L’armoire des robes oubliées

L’histoire est donnée pour être celle d’une femme en fin de vie qui en essayant de vieilles robes avec sa petite fille, lui dévoile un secret de famille. Tout le monde part dans les souvenirs de la grand-mère (et mère) et de ses propres expériences.
Le secret, qui est que le grand-père a eu une maitresse, occupe un bon tiers du livre.
Les souvenirs remontent en vrac, en flash, au milieu du présent, se mélangent. Il m’a été souvent difficile de savoir qui parlait de quoi. Ce n’est qu’au bout de plusieurs lignes que je rattachais les bouts d’histoire. D’autant qu’Anna, une des petites filles a eu la même aventure qu’Eeva, la nounou maîtresse. Un livre tellement « éblouissant par la richesse de son écriture et sa sensibilité vibrante » que je l’oubliais au fur et à mesure de la lecture.
J’attendais une analyse de la façon de percevoir la mort de l’autre, un secret de famille plus… enfin… moins banal.
Le sujet m’a paru survolé avec beaucoup de remplissage et de manques.
Le grand-père était un peintre abstrait célèbre et reconnu, le livre aussi.
La Martine sur sa faim.
PULKKINEN Riikka
Albin Michel, 2012 (2010), 398 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Kafka sur le rivage

Si vous ne l’avez déjà fait, précipitez-vous sur ce chef d’oeuvre.
Kafka Tamura, quinze ans, fuit la maison de son père, près de Tokyo. Il atterrit dans une maison consacrée aux livres, devenue un musée. La gestion repose sur les épaules de la mystérieuse et fort belle Melle Saeki. Il y rencontre le séduisant Oshima-san ,de quelques années son aîné.
Le vieux Nakata prend également la route. Cet homme illettré, à l’intelligence limitée, connaît le langage des chats. Il dispose aussi de pouvoirs occultes.
Sans jamais se rencontrer, les deux personnages vivront des expériences initiatiques qui les transformeront totalement.
Poésie, humour, mystère, cruauté font de ce long conte une expérience inoubliable.
Murakami connaît les mythologies occidentales. Il revisite le mythe d’Oedipe de façon magistrale. Il y ajoute la sagesse du bouddhisme, et il pimente le tout avec Beethoven, François Truffaut, une large touche d’impressionnisme et beaucoup de mystère.
Guy.
Haruki Murakami
10/18
638 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Le mec de la tombe d’à côté

L’amant de lady Chatterley, en version soft, suédoise et contemporaine.
Désirée (!) et Benny se rencontrent au cimetière.
Elle médite sur la tombe de son mari, mort accidentellement.
Lui rend hommage à sa maman.
Elle est bibliothécaire, intello de gauche.
Il est fermier, un peu réac.
Rien ne les rapproche, et leur passion va buter sur les réalités quotidiennes.
Pas très fatigant à lire, prévisible, et loin de la passion du garde-chasse et de la châtelaine de D.H. Lawrence.
Ne pas trop choquer le lecteur, telle semble être la devise de nos auteurs de livres destinés aux demoiselles.
On ne se méfie pas assez des livres imprimés à des millions d’exemplaires, et traduits dans 356 langues.
Amitiés bof,
Guy.
Le mec de la tombe d’à côté
Katarina Mazetti – Babel – 254 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Le convoi de l’eau

Aque voilà une lecture d’été bien sérieuse, mais oh combien satisfaisante.
« Un homme étrange s’est engagé au sein d’une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d’une vallée mal connue et difficilement accessible, se révèlent les contours d’un hameau. Les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux. Au cours du terrible chantier, alors que la dynamite éventre la montagne et ébranle les maisons, le destin du narrateur entre en résonnance avec celui de la petite communauté condamnée à l’exil.
Dans des paysages dont la splendeur contraste avec la violence fruste des mœurs, cette fable sombre retrace un combat tellurique et intimiste d’une poésie inoubliable. »
Un livre épuisant, cruel et merveilleux qui m’a rappelé deux films japonais dans la même veine : « L’île nue » de Kaneto Shindô (1960) et « La ballade de Narayama » de Shohei Imamura (1983).
Au début, j’ai oublié de faire abstraction de ma culture et j’ai eu du mal à m’insérer dans le livre, puis je l’ai avalé… trop vite. Donc, je suis en train de le relire (sans juger, sans critiquer) pour apprécier les paysages et la façon de réagir des personnages.
Pour que je me rappelle « L’île nue », vue quand j’avais une douzaine d’années, c’est que l’histoire m’avait marquée. Il en sera de même pour ce livre.
Mais attention : fable sombre ! L’auteur a écrit une fable d’après des détails réels, je suppose. Dois-je en déduire que les Japonais modernes ont tous un sens du devoir exacerbé à l’extrême ? Une lecture étrange et fascinante.
La Martine émerveillée
YOSHIMURA Akira R Août.-12
Babel, 2011 (Acte sud, 2009 – 1976), 174 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

A l’abri de rien

Chacun se souvient de la situation dramatique de ces réfugiés dans le nord de la France, près de Calais, et de la gestion lamentable du ministre responsable à l’époque (2007). Ce livre raconte la prise de conscience d’une ménagère, mère de deux enfants, mariée à un homme de bonne volonté un peu borné. Négligeant sa famille, elle se lance à corps perdu dans l’aide à ces rebuts de la société. Ce livre plein de bonnes intentions reste cependant bien en deçà de ses ambitions.
On participe surtout au naufrage d’une femme qui perd tous ses repères, et qui finit par sombrer dans la folie. Était-ce bien le but de l’auteur?
Amitiés déçues,
Guy.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Salut Marie

La Vierge apparaît à Pierre Mourange, vétérinaire et incroyant, veuf inconsolable et caractère plutôt dépressif. Son médecin diagnostique une mélancolie aigüe, son frère cardiologue lui annonce que, justement, il déjeune ce jour-là avec Sainte Thérèse, ses amis ne savent que penser, et les bigotes du coin se l’arrachent.
On sourit souvent, l’auteur a du style, je le soupçonne d’avoir eu certains démêlés avec
les jésuites.

Une bonne lecture pour les vacances,

Amitiés sainte nitouche,
Antoine Sénanque
Grasset – 252 p.

Texte: Guy

Illustration: Magali

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

L’attente de l’aube

Le roman parfait.
On y trouve :  dépaysement, amour, trahison, espionnage, suspense, humour.

1913: un jeune comédien, Lysander Rief se rend à Vienne afin de consulter un élève de Sigmund Freud. Il voudrait trouver une solution à son anorgasmie (pour ceux qui ne connaissent pas: la situation dans laquelle se trouve un homme qui présente les armes sans arriver au terme normal et espéré du rapport sexuel). La solution, il la trouvera dans la salle d’attente du psychanalyste en la personne de Hettie, une fort jolie Anglaise passablement dérangée, cocaïnomane de surcroît.
Tout cela dès les premières pages.
Forcé de fuir Vienne (nous sommes à la veille de la première boucherie mondiale), il sera intégré de force dans les services d’espionnage anglais , qui l’envoient à Genève, puis sur le front en France, et enfin à la recherche d’un traître au sein de la machine de guerre anglaise.

William Boyd, duquel j’ai lu pratiquement tous les livres, est ici en forme olympique. Sans aller jusqu’à la promesse de Bernard Pivot, qui  un jour à Apostrophes avait promis de rembourser ceux qui n’avaient pas aimé un autre ouvrage de Boyd, je ne crains pas d’engager ma réputation en vous conseillant la lecture de ce formidable roman toutes affaires cessantes.

En prime, pour les amateurs, on rencontre le grand Sigmund en personne dans un café viennois.

Amitiés romanesques au carré,

Guy.

William Boyd – Seuil – 412 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Tibet or not Tibet

Qu’est-ce que j’ingurgite comme navets, sous prétexte qu’il fait chaud et qu’il faut rester à l’ombre l’après-midi, que c’est l’été, qu’il faut se détendre, que…
Juste un résumé sur 5 ou 6 pour vous faire apprécier mon désarroi.
Vous avez le droit de rire si vous arrivez à suivre le résumé. J’ai sauté beaucoup de pages…

Troublante histoire sombre d’OGM modifiés pour exterminer de la planète le péril jaune et celui, non moins périlleux, des musulmans. Le rêve américain de gens d’extrême droite. Sont impliqués : le vice-président américain et son homologue anglais (ou quelque chose comme ça.), des espions repêchés par-ci, par-là, plus ou moins issus de la CIA et du Foreign Office plus quelques scientifiques sur le point de découvrir la vérité et qui se font descendre, plus 3 nénettes plus ou moins scientifiques ou matheuses, mais écolos qui racolent un prof de conf. que deux d’entre elles ont connu dans une vie antérieure bouddhiste, ce qui facilite les choses pour se le taper. Vous rajoutez des relations bien placées (du côté des bons, rien moins que le prince Charles et sa reine mère), un espion qui passe du camp des méchants à celui des bons et un lama qui laisse un message dans une grotte de Dordogne alors qu’il est mort depuis 1200 ans.

Vous obtenez quelque chose d’assez indigeste et très difficile à suivre, surtout la partie Tibet et ses rites messianiques.

Attention, je dévoile la fin de ce suspense insoutenable : Jésus le Sauveur du Monde n’est autre que le prof de conf.

Je n’ai pas trouvé la traduction de conf. Sûrement pas « conférence », beaucoup trop sérieuse.

La Martine déconfite.

DORDJÉ Péma
Phébus, 2006, (2004), 344 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

La carte et le territoire

Prix Goncourt 2010

Ce titre mystérieux cache une expression employée dans une méthode thérapeutique dénommée PNL (programmation neurolinguistique).
Ma carte n’est pas ton territoire.
Si j’écris ceci, ce n’est pas pour faire le malin, mais pour constater que l’ami Houellebecq semble avoir fait du chemin depuis ses livres précédents, en particulier ‘La possibilité d’une île’, où il flirtait avec la secte des raëliens.
Beaucoup moins provocant que ses autres livres , celui-ci raconte la vie somme toute assez morose de Jed Martin, artiste en vogue dans les cénacles parisiens.
Sa notoriété lui vient d’un travail photographique à partir de cartes Michelin (tiens, voilà encore les cartes). Il n’arrivera pas à sauver l’amour de la très belle Olga. Il n’arrivera pas non plus à empêcher l’assassinat de Michel Houellebecq himself. On rencontre dans ce livre de multiples personnages en pleine actualité: Bill Gates, Roman Abramovitch, Frédéric Beigbeder…

Tout cela est bien ficelé, plutôt péteux par moments (trop?) moderne.
Passionnant sûrement.

Voilà quelqu’un qui nous réservera encore bien des surprises.

Amitiés cartographiques,

Guy.

La carte et le territoire- Michel Houellebecq – J’ai Lu- 414 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.

Les grilles du parc Monceau

Un auteur renseigné par une charmante correspondante. Patrick Virelles (1939-2010), auteur belge, est mort dans l’indifférence et l’alcool (ou le contraire), suite à une vie mouvementée.
Le livre, qui me laisse un peu perplexe, raconte la vie d’un verbicruciste (celui qui imagine les mots croisés). Le cruciverbiste, c’est vous et (parfois) moi. L’auteur est fou de mots, le sujet lui va comme un gant. Mais il en remet une couche. On parle en Belgique d’un zwanzeur, que je traduirais par déconneur. Les scènes avec l’accent parigot m’ont semblé plutôt pénibles.

Je me suis par contre bien amusé avec certaines définitions, comme:

Définition: une scie à ranger avec le marteau et la faucille
Réponse: l’ Internationale (pardon aux nostalgiques)

Déf. : Sa route fait des vagues
Rép. : rhum

Déf. : Ne fut pas embarrassé par le complexe d’ Oedipe
Rép. : Adam

Pour ceux qui aiment chercher un peu:
Déf. : Couvre feu
Réponse en 7 lettres.

Amitiés tordues,

Guy.
Patrick Virelles – Verticales – 381 p.

Rejoignez Azimut sur Facebook en cliquant ici et soyez prévenu de toute nouvelle publication.