Edition et début

Ce billet se veut un billet « débat » et je serai à ce titre intéressé par l’avis des lecteurs de ce blog.
« Ils n’ont même pas lu la totalité de mon livre et ils se permettent de le juger ». Voilà une phrase souvent entendue dans la bouche d’auteurs refusés par des maisons d’édition.
Pourquoi les éditeurs ne lisent-ils pas tout ? Mon guide fétiche étant peu loquace à ce sujet, je dois me contenter d’hypothèses. « Parce qu’ils n’ont pas le temps » est la réponse qui vient le plus simplement à l’esprit. Effectivement, ils ne doivent pas avoir le temps de tout lire, c’est mathématique.
Mais est-ce la seule raison ? A-t-on besoin de lire la totalité d’un roman pour apprécier sa qualité ?
De mon propre point de vue, la réponse a été très longtemps positive : il est extrêmement rare que je ne lise pas un roman de bout en bout et je continue à penser qu’il y a de très bons romans qui ont un commencement de moindre qualité. Je me suis rendu compte il y a peu qu’il n’en était pas de même pour tous les lecteurs et que beaucoup d’entre eux ne prennent pas la peine d’aller au-delà des premiers chapitres s’ils estiment que le livre est d’une qualité médiocre.
Le lecteur étant in fine le client de l’éditeur, même s’il y a entre les deux une foule d’acteurs, il semble normal que l’éditeur ne se risque pas à publier un roman auquel le lecteur n’accrochera pas dès le départ, surtout si l’auteur est un inconnu.
Lorsque j’avais fait relire la première mouture de mon roman à un écrivain, celui si m’avait « cassé » (je ne trouve pas de mot qui corresponde mieux) tout en me disant qu’il n’avait lu que les trente premières pages. Le souvenir aidant, je prends aujourd’hui ces remarques comme un coup de pied au cul viril et salutaire, mais sur le moment, j’avais eu un peu de mal à l’encaisser.
Je pense aujourd’hui, en tout cas en ce qui me concerne, que le début d’un roman est la partie la plus difficile à écrire. Tout le décor doit être posé sans ennuyer le lecteur. Impossible de se reposer sur le déroulement de l’intrigue pour maintenir son attention.
Comment faire ? Une question de feeling ? Un feeling qui ne peut s’acquérir qu’avec le temps, en écoutant les relecteurs. Seul le temps permet de prendre le recul nécessaire.
Et l’éditeur ? Le feeling joue aussi…et le hasard, c’est certain : comment expliquer sinon que sur les huit éditeurs, un seul a pris la peine de me faire des remarques un peu constructives ? Je pense tout de même qu’il y a une certaine objectivité dans le feeling. Comme j’ai entendu dire : « si ton roman est éditable, il sera édité ».

Edouard

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