Le retour de la brosse à dents

Depuis un an, « n’oubliez pas les paroles » clôturait mes journées de boulot. C’était un jeu tout simple et c’est sans doute sa simplicité qui en faisait le charme. C’est vrai, les candidats ne chantaient pas tous bien, mais il y avait un quelque chose de « bon enfant » sur le plateau qui rendait cette émission sympathique qui faisait une ambiance de fond idéal permettant de faire tout un tas de choses en jetant un œil sur l’écran de temps en temps. Nagui aussi semblait comme un poisson dans l’eau dans cette sorte de « Taratata pour les nuls ». Bref, j’étais complètement fan de « n’oubliez pas les paroles ». Et puis, patatras, j’ai appris il y a deux semaines que « mon » émission allait être remplacée par « chéri(e), fais les valises ! ». Le titre m’a immédiatement alerté. Certes le «(e)» laissait une lueur d’espoir; « chérie, fais les valises » aurait été la fin de tout, le retour aux clichés machistes des années 50 du genre « maman est dans la cuisine pendant que papa lit son journal ». Mais qui a fait attention à la parenthèse ? Pas moi en tout cas puisque je viens de regarder le titre exact dans le programme télé. Comme si le titre ne suffisait pas à démolir d’emblée le jeu, France 2, dans les flashs sensés nous donner envie de regarder la chose, montrait un Nagui surexcité déguisé en Iznogoud qui ne présageait rien de bon.

De retour du boulot ce soir, en sevrage de ma demi-heure quotidienne de karaoké, j’ai décidé d’accorder une ultime chance au présentateur.

À 19h pétante, il est arrivé dans son costume d’Iznogoud, juché sur le dos d’un éléphant. Devant un public entièrement déguisé, il s’est mis à sélectionner quelques candidats à l’aide d’un quizz. Ensuite nous avons eu droit à un remake d’interville sans les vachettes pour une deuxième sélection, ensuite…j’ai déjà presque tout oublié… à oui, encore un quizz avec des valises qui tournent sur un tapis roulant d’aéroport. Et pour finir, je vous le donne en mille…(roulement de tambour), un schmilblick !!! Oui, mais pas n’importe quel schmilblick, un schmilblick avec un coffre magique qui parle (là, c’est plus du interville, c’est carrément du Chantal Goya).

Et là, moi je dis « stop ». Pourquoi ? Pourquoi Nagui ? Tu t’étais déjà pourtant vautré avec « n’oubliez pas votre brosse à dents » ? Tu sais bien que ça ne marchera pas, ce gloubiboulga à base de vieux trucs télévisuels complètement éculés ? Comment peux tu ne pas comprendre que les gens qui rentrent du boulot ont envie d’un truc sympa et reposant et pas d’une agitation complètement débile ? Combien de temps ça va durer ce truc ? Une semaine ? Deux semaines ? Un mois ? Si dans un mois tu ne nous a pas rendu « n’oubliez pas les paroles »…tu seras plus mon copain.

Edouard

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Oscar Wilde et le jeu de la mort

Londres, 1892. Oscar Wilde réunit 13 personnes autour d’une table et leur propose une partie de « jeu de la mort ». Pour jouer, chaque participant doit inscrire le nom d’une personne qu’il voudrait voir morte sur un bout de papier. Tous les bouts de papier sont regroupés dans un chapeau. Après, les « victimes » sont retirées une à une du chapeau, le but du jeu étant de retrouver le « meurtrier » correspondant.

Inconditionnels d’Oscar Wilde, des romans policiers « à l’ancienne » et des corporations masculines « so british », ce livre est fait pour vous.

Je ne fais pas partie du lot. Je ne conteste pas que la lecture du roman est agréable ni que les recherches faites par Gyles Brandreth sur la société victorienne sont intéressantes. L’époque est intéressante aussi. C’est un hommage aux années les plus fastueuses de la vie de l’écrivain. Trois ans plus tard, Oscar Wilde sera jugé et condamné pour homosexualité. Sa déchéance se poursuivra pendant plusieurs années et se terminera à Paris où l’auteur mourra en 1900.

Qu’est-ce qui ne va pas ? Je trouve le caractère « précieux » du style tout comme les aphorismes permanents d’Oscar Wilde un peu écœurants. L’académisme du roman me semble désuet. Tout est lisse, la psychologie des personnages n’est pas très creusée. Pour moi, un roman policier doit être plus qu’un « who done it ? » (qui a fait le coup ?) dont les romans d’Agatha Christie sont l’archétype. Il est vrai que la forme qui évoluera plus tard dans des directions aussi diversifiées que le « Thriller » et le « polar » était encore très académique à l’époque de Wilde. Il faudra attendre des décennies pour que le style « policier » se marie avec la plupart des genres littéraires. Gyles Brandreth respecte visiblement les codes de l’époque et sans doute aussi ceux d’Oscar Wilde qui était un grand théoricien de l’ « esthétisme » en littérature.

Je n’ai donc pas grand-chose à reprocher à cet ouvrage, en dehors du fait qu’il n’est pas ma « cup of tea ».
Oscar Wilde et le jeu de la mort
Gyles Brandreth
10/18
2010

Edouard

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Black swan

Nina est choisie par son chorégraphe pour interpréter le double rôle du « cygne blanc » et du « cygne noir » dans une nouvelle mise en scène du ballet de Tchaïkovski. Oie blanche par nature, Nina est faite pour le rôle du « cygne blanc ». Pour se fondre dans celui du « cygne noir », elle devra aller jusqu’au bout d’elle-même.

Je ne m’intéresse ni à la danse ni aux ballets et je ne connaissais le lac des cygnes que par le biais de la pub pour le chocolat Lindt. Pourtant, j’ai été complètement retourné par ce film comme rarement je l’ai été (le seul équivalent qui me vient à l’esprit est « Aguirre, la colère de dieu » de Werner Herzog).

Si Vincent Cassel est très bien dans le rôle du chorégraphe français, probablement inspiré de Maurice Béjart, mort en 2007, que dire de Natalie Portman ?
Belle ? Bien entendu, mais ça on le savait déjà.
La encore, il m’est difficile de trouver le mot… incroyable.
Oui, je pense qu’ « incroyable » est le mot qui convient le mieux. L’actrice ne joue pas seulement le rôle d’une danseuse, elle ne joue pas seulement le rôle d’une danseuse devant interpréter deux rôles complètement opposés au cours d’une même prestation. Non, elle va beaucoup plus loin. Elle incarne le mystère terrifiant de la création artistique : ce démon intérieur qui pousse l’être humain jusqu’à la folie pour lui faire atteindre la perfection. Natalie Portman est enceinte du cygne noir. « Black Swan » est l’histoire d’une gestation et l’accouchement est saisissant.

Content qu’un Oscar lui ait été attribué pour ce rôle. Non seulement parce qu’elle l’a à mon avis complètement mérité, mais aussi et surtout parce que cela donne de la valeur aux trophées artistiques. On a trop entendu à tort ou à raison « oui, les oscars, c’est truqué, comme la palme d’or du festival de Canne, le Goncourt… ». Peut-être qu’il n’y a pas tous les ans un chef-d’œuvre absolu et que le choix est parfois difficile. N’empêche que savoir qu’il y a un jury pour voir la réussite quand elle est là, ça fait chaud au cœur.

En surfant sur internet, j’ai vu que Natalie Portman attendait un enfant dans la vraie vie et l’on ne peut s’empêcher de faire un parallèle, d’autant plus que le père est un danseur étoile français rencontré sur le tournage de « Black Swan ».
Oui, bon, le people, normalement c’est pas trop mon truc, mais avouez que là, c’est troublant.

Edouard

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Edition et écriture

Un jour, je considérerai que mon roman est abouti, que j’aurai fait le maximum pour prendre en compte les observations de mes relecteurs et que je ne vois plus ce que je peux ajouter à l’édifice.
Ce jour-là, je déciderai d’envoyer mon roman à plusieurs éditeurs en espérant bien entendu d’être retenu par l’un d’entre eux. Les statistiques ne sont pas là pour me rassurer : 1 à 3/100 de chances de me faire éditer dans une petite maison, 1 à 2/1000 dans une moyenne et 1/1000 dans une grande (« comment se faire éditer » édition 2009).
C’est le rêve de tout auteur de figurer dans les 1/1000, mais pour éviter les risques de déprime à la réception de réponses négatives, mieux vaut être modeste et se préparer à l’hypothèse du rejet, sans pour autant s’avouer vaincu.
Comment se préparer ?
En premier lieu, essayer de me mettre dans la peau de l’éditeur et admettre que les raisons pour lesquelles il retiendra ou non mon roman m’échapperont toujours en partie. La caricature du genre est celle de l’éditeur allemand qui vient me chercher pour éditer mon mémoire de DESS (voir « édition et destin » et « édition et rectangle »). Je ne connaîtrai certainement jamais le fin mot de cette histoire.
En second lieu, me dire qu’un éditeur fait fabriquer et diffuse des livres. Que si le choix par un éditeur signifie une certaine reconnaissance, ce n’est pas non plus une consécration. Tous les ouvrages édités ne sont pas des chefs-d’œuvre (je sais, j’en ai lu) et les ouvrages non édités ne sont pas tous à jeter à la poubelle (je sais, j’en ai lu).
Troisièmement, me demander ce qui fait la qualité d’un livre, travailler et retravailler mes textes, écouter mes relecteurs, me remettre en question, me demander ce que je veux dire a mes lecteurs, me demander ce que mes lecteurs voudraient ce que je leur dise, me dire qu’avec l’expérience, le prochain livre ne pourra qu’être meilleur que le précédent.
Enfin, et c’est le plus important, me dire que je n’écris pas uniquement pour être édité, mais que je le fais par plaisir, me dire que si écrire ne m’apporte plus rien, il ne faut pas continuer.
Me voilà équipé…au boulot !!

Edouard

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True Grit

Mattie Ross, une gamine de 14 ans, fait appel au chasseur de prime Rooster Cogburn pour venger son père de Tom Chaney, l’homme qui l’a tué. Dans leur traque, ils sont accompagnés par Laboeuf, un autre chasseur de prime chargé de capturer le même homme pour un crime commis sous une autre juridiction.

42 ans après Henry Hathaway, Joël et Ethan Coen reprennent à leur sauce « cent dollars pour un shérif ». Dans le rôle de Cogburn, Jeff Bridges reprend le rôle initialement occupé par John Wayne.

Paris Première a eu la très bonne idée de programmer le film d’Hattaway le lendemain de la sortie du film des Coen. En regardant successivement ces deux films, j’ai donc enfin pu essayer de percer le secret des champions de la caricature de l’Amérique profonde.

Le film d’Hattaway est archi classique et d’une mièvrerie affligeante : un western « à l’ancienne » digne des années 50 et tourné en 1969, 3 ans après le très moderne « Le Bon, la Brute et le Truand » de Sergio Leone.

La différence entre les deux films n’est à première vue pas à rechercher dans le scénario. Certains plans et dialogues de True Grit sont même des copier-coller de « cent dollars… » La différence la plus flagrante tient tout d’abord aux acteurs.
La Mattie d’Hattaway est une caricature de garçon manqué monté en graine et ses rapports avec Cogburn restent ceux d’une enfant et d’une « grande personne ». Celle des Coen a une féminité toute en devenir et sa relation avec le chasseur de prime est comparable à celle de Natalie Portman et Jean Raino dans Leon. Jeff Bridges semble moins fatigué et plus délicieusement décadent que John Wayne et Matt Damon est moins niais que le « Laboeuf » de 1969.
Ce qui change dans le scénario, ce sont d’abord les proportions. Les Coen ne s’attardent pas sur les conditions de la mort du père de Mattie, ni sur tout un tas de détails secondaires qu’ils évoquent, mais qu’on comprend mieux chez Hattaway. Ils se concentrent sur la traque de Chaney dans un grand ouest désertique au milieu duquel ils sèment des personnages paumés et mille et un détails loufoques qui font leur marque de fabrique.
La principale différence scénaristique tient en fait dans les 15 dernières minutes de True Grit. Cette fin donne une magie, une profondeur et une noirceur scotchante au film qui n’existait bien entendu pas dans la version de 69. Cette fin, qui montre que les blessures les plus profondes sont souvent inattendues et que l’héroïsme le plus fort n’est pas forcément le plus visible, fait de True Grit un film drôle et dur qui me marquera durablement.

Edouard

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Valentin, une histoire d’amour

IIIe siècle après Jésus Christ, sous le règne de l’empereur Claude II, Théophraste, un médecin renommé d’Alexandrie, décide de prendre sous son aile un jeune apprenti prénommé Valentin. Quelques années plus tard, nous retrouvons Valentin à Rome. Devenu un médecin hors pair, il va s’élever dans la société et, pour le meilleur et pour le pire, va faire la rencontre de Julia, la fille aveugle d’un directeur de prison.

Qui était saint Valentin ? A-t-il existé ? Y a-t-il eu plusieurs individus derrière le saint ? Personne ne le saura jamais.

Du récit peu scientifique relaté 1000 ans après les faits par Jacques de Voragine dans sa « légende dorée », Chet Raymo ne retient que l’époque et la fille aveugle d’un fonctionnaire romain.

Il fait de Valentin un personnage crédible, un libre penseur (un peu trop moderne peut-être) évoluant dans un empire décadent. Il observe avec curiosité la progression rampante du christianisme qui, très peu gênée par les fauves des cirques auxquels ses adeptes sont jetés en pâture, poursuit inexorablement sa course.

Certes, le style n’est pas extraordinaire (la faute du traducteur ?) mais l’action est bien rythmée et l’histoire d’amour est bien belle. Au début, j’ai goûté ce roman comme j’ai goûté à 15 ans les jolis romans d’aventure un peu naïfs de René Barjavel. Mais il ne faut pas s’y tromper. Au-delà du récit épique, il y a toute une réflexion historico-philosophique très intéressante sur l’avènement du christianisme et sur ce qu’à pu être l’existence des premiers saints du calendrier.

Il y a aussi dans l’ouvrage des préoccupations plus contemporaines. Derrière la critique des jeux du cirque, on devine sans peine une mise en garde contre les pouvoirs pervers des médias et, à travers le regard que l’auteur porte sur la société romaine, on perçoit une recherche dépourvue de manichéisme sur les rapports complexes qu’entretiennent « religion », « sagesse » et « fanatisme ».
Un très beau livre à lire seul ou même à deux.
Valentin, une histoire d’amour
Chet Raymo
Belfond
2007

Edouard

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Une odeur de « free » pourri

Les médias l’avaient largement annoncée, la hausse de la TVA sur les fournisseurs d’accès internet/télévision/téléphone, est intervenue le 1er février 2011. Jeudi 3- En rentrant du boulot : pas d’internet, pas de téléphone et, bien entendu, plus de télé. J’essaie d’appeler free qui me propose d’une part d’adhérer à la nouvelle freebox révolution, et tout, et tout…en appuyant sur « 1 » ou de me diriger sur un conseiller client susceptible de résoudre mon problème en appuyant sur « * ». La nouvelle freebox…rien à foutre. Il va falloir ramener l’ancienne, refaire les branchements… je connais la musique. Moi, ce que je veux, c’est quelqu’un qui me dise pourquoi ça marche pas. Manque de chance, une boîte vocale m’annonce qu’ « en raison d’un grand nombre d’appels, il n’est pas possible de me mettre en relation avec un conseiller client ». Ok, c’est un problème réseau, il faut attendre. Vendredi 4- Pas beaucoup d’amélioration. A partir de 23h00, internet et le téléphone reviennent un peu. Le standard est toujours inaccessible et je ne veux toujours pas la nouvelle « freebox ».Samedi 5- Nette amélioration du téléphone et d’internet mais pas de télé. Je vais voir sur le portail free, rien de précis.Dimanche 6- Idem.Lundi 7- La même chose. Je commence à me rendre compte qu’on peut très bien vivre sans télé, avec des CD, des bouquins et des DVD.Mardi 8- Pas mieux. Ca m’énerve quand même cette histoire de télé. Je pense à une petite application humoristique qui circulait en 2004, au moment de la réélection de Bush. L’internaute avait en apparence le choix de voter Kerry mais techniquement, c’était impossible. Et si ce « grand nombre d’appels » était une vaste connerie nous obligeant à acheter la nouvelle « freebox » ? Et si acheter la nouvelle « freebox » était en fait le seul moyen d’avoir à nouveau la télé ?Mercredi 9- Je veux en avoir le cœur net. Je veux parler à quelqu’un et après trois essais infructueux, trois « en raison d’un grand nombre d’appels… », je décide d’appuyer sur « 1 », espérant tomber sur un être humain. Ma naïveté me perdra. Une boîte vocale me remercie d’avoir acheté la nouvelle freebox et m’informe qu’un mail m’a été envoyé. Je vais voir et là, on m’annonce que le je devrai payer 57€ pour avoir la nouvelle freebox. 

Aaaaaargh, je me suis fait zéber !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ils l’emporteront pas au paradis des triple play, les salopards !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Que faire ? Changer de fournisseur d’accès ? Je doute fort que les autres soient moins requins.  Non, il n’y a que deux choses à faire. Hurler ma haine de la société de consommation sur mon blog et aller payer ma nouvelle freebox.

Edouard

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Le Zubial

« Le Zubial » est le nom qu’Alexandre Jardin et ses frères donnaient à leur père, Pascal Jardin, écrivain et scénariste mort d’un cancer en 1980. « Le Zubial », aux dires de l’auteur qui avait 15 ans au moment de sa disparition, était un être hors normes. Un personnage extravagant qui refusait toute barrière sociale ou morale susceptible de brider sa créativité : un personnage de roman échappé dans la vraie vie, comme l’explorateur de « la rose pourpre du Caire » de Woody Allen.

Je n’ai suivi que distraitement les polémiques autour du dernier livre d’Alexandre Jardin dans lequel il parle du passé vichyste de son grand-père et je ne ferai donc pas d’analogie entre ces deux ouvrages.

Ce que je peux dire, c’est que ce bouquin m’a beaucoup énervé. Enfin, c’est plus l’auteur que l’ouvrage qui m’a énervé. Il y a quelque chose d’assez incroyable chez Alexandre Jardin. Sa naïveté et son immaturité sont d’autant plus désarmantes qu’il ressort tout de même quelque chose d’intéressant du livre : une réflexion sur le poids du père, sur le poids d’une famille et sur l’identité d’une famille résumée à l’image du père. Ces éléments, il les évoque pourtant bien, mais on a le sentiment que c’est par hasard et qu’il n’y fait pas vraiment attention.

On comprend que l’auteur a écrit cet ouvrage pour se soulager du chagrin consécutif à la perte de ce géniteur écrasant à côté duquel il s’est toujours senti « petit garçon » ; de ce père qu’il a tenté d’effacer de sa mémoire pendant de nombreuses années sans jamais y arriver.
Qu’on puisse être fasciné par son papa à 15 ans, ce n’est pas anormal; mais qu’à 32, on dise « il m’a légué une certaine idée de l’amour, tant de rêves et de questions immenses que, parfois, il m’arrive de me prendre pour un héritier », je trouve que s’est inquiétant.
Comme s’il lui était impossible d’imaginer sa vie autrement qu’en la mesurant à l’aune de celle de son père. Ses préoccupations sont peut être finalement celles de tous les « enfants de… » qui ont du mal à exister à côté de l’aura laissée par leur père ou leur mère (Charlotte Gainsbourg, Paul Belmondo, Anthony Delon, Thomas Dutronc…), mais elles n’en restent pas moins effrayantes !
On a envie d’appeler Alexandre Jardin et de lui dire : « Mais qu’est ce que tu sais vraiment de ton père ? Qu’est ce que tu sais de quelqu’un que tu n’évoques qu’à travers ses cabrioles ? Ne serait-il pas temps de te demander qui il était vraiment ? Mais peut être qu’au fond de toi tu as envie de continuer à te persuader qu’il n’était pas vraiment humain, qu’il était autre chose ; qu’il était un « Zubial » ? ».
Le Zubial
Alexandre Jardin
Folio
1999

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Edition et rectangle

L’objet de la rubrique « édition » était initialement de faire partager les différentes étapes allant de la finalisation de la toute première mouture d’un roman jusqu’ à son édition. Je ne savais pas où cette rubrique me mènerait, mais elle me permettait de mettre de l’ordre dans mes idées tout en communiquant des informations susceptibles d’intéresser d’autres auteurs en quête d’éditeur.
Deux événements ont modifié sensiblement la trajectoire initiale. Tout d’abord, à l’issue des différents retours de mes relecteurs, je me retrouve à nouveau dans une phase d’écriture qui retardera l’envoi aux éditeurs et donc la publication.
Le second événement a été relaté dans « édition et destin ». C’est la proposition étrange d’une maison d’édition allemande de publier mon mémoire de fin d’études. J’ai douté du sérieux de cette proposition jusqu’au bout, mais aujourd’hui, je dois bien admettre qu’il s’est passé quelque chose puisqu’en rentrant chez moi ce soir, j’ai trouvé un coli sur lequel il y avait une inscription écrite en allemand et à l’intérieur, un objet rectangulaire constitué d’une couverture et d’un dos cartonnés, ainsi que d’une quarantaine de feuilles remplies d’encre, de lettres et de mots : mon « livre ». Ça me fait un peu mal de penser que cette chose est un « livre ». Disons que c’est mon mémoire de DESS écrit il y aura bientôt dix ans et présenté sous forme de livre.
C’est de l’argent vite gagné pour la maison d’édition (éditions universitaires européennes). J’ai tout saisi en ligne, j’ai choisi le titre et le sous-titre, j’ai choisi la photo pour la couverture, j’ai rédigé le quatrième de couverture et un mini-texte pour me présenter. Je n’avais pas pris la peine de relire le document et les fautes d’orthographe et autres coquilles que le lecteur pourra trouver dans l’ouvrage sont celles laissées il y a dix ans dans l’exemplaire remis à mon directeur de DESS. Ils n’ont fait aucun travail de relecture et ils vendent ça 39€ (avec 12% de droits d’auteur pour moi) !? Je suis honteux aujourd’hui de m’être livré à ce petit jeu qui me rapportera peut-être quelques euros.
Pour me faire pardonner, je m’engage à envoyer mon mémoire sous forme de fichier Word à toute personne intéressée par « la rédaction de mémoires contentieux en droit de l’urbanisme ». Il suffit pour cela de m’envoyer un message en cliquant sur « me contacter », en bas de la colonne de gauche du blog.

Edouard

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The Green Hornet

Brit est le fils de James Reid, un homme d’affaires très occupé. Depuis son enfance, il rêve de devenir un super héros et s’entête dans cette voie en dépit des coups qu’il prend et malgré les réprimandes de son géniteur.

Vingt ans plus tard, le justicier en herbe est devenu « fils à papa », un branleur pété de tune qui vit sa vie comme une teuf permanente.
Son existence va basculer le jour où son père va mourir des suites d’une piqûre de frelon (« hornet » en anglais). Libéré du joug paternel, il va réaliser son rêve de gosse et devenir « the green hornet ».

Michel Gondry, réalisateur français intégré depuis dix ans dans les rouages des productions hollywoodiennes, notamment auteur du très psychanalytique « eternal sunshine of the spotless mind », ouvre une nouvelle fenêtre dans l’univers des supers héros.

« The green hornet » n’est pas un extra-terrestre comme « superman » ni un justicier dans l’âme comme « Batman ». Il n’est pas non plus un individu ayant acquis des super pouvoirs par accident comme « Hulk » ou « Spiderman ». Brit n’est rien de tout ça. Il est un super héros parce que la vie d’un super héros, « c’est trop cool !! »
Bien entendu, ne devient pas super héros qui veut. Gondry va donc aider le destin du super-gamin attardé en lui mettant « Kato » entre les mains, un acolyte archi doué en mécanique et en arts martiaux. Ainsi équipés, les deux super-copains vont se mettre en quête d’un super méchant : un « Joker » ou un « docteur Octopus » sans lequel les surhommes ne peuvent pas vraiment exister.
Ils vont le trouver en la personne d’un truand super ringard en quête d’identité (« Christoph Waltz », l’officier nazi d’ « Inglorious Basterds » de Tarantino).
Bon, on a les héros, on a les gadgets, on a le méchant. Qu’est-ce qui manque? Une femme !! Ce sera « Leonore Case » incarnée par « Cameron Diaz » que les deux justiciers trouvent un peu vieille (36 ans dans le film, 38 dans la vie, peut être 37 au moment du tournage), mais finissent par adopter.
Tous les ingrédients sont là ? À vos marques ! Prêt ! Partez !! Le résultat est très efficace : ça va vite, ça cogne, ça bouge dans tous les sens, c’est extrêmement drôle et c’est moins bête que ça en a l’air : un très bon film pour commencer l’année.
Edouard

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