accident domestique (il faut vraiment être con pour changer une ampoule sous la douche).

Le sentiment global est que le réalisateur a été profondément entravé par des maisons de production qui ont dû commander un portrait très aseptisé de l’idole en prévision des 35 ans de sa mort (que Michel Drucker ne manquera sans doute pas de célébrer en 2013).
Finalement, la mort du chanteur n’aura-t-elle été qu’un épisode de l’histoire de l’industrie « Claude François » ? Brrr.

Edouard

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Un mal qui ne se dit pas

« J’ai écrit ce texte dans une démarche de vérité, pour moi-même, mes parents, mes enfants, mes proches, et dans un but thérapeutique. Si j’ai accepté de le rendre public, c’est dans l’espoir de contribuer à changer le regard sur le VIH, ce « mal à dire » : et pour que ceux qui traversent une expérience comparable à la mienne, celle de la honte et du secret qui rongent l’âme, puissent s’y reconnaître, et, pourquoi pas, y trouver quelques raisons d’espérer. »

1er : pas de note. C’est une expérience vécue et je ne sais qu’en penser.

2e : un « truc » me gène.. Le VIH, je connais vaguement depuis 1988. Je sais qu’on ne l’attrape pas « comme ça », par l’air du temps. Rapport sexuel, drogue ou transfusion. Il y a aussi une différence entre VIH et SIDA, l’évolution de la maladie. Je sais aussi que ce n’est pas une maladie dont on chante le nom sur les toits, mais plutôt considérée comme une « maladie honteuse ».

Ce livre ne m’a donc pas surprise et il m’a appris certaines choses sur les traitements.

Et puis il y a la personnalité de chacun face à cette maladie. C’est là que « le bât blesse ». Mme Bouferguène est orgueilleuse, superficielle, têtue -ce qui l’a drôlement aidé – et il semble qu’elle recherche continuellement notre admiration. Effet d’optique, bien sur, puisque ce livre n’est écrit que pour ses proches, voire ses deux enfants, et pour l’association AIDE.

Je crois sincère son désir de bien faire, mais l’autosatisfecit n’est jamais loin. Peut-on vraiment changer, comme ça, d’un coup ???

Une expérience douloureuse, niée pendant 22 ans ; une histoire, lourde, très bien écrite avec quelques répétitions sur lesquelles je suis passée et qui s’expliquent très bien.

Un livre que je ne regrette pas d’avoir lu, pourtant.

BOUFERGUÈNE Anne
Robert Laffont, 2011, 228 p.
La Martine mi-figue, mi-raisin…

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