Autoportrait de l’auteur en coureur de fond

Quand un grand écrivain dévoile une facette ignorée de sa vie.
Le jour où il vend son club de jazz, il arrête de fumer et commence à s’entraîner à la course de fond.
Depuis lors, il n’a pas cessé.
À son actif, de nombreux marathons, des triathlons (natation 1500 m, cyclisme 40 km, course à pied 10 km), et même un super-marathon de 100 km. Décourageant pour un sportif du dimanche tel que moi.
« Une grande partie de mes techniques de romancier provient de ce que j’ai appris en courant chaque matin ».
André Clavel a écrit dans l’Express: « L’homme aux semelles de vent qui dévore les mots et le bitume avec la même fringale ». Joliment dit, non?
Une belle méditation sur la vie, par un homme qui finira, j’espère, par remporter un jour le prix Nobel de littérature.
Amitiés hors d’haleine,
Guy.
Haruki Murakami – 10/18 – 220 p.

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Nageur de rivière

Le grand Jim semble se focaliser sur la forme de livres contenant deux ou trois longues nouvelles.
Celui-ci en contient deux.
1. Au pays du sans pareil.
Clive, 60 ans, retourne au Michigan pour s’occuper de sa vieille mère pendant un mois. Ce contact avec le passé dans la ferme familiale lui redonnera un nouvel élan et une nouvelle joie de vivre.
2. Nageur de rivière.
Thad, adolescent de sang indien, cherche son identité au bord du lac Michigan, dans une ferme solitaire.

Les personnages de Jim Harrison ont toujours quelque chose à nous raconter.

Clive le sexagénaire, peintre raté (quoique…) et critique d’art redouté, rumine son divorce, et tempête encore contre une amazone qui a taché son beau costume avec de la peinture jaune lors d’une conférence. Il retrouvera sa joie de peindre dans la ferme de son enfance.
Thad le gamin se met en tête de rejoindre Chicago à la nage. Et il y arrivera.
Deux apprentissages, l’un à l’automne, l’autre au printemps de la vie.
Deux histoires humaines, sensibles, sensuelles, un vrai bonheur.
Amitiés vivifiantes,
Guy.
Jim Harrison – 257 p.

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En finir avec Eddy Bellegueule

Un « best-seller ». J’ai hésité un moment à le lire. Un livre à la mode après le « mariage pour tous ». Les « exclus » montent régulièrement au créneau pour faire l’actualité, diversion, puis retombent dans l’oubli. Une passade de notre monde égoïste, je suppose…
Eddy est du 3e sexe depuis sa naissance : il a une voix aiguë, fait de grands gestes en parlant. Ses parents, ses copains, les gens du village le trouvent maniéré, un rien « gonzesse ».
Je ne pense pas que le fait d’avoir été élevé dans un milieu pauvre et sans culture soit réellement marquant pour son dénie. Il est évident qu’ayant un modèle « d’homme » bagarreur et alcoolique ne l’a pas aidé.
S’il était né dans une famille bourgeoise, il aurait été, aussi, la honte de sa famille qui l’aurait, quand même, poussé à la « normalité ».
« Ce livre est une tentative pour comprendre. » L’action se situe dans les années 90 et nous raconte son parcours, ses excès, ses émotions, sa soumission aux coups, ses essais (voué à l’échec, bien sur) pour ressembler à ses copains et faire « comme tout le monde ». Il a entre 10 et 15 ans.
Il paraît que maintenant, il « s’en est sorti » et s’accepte tel qu’il est. Tant mieux !
Mais qu’en est-il de la société ?
Dernièrement, quelqu’un de plutôt cultivé et que je croyais évolué m’a dit : « Ils ne sont pas normaux, quand même. »
Qu’est-ce que la normalité ? À partir du moment où nous n’acceptons pas la différence (couleur, sexe, religion, etc.), le monde évolue-t-il vraiment ?
Revoir la théorie du fascisme sur les asociaux…
Les souvenirs nous sont racontés dans le désordre en sautant du coq à l’âne ce qui en rend la lecture assez difficile sinon, il est honnête. Mais, il ne m’a rien appris de plus sur le sujet.

La Martine…

 

LOUIS Edouard

Seuil, 2014, 220 p.

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Quattrocento

« 1417 : un grand humaniste florentin découvre un manuscrit perdu qui changera le cours de l’histoire… ».
Le résumé inscrit sur la couverture, au-dessus d’une image de livre ouvert aux couleurs acidulées ne m’a pas vraiment rassuré et, si un bandeau attaché à l’ouvrage n’avait pas précisé qu’il avait reçu le prix Pulitzer 2012, j’aurais diagnostiqué un sous Dan Brown et passé mon chemin sans y prêter plus d’attention.
Ce récit de la redécouverte au XIVe siècle de « De rerum natura » (de la nature des choses) écrit par le poète et philosophe latin Lucrèce (1er siècle avant Jésus Christ) est passionnant.

Le redécouvreur n’est autre que le Pogge, secrétaire apostolique du pape Jean XXIII, destitué au concile de Constance (1414), laissant ainsi un nom de pape libre qui sera repris presque 550 ans plus tard par Angelo Roncalli.
Quattrocento n’est pas un roman, mais s’appuie sur des recherches historiques, d’où le prix Pulitzer. Je ne suis toutefois pas tout à fait convaincu que la redécouverte de « De rerum natura » ait pu à elle seule enclencher le mécanisme conduisant à la renaissance, mais la thèse est intéressante.
L’auteur explique de manière très didactique que le livre au moyen âge était une chose rare, tout comme les lecteurs et que si la culture antique a progressivement disparu, ce n’est pas tant du fait d’une censure imposée par l’Église que par un oubli progressif des textes anciens. Les copistes n’étaient pas très nombreux et, étant exclusivement des clercs, se consacraient avant tout aux textes sacrés. On pense beaucoup au « nom de la rose » en lisant « quattrocento ». L’énorme bibliothèque labyrinthique imaginée par Umberto Ecco n’a jamais existé, mais peut être que l’ombre de « de la nature » se cache derrière le prétendu ouvrage d’Aristote sur le rire, jalousement caché par les moines.
« De la nature », niait la vie après la mort, le rapport direct entre les dieux et les hommes et érigeait en seul principe de vie la recherche du plaisir dans un univers qui n’était finalement qu’un agglomérat d’atomes. Pour les gardiens des dogmes chrétiens, il avait sans doute plus de raisons qu’un autre texte antique d’être oublié, mais ne le fût pas. C’est effectivement incroyable qu’un exemplaire en ait été conservé dans un monastère allemand au XVe siècle. Sans doute avait il été recopié par un moine qui, comme tant d’autres, fut séduit par la grande beauté poétique de l’ouvrage et privilégia la forme au fond. Mais l’objet ne peut faire à lui seul la découverte et ce qui importe est au moins autant qu’il surgisse dans une société prête à lui donner du sens, c’était effectivement le cas du XVe siècle italien qui allait initier un tournant majeur de la culture occidentale. Celle-ci allait en effet devenir un syncrétisme entre le message chrétien et la culture antique. Le questionnement permanent de l’une par l’autre fut, plus que l’ouvrage de Lucrèce à lui seul, le moteur de son évolution.
Stephen Greenblatt
Flammarion
2013
Edouard

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Solo

Mission impossible pour William Boyd.
Faire revivre James Bond, icône des golden sixties, relevait de la gageure.
L’agent secret est envoyé au Zanzarim, afin d’y mettre fin à une guerre civile sanglante. Rien de moins.
Il y rencontre une ravissante métisse, sera rapatrié grièvement blessé, et continuera sa mission de son propre chef (Solo) en se rendant à Washington. Il lui arrivera des broutilles, de même qu’à sa complice, et au méchant de service.
La pirouette finale m’a semblé particulièrement tordue.
Le Bond de Boyd est macho (comme celui de Fleming), mais beaucoup plus violent et sans scrupules. Un personnage fort peu sympathique en somme. D’ailleurs, il ne boit pas de thé.
J’avais gardé le souvenir d’un agent secret pour rire, et je retrouve une brute sans foi ni loi.
Est-ce le monde qui a changé ou deviendrais-je gâteux?
Ceci dit, l’histoire est bien ficelée. William Boyd est un auteur de tout premier plan. Son avant-dernier roman m’avait emballé ( « L’attente de l’aube »). Il se sera offert une petite récréation.
Difficile de toucher aux archétypes.
Les carrières de Tintin, de San Antonio, de Maigret… (liste à compléter) se sont interrompues avec la disparition de leur créateur. Qu’ils reposent en paix.
Amitiés funéraires,
Guy
William Boyd – Seuil – 342 p.

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Bestiaire fantastique des voyageurs

Le lecteur sera étonné d’y trouver beaucoup d’hommes et la place de ces derniers dans un bestiaire pourra lui paraître pour le moins choquante. Toutefois, avant que la science ne se penche sérieusement, à partir du XVIIIe siècle, sur la classification des espèces animales, la distinction n’allait pas de soi. Que penser d’un Cafre, d’un Hottentot ou d’un Lapon ? Devait-on vraiment les considérer comme des humains à part entière ? La controverse de Valladolid en 1551 s’attachait au cas particulier des Indiens d’Amérique, mais soulevait une question beaucoup plus générale et qui n’a cessé de rendre dubitatifs les explorateurs à partir de la renaissance : qu’est-ce qui distingue l’humain du non humain ? Comment penser que ces créatures à l’apparence humaines, mais aux mœurs si étrangères aux habitudes européennes et qui, de surcroît, n’ont jamais entendu parler de Jésus, des apôtres, ni du martyr de sainte Agathe, puissent vraiment être des humains ? Inversement, cela ne semblait pas non plus invraisemblable de s’interroger sur la nature humaine du gorille, de l’orang-outan, de l’ours polaire ou de l’éléphant.
Saint Augustin s’est longuement penché sur la question des Cynocéphales pour conclure finalement qu’ils n’appartenaient pas à l’espèce humaine. Il ne doutait absolument pas de l’existence de ces individus au corps d’homme et à la tête de chien. Difficile à comprendre dans notre monde ultra rationalisé. Dans la pensée antique et médiévale, le rapport au vraisemblable était certainement très différent de ce qu’il est aujourd’hui. Le référentiel était alors celui des dieux, puis du christianisme, celui des savants, des anciens, à l’aune duquel on évaluait les expériences des rares explorateurs. Quand tout ça concordait globalement, pourquoi remettre en question la véracité des récits ? Quand bien même un homme du moyen âge aurait voulu le faire, avait-il la culture nécessaire ?
Ce qui dominait, c’était l’extraordinaire, le merveilleux, ce qui marquait les esprits, ce qui permettait de trouver des réponses à des questions essentielles, ce qui permettait de construire une identité. La réalité de tout ça n’intéressait finalement pas grand monde.
Aussi, je ne me prononcerai pas sur la réalité de l’existence du Catoplébas, du Fourmi lion, des Blemmyes, des Panottis et autres Sciapodes. J’invite seulement ceux qui voudraient voir s’ébrouer tous ces personnages à lire « Baudolino » d’Umberto Ecco.
Ceux qui mettaient en musique les récits des explorateurs n’étaient bien souvent pas les voyageurs eux-mêmes, ce qui, par l’effet bien connu du téléphone arabe, a pu introduire du merveilleux là ou il n’y en avait pas. Le voyageur cherchait certainement aussi à enjoliver son voyage et son auditoire, désireux de voyager à son tour à travers le récit, n’hésitait pas à y ajouter un peu de fantastique pour mieux goûter son plaisir. C’est sans doute comme ça que sont nés beaucoup d’animaux fabuleux. Aujourd’hui, tous ces êtres ont été démystifiés et le vrai séparé du faux. Ce qui reste à l’homme du XXIe siècle, c’est la soif de mystère, la soif de fabuleux, l’envie de croire en une autre réalité. L’ouvrage se referme sur le Yeti et souligne le fait que ce mythe ne date que du XXe siècle…les crypto zoologues n’ont pas dit leur dernier mot.
Collectif sous la direction de Dominique Lanni
Arthaud
2014
Edouard

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Les vacances du général

Quatre ans, 10 000 visite et pas de congés. Il est comme ça le général, il ne regarde pas à la dépense. Ceci dit, ce n’est pas forcément l’idéal d’être toujours à fond, tête baissée. Parfois, il peut être bon de s’arrêter un peu, histoire de prendre du recul, de se repositionner, de réinventer le concept. Tout ça pour vous dire que « général Lee » prend son mois de mai.

On dit « en mai fait ce qu’il te plaît » ben ce qui lui plaît, c’est d’arrêter pendant un mois la publication des articles. Ces congés feront peut-être revenir Georges, étrangement absent depuis quelque temps.

S’il n’y a pas de nouveaux textes, il y aura quand même un service minimum et si d’aventure vous souhaitez commenter des articles, vos commentaires seront enregistrés et je tâcherai d’y répondre. Par ailleurs, tout comme le comte Dracula, je suis toujours à la recherche de sang neuf et si vous souhaitez que je publie vos articles en juin, vous pouvez me les envoyer en cliquant sur « écrivez-moi » en bas du bandeau gauche. Les rubriques diversifiées ne sont pas pour autant limitatives, le général reste open à tout tant que ce n’est pas porno, raciste ; tant que ce n’est pas du prosélytisme religieux ou politique et pour autant que ce soit un minimum écrit en français. Perso, j’ai un penchant pour la vulgarisation scientifique (je ne saurai trop vous conseiller « passeur de science », le blog de Pierre Barthélemy dont vous trouverez le lien sur le bandeau droit). Mais si vous êtes des passionnés de voiture, de vélo, de numismatique, de philatélie, de jardinage, de tricot, d’opéra, si vous êtes des cruciverbistes ou des verbicrucistes, ce blog est aussi fait pour vous. Le mot « passion » pourrait être une clef pour le futur « général Lee ». J’aime les passionnés (et non les idolâtres) qui ne sont jamais aussi passionnants que lorsqu’ils font partager leurs passions.

N’hésitez pas aussi à critiquer le général qui n’est pas susceptible, à dire ce que vous avez aimé, ce qui vous a déplu, ce que vous auriez aimé y trouver. Bref, la maison reste ouverte.

Très bon mois de mai à tous.

On se retrouve début juin

Edouard
(avec la bénédiction de Martine et Guy et une pensée affectueuse pour les participants et commentateurs occasionnels)

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Congo, une histoire

 

Prix Médicis Essai  2012
Prix du meilleur livre étranger – Essai  –  2012

Pour le Belge que je suis, le Congo fait partie d’une mythologie insufflée pratiquement dès le berceau.
Notre roi Léopold II (1835-1909) régna sur ce pays gigantesque sans n’y avoir jamais mis les pieds.
Au bord de la ruine, il en fit ‘cadeau’ à la Belgique en 1909. Le Congo belge était né.

Ce livre tout simplement passionnant raconte sans concessions le colonialisme de l’intérieur, avec ses succès, mais surtout avec ses abus et ses horreurs. Philanthropes, les colonisateurs? Tu parles, nous dit l’historien Van Reybrouck.

Cela nous est raconté avec empathie, et même avec humour.

Depuis son indépendance en 1960, le pays a connu des soubresauts et des guerres.
Dirigé de 1965 à 1997 par un mégalomane dénommé Mobutu, le pays s’est retrouvé exsangue, et il continue à lutter pour sa survie…

Les amateurs pour la relève ne manquent pas: Américains, Russes, Chinois, Français, se pressent au portillon.
Par altruisme, cela va de soi.

Une saine lecture pour petits et grands.
Un modèle d’objectivité historique.
En Belgique, on n’a plus d’argent, mais on a des idées.

Amitiés tricolores,

Guy.

David Van Reybrouck – Actes Sud – 680 p (dont une bibliographie de 22 pages)

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Le crépuscule d’une idole

La police de caractère du nom de l’auteur est quatre fois plus grosse que le titre de l’ouvrage. S’il n’y avait pas une photo de Freud sur la couverture, on penserait que l’idole en question est Michel Onfray.
Je ne sais pas qui considère Freud comme une idole. Pas moi en tout cas. Il me rappelle en premier lieu quelques cours animés en terminale : c’est toujours marrant de parler de sexe. Pour tout dire, n’ayant jamais voulu tuer mon père ni coucher avec ma mère, ses théories œdipiennes me semblaient pour le moins fumeuses. Par contre, j’avais été fasciné par l’inconscient et je le suis toujours.
Ce pavé de presque 600 pages est peu digeste, on y trouve de tout : beaucoup de choses intéressantes, mais qui ne m’ont pas bouleversées et des moins intéressantes. S’agissant de Sigmund, je n’ai pas été surpris par la mégalomanie du personnage, gourou mû par l’appât du gain et un besoin inouï de reconnaissance sociale. J’avais entendu parler des dégâts que ses séances avaient pu causer chez certains de ses patients, en particulier chez sa fille Anna. J’avais aussi entendu parler de la falsification de résultats visant à asseoir le caractère scientifique de sa thérapie. C’est pour moi le point le plus passionnant de l’ouvrage, très didactique, où l’auteur s’attache longuement a établir la frontière entre science et philosophie.
Pour ce qui concerne les tâtonnements de Freud, ses échecs, ses essais douteux, je le trouve moins percutant. À ce titre, l’ouvrage manque cruellement de contextualisation. Tous les aliénistes du début du XXe siècle tâtonnaient, le médecin viennois ni plus ni moins qu’un autre. Même chose pour la curabilité. Quels aliénés guérissait-on à la belle époque en dehors de ceux qui n’étaient pas malades ?
Je n’ai pas aimé le ton haineux d’Onfray qui ne passe rien à Freud ni à la psychanalyse. Son acharnement devient ridicule, voire suspect. Serait-il jaloux ?
Je conseillerai à ceux qui auraient l’ouvrage a portée de main, mais qui n’auraient pas envie de s’y plonger de lire au moins la conclusion.
L’écrivain essaie d’expliciter les raisons du succès de la psychanalyse et fait beaucoup de parallèles avec la religion, son autre grand moulin à vent. Il ne combat d’ailleurs pas tant la religion que l’idée simpliste qu’il s’en fait. Passons…chacun ses dadas. Il accuse ensuite la psychanalyse de brouiller les cartes entre l’homme malade et l’homme sain. Serait-il nostalgique des théories des années 30 qui assimilaient les aliénés à des non humains ? Juste après il écrit : « on ne déchire pas le voile des illusions sans encourir la haine des dévots ».
Ce qui manque à la psychanalyse aujourd’hui, c’est un leader susceptible de rassembler tous les courants et d’adapter les intuitions freudiennes aux avancées scientifiques du XXIe siècle. Certains psychanalystes ont sans doute longtemps adoré une idole fossilisée du maître au lieu de regarder le monde changer autour d’eux et c’est sans doute à ceux-là qu’Onfray s’adresse. Mais, ce qu’il convient de combattre, ce n’est pas Freud, c’est l’idolâtrie.
Edouard

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13 heures

L’Afrique du Sud est un chaudron. Héritière du détestable apartheid, elle tente vaille que vaille d’exorciser un passé d’affrontements raciaux.
Deon Meyer est un Afrikaner qui écrit en anglais. Comme ses compatriotes, il décrit les contradictions de son pays dans ses livres.
Une jeune Américaine a été égorgée. Sa compagne tente d’échapper aux assassins.
Un autre crime, sans aucun rapport à première vue, met sur les dents la police du Cap.
L’inspecteur Benny Grissel, personnage en demi-teintes dans la lignée d’autres enquêteurs américains ou scandinaves, aura besoin de 13 heures pour trouver la solution des deux énigmes.
Voilà un superbe travail d’écrivain dans une mise en scène haletante.
À consommer sans modération, même si certaines scènes peuvent soulever le cœur.
Amitiés en hyperventilation,
Guy.
Deon Meyer – Points – 566 p.

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