Black swan

Nina est choisie par son chorégraphe pour interpréter le double rôle du « cygne blanc » et du « cygne noir » dans une nouvelle mise en scène du ballet de Tchaïkovski. Oie blanche par nature, Nina est faite pour le rôle du « cygne blanc ». Pour se fondre dans celui du « cygne noir », elle devra aller jusqu’au bout d’elle-même.

Je ne m’intéresse ni à la danse ni aux ballets et je ne connaissais le lac des cygnes que par le biais de la pub pour le chocolat Lindt. Pourtant, j’ai été complètement retourné par ce film comme rarement je l’ai été (le seul équivalent qui me vient à l’esprit est « Aguirre, la colère de dieu » de Werner Herzog).

Si Vincent Cassel est très bien dans le rôle du chorégraphe français, probablement inspiré de Maurice Béjart, mort en 2007, que dire de Natalie Portman ?
Belle ? Bien entendu, mais ça on le savait déjà.
La encore, il m’est difficile de trouver le mot… incroyable.
Oui, je pense qu’ « incroyable » est le mot qui convient le mieux. L’actrice ne joue pas seulement le rôle d’une danseuse, elle ne joue pas seulement le rôle d’une danseuse devant interpréter deux rôles complètement opposés au cours d’une même prestation. Non, elle va beaucoup plus loin. Elle incarne le mystère terrifiant de la création artistique : ce démon intérieur qui pousse l’être humain jusqu’à la folie pour lui faire atteindre la perfection. Natalie Portman est enceinte du cygne noir. « Black Swan » est l’histoire d’une gestation et l’accouchement est saisissant.

Content qu’un Oscar lui ait été attribué pour ce rôle. Non seulement parce qu’elle l’a à mon avis complètement mérité, mais aussi et surtout parce que cela donne de la valeur aux trophées artistiques. On a trop entendu à tort ou à raison « oui, les oscars, c’est truqué, comme la palme d’or du festival de Canne, le Goncourt… ». Peut-être qu’il n’y a pas tous les ans un chef-d’œuvre absolu et que le choix est parfois difficile. N’empêche que savoir qu’il y a un jury pour voir la réussite quand elle est là, ça fait chaud au cœur.

En surfant sur internet, j’ai vu que Natalie Portman attendait un enfant dans la vraie vie et l’on ne peut s’empêcher de faire un parallèle, d’autant plus que le père est un danseur étoile français rencontré sur le tournage de « Black Swan ».
Oui, bon, le people, normalement c’est pas trop mon truc, mais avouez que là, c’est troublant.

Edouard

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Bienvenue à zombieland

Dans un futur qui pourrait être aujourd’hui, suite à l’absorption de hamburgers contaminés, la quasi-totalité de la population des États-Unis est devenue un troupeau de morts-vivants cannibales. Dans cet univers hostile, les rares survivants tentent…de survivre.
C’est ainsi qu’un ado asocial et un brin paranoïaque croise la route d’un vieux cow-boy à qui on ne la fait pas et de deux sœurs traqueuses. Comme les zombies, les membres de la petite troupe semblent perdus, jusqu’à ce qu’ils redécouvrent le plaisir de vivre ensemble.

Pas besoin d’être très futé pour comprendre le message qui se cache derrière le scénario, mais le réalisateur a l’habileté de ne faire qu’effleurer la corde de la critique sociale pour tout miser sur l’aspect comique de la chose. L’humour de « Bienvenue à Zombieland » est celui des bonnes comédies américaines du moment (si vous avez vu « Very bad trip »…): quelques grammes de finesse dans une montagne de tartes à la crème.
On s’amuse beaucoup à suivre les aventures de nos héros au milieu de ces monstres aussi sanguinolents que pitoyables, aussi prédateurs que victimes. En effet, les zombies, qui ne brillent pas plus par le goût que par l’esprit, n’ont pas beaucoup de chance de survivre aux assauts des quatre héros surentraînés.
La cerise sur le gâteau, c’est l’intervention du génialissime Bill Murray (trop courte, mais ça fait aussi partie de l’aspect comique de la chose) qui a trouvé une technique de survie imparable : se déguiser en faux zombie.

Une autre bonne idée du réalisateur est de situer la dernière partie du film dans un parc d’attractions abandonné, ressuscité pour un temps par la petite troupe de survivants que les zombies ne tardent pas à rejoindre, au milieu des manèges, des trains fantômes et des stands de tir à la carabine.

Pour finir, encore un petit mot sur les zombies. N’étant pas particulièrement fan d’horreur et de gore, je n’avais jamais vu de film de zombies. Pas grand-chose sur Wikipédia, sinon que l’origine de ces morts-vivants serait à rechercher dans la mythologie vaudou.
À l’inverse des vampires, les zombies n’ont pas eu leur Bram Stoker et on devra attendre 1968 pour que le réalisateur Georges A Romero se décide à les faire sortir de l’ombre.
J’ai heureusement un collègue de bureau, fan du genre, qui m’a donné les rudiments indispensables à la constitution d’une culture « zombie ». Ces rudiments ne cassent pas trois pattes à un canard, mais peu importe finalement puisque cette brute sanguinaire, stupide et individualiste trouve aujourd’hui toute sa place dans la société de consommation.

Edouard

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