La désolation de Smaug

Tandis que Bilbo, Gandalf et les nains approchent de l’antre du dragon, l’ombre de Sauron s’étend sur la Terre du milieu.

Géant ! Ce volet est un des meilleurs de la série, après « Le retour du roi ». Les péripéties des personnages principaux, directement inspirées de « Bilbo le Hobbit » s’intercalent astucieusement avec une intrigue tissée par le réalisateur qui fera le lien avec la « communauté de l’anneau ». Comment ne pas se sentir pousser des ailes devant tant de démesure ? Ça m’a fait plaisir de voir apparaître le nom de Guillermo del Toro (le papa d’Hellboy) dans le générique de fin. Jackson sait soigner son entourage.

Petit à petit, le décor se plante. Le jeune Legolas est très présent. Amoureux transi d’une elfe rousse qu’on n’avait jamais vue et qui devrait donc logiquement mourir dans le prochain opus après avoir été mortellement blessée dans des conditions héroïques. Elle est amoureuse d’un nain qui devrait lui aussi mourir dans le prochain épisode puisque le seul nain qu’on voit dans les trois volets du seigneur des anneaux est Gimli. On apprend d’ailleurs que ce dernier est le fils de l’un des nains qui compose la petite troupe.

On aperçoit pour la première fois Sauron sous forme d’œil, la partie noire centrale étant sa silhouette humaine. J’espère qu’on verra dans le prochain opus comment il est dressé sur son socle et comment il s’y prend pour peupler le Mordor de ses immondes créatures.
Le film fait un parallèle entre l’œil de Sauron et celui de Smaug. Simple effet de style ou annonce d’un lien plus fort entre les deux créatures ? Là, c’est une énigme, j’étais tellement soucieux de faire le lien avec « la communauté… » que j’avais oublié le dragon. Il ne manquera bien entendu pas de faire des siennes, mais quel sera son lien avec l’intrigue principale ? Y aura-t-il un déchirant « Sauron, I’m your father » déclamé par un dragon en larmes ?
En tout cas, je ne l’imagine pas tué par Bilbo, enfonçant sa dague dans le seul point faible du monstre, comme dans le livre. J’imagine plutôt qu’il va être tué par la fameuse flèche noire dont parlent les habitants du lac. Je la vois bien lancée par le valeureux barde ou par le nain dont l’elfe rousse est amoureuse.

J’espère aussi qu’on reverra Saroumane qui n’apparaît pas dans cet épisode et qu’on saura comment il a basculé du côté obscur de la force. J’espère aussi qu’on verra Grand-pas/Aragorne, et surtout Grand-pas. J’avais adoré cette face cachée du personnage quand j’avais 14 ans et j’aimerais bien la retrouver.

Je ne sais pas si le réalisateur va vraiment pouvoir caser tout ça (Peter, si tu cherches des idées…) et je ne suis pas certain qu’il lise ma critique : j’ai bien peur que le tournage de l’épisode suivant soit déjà terminé. Mais bon, il est encore temps d’envoyer ma liste au père Noël.

Edouard

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Canada

Dell, le narrateur, et Berner, sa sœur jumelle, sont âgés de 15 ans quand leur père se met en tête de braquer une banque, accompagné par leur mère.
Dans une famille sans histoire, où l’amour circule plutôt positivement, l’arrestation des parents donnera un coup d’arrêt à l’insouciance des deux adolescents.
Elle fugue, et lui passe la frontière canadienne en compagnie d’une amie de leur mère.
Il entrera au service d’un certain Arthur, dont le passé américain est pour le moins nébuleux.
Un roman américain exceptionnel, dans la veine des touts grands. Plus velouté que Jim Harrisson, moins cynique que Philip Roth, moins baroque que John Irving ,Richard Ford traîne un passé de semi-délinquant qui lui donne la lucidité nécessaire pour décrire le passage vers la vie adulte.
Un travail d’orfèvre, dans un livre où tout sonne vrai.
Amitiés passionnées,
Guy
Éditions de l’Olivier – 478 p.
Richard Ford

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Retour à Salem

« Un soir à Hambourg, Hélène Grimaud pousse la porte d’un antiquaire. Elle ne sait pas encore qu’à cet instant précis sa vie bascule dans l’ailleurs et dans une succession d’événements qui la ramèneront de l’Europe aux États-Unis, à Salem, le refuge de ses loups, pour reprendre, à leurs côtés, sa lutte contre la destruction de la nature… Roman fantastique ? Tel est l’enjeu de ce livre qui alterne conte initiatique et journal personnel et qui croise, jusqu’au vertige, fiction et réalité. »
H. G. est une pianiste et éthologue, à l’imagination débordante et passionnée par tout ce qui est extra-sensoriel, les liens avec le cosmos, les légendes, la sauvegarde de la nature, etc. Elle a de grandes connaissances dans divers domaines. Elle est aussi assez caractérielle… Elle a besoin de la nature et de ses loups pour se ressourcer, mais aussi des feux de la rampe. Ce qui fait que quand elle a besoin d’argent pour sa fondation, elle vient en Europe, sort quelques disques, un livre et fait quelques tournées, puis nous oublie et repart dans son désert blanc.
À ses débuts elle était très douée. Elle n’est plus qu’une bonne mécanique médiatique. J’ai aussi acheté le CD des 2 concertos de Brahms…
Son livre est un ramassis de toutes ses hallucinations et connaissances jetées en vrac. Je n’ai pas compris ce qui se passait, mais j’étais trop angoissée pour continuer. Je suis donc partie à la fin. H. G. se pose toujours les mêmes questions…
Un livre aussi glauque, nauséabond, humide, malsain, acide que la forêt mystérieuse que le dénommé Wûrth (un des pseudonymes de Brahms) est censé explorer. Un conte, un vrai voyage ou la transcription de la folie de Schumann ??? De quoi rester sur sa faim et mal dormir la nuit.
Hypersensibles s’abstenir. Les amateurs de science-fiction et d’énigmes non résolues peuvent se lancer.
En achetant ce livre, j’ai fait une bonne action : une boulette de viande pour ses loups. C’est ma seule consolation.
La Martine dépitée
GRIMAUD Hélène
Albin Michel, 2013, 251 p

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Guerre et Paix

Expérience intéressante que la relecture de ce classique des classiques, après celle de mon adolescence, il y a une bonne cinquantaine d’années (!)
Dans mes souvenirs, il y avait Natacha, bien évidemment influencée par l’image de la sublime Audrey Hepburn.
Il y avait cette immense épopée dans la Russie du début du 19e siècle.
Lisez Guerre et Paix, imprégnez-vous de ce monument.
Contrairement à mes souvenirs, Natacha m’est apparue comme une enfant gâtée, immature et névrosée.
Parmi tous personnages du livre, Tolstoï semble vouer une affection particulière à Pierre Besoukhov, le géant débonnaire totalement perdu dans un monde qu’il ne comprend pas.
Beaucoup de militaires, dont peu de sympathiques. Dans cette optique, le monde a peu changé.
Même impression à la fin du livre: l’épilogue, avec des considérations historiques oiseuses, m’a permis un exercice de lecture rapide bienvenu.
Amitiés napoléoniennes,
Guy
Léon Tolstoï

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Le médecin de famille

1960, Argentine, Josef Mengele, qui continue à exercer sous un faux nom, repère Lilith, une fillette de 12 ans qui en paraît 9, étant victime d’un arrêt de croissance.

Film bouleversant à plusieurs égards. L’année tout d’abord. 16 ans se sont écoulés depuis la fin de la guerre et pourtant, contrairement à ce que laissait espérer le titre de la BD de Calvo et Dancette publiée en 44, on réalise que la « bête » n’est pas morte. Au-delà du personnage de Mengele, ce qui fait froid dans le dos, c’est ce qu’on perçoit de la colonie nazie reconstituée. Certes ce n’est plus la bête triomphante de 1940, mais elle remue toujours, même en dehors de son espace vital. C’est une bête condamnée à vivre dans la clandestinité, traquée par les agents du Mossad qui continue à diffuser son venin.

Mengele propose un traitement par hormones de croissance aux parents de la petite fille. Le père refuse, mais la mère finit par accepter. À l’époque, l’endocrinologie était à ses balbutiements. La passion du médecin pour la génétique s’ancre dans l’idéologie du surhomme, dans la recherche de l’homme parfait. Rien n’est dit sur l’origine des flacons contenant le liquide laiteux injecté dans le ventre de Lilith. On ne sait pas qui les a envoyés ni comment ce liquide est fabriqué. Ce qu’on sait seulement, c’est qu’il avait effectué ses expériences sur des bœufs et que jusqu’au milieu des années 80, les hormones humaines étaient prélevées sur des cadavres.

On aborde ici le second aspect bouleversant du film qui touche à la question du progrès scientifique. Jusqu’où peut-on aller ? Quelles limites ? La science de Mengele n’a pas de conscience, n’a pas de limite. Ce n’est pas tant un sadique qui jouit de la souffrance de ses patients qu’un scientifique passionné qui considère qu’aucune limite ne doit entraver sa marche, que la vie humaine n’est rien comparée à la quête du surhomme. On aborde souvent le nazisme sous l’angle de la cruauté qui n’est pas la même chose que l’égarement idéologique. Certes, les deux sont liés, on peut être cruel et s’égarer idéologiquement; on peut être cruel sans s’égarer idéologiquement; mais on peut aussi ne pas être particulièrement cruel et être tellement aveuglé que l’on commet des monstruosités sans même en avoir conscience. Je pense que Mengele devait être un peu comme ça. D’ailleurs, il est très gentil avec Lilith qui est complètement fascinée par le personnage. Je me suis interrogé sur le prénom. Y a-t-il un lien à faire avec la première femme d’Adam ? Si je rencontre un rabbin, je ne manquerai pas de lui poser la question.

Bref, les nazis n’étaient pas des surhommes…ce qui les rend encore plus effrayants.

Edouard

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Comme les amours

Tous les matins, une éditrice madrilène consomme son petit déjeuner dans un café, et tous les matins elle observe un couple qui la fascine par sa complicité et par sa joie de vivre. Jamais elle ne leur adressera la parole.
Après ses vacances, le couple ne reparaît plus.
Elle apprendra par hasard que l’homme a été assassiné de plusieurs coups de couteau par un déséquilibré.
Elle décide d’entrer en contact avec la veuve, et elle rencontrera le meilleur ami de l’homme décédé.
L’histoire fascine comme la narratrice est fascinée par cette image du bonheur d’abord vécu, puis brutalement interrompu. L’auteur emploie une langue très riche, et des phrases qui pourraient évoquer Proust.
À de nombreuses reprises, je me suis trouvé perdu au milieu d’une phrase, avec des idées d’école buissonnière.
Un livre fort littéraire, dans le sens plutôt péjoratif du mot: très beau et très rasoir.
Javier Marias écrit des tragédies (références nombreuses à Shakespeare).
Il est aussi supporter du Real Madrid, donc pas totalement inintéressant.
Amitiés tragiques,
Guy
Javier Marias – Gallimard – 373 p.

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La Dame à la Licorne

« Cette histoire est pure fiction. Elle repose sur de raisonnables hypothèses concernant les tapisseries de La Dame à la Licorne. On ne sait pas à quelle date précise la situer, même si les vêtements des femmes et les techniques de tapisserie les font, sans doute, remonter à la fin du XVe siècle. Nous ne savons pas non plus à qui l’on en doit l’exécution, même si la facture et la technique donnent à croire que l’atelier devait être dans le Nord, sans doute Bruxelles, dont les mille-fleurs étaient alors une spécialité. »
Ce livre est à lire jusqu’à la page « notes et remerciements ». L’auteur s’est très bien documentée sur le sujet ce qui nous vaut une histoire très intéressante sur les techniques de tissage, comment étaient faite les couleurs, comment choisir le bon fil, ce que l’on mangeait à l’époque, l’ameublement, les coutumes, les mœurs, etc.
Quelques histoires d’amour agrémentent la narration… mais ne gênent pas et n’occultent pas la peinture et le tissage.
De cet auteur, j’avais lu « La jeune fille à la perle » qui parlait de Wermeer.
Mêmes soins apportés aux recherches, à l’écriture et c’est avec facilité et délice que j’ai lu TOUT ce livre.
La Martine émerveillée.
CHEVALIER Tracy
Folio 2011 (2003), 359 p.

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Inside Llewyn Davis

La vie pathétique d’un chanteur de folk raté dans l’Amérique du début des années 60.

Il y avait un truc qui me plaisait dans le titre et comme je suis assez fan des Coen, je ne me suis pas méfié. Ce film est complètement déprimant. Je reconnais cependant qu’il y a une grande part de subjectivité dans ce jugement : l’établissement appelé pompeusement lounge où j’ai bu un tord-boyaux immonde juste après la séance et oublié mon écharpe n’y est certainement pas indifférent. OK, je rectifie mon jugement : je n’ai pas aimé ce film.

Pourquoi ? Tout d’abord, comme l’a judicieusement souligné mon compagnon de beuverie, parce que Llewyn est présenté sous un jour plus que noir, sans aucun espoir de salut, tant et si bien qu’à trop taper dessus, les réalisateurs révèlent une quasi-cruauté et s’il y a une chose que je ne supporte pas, c’est la cruauté des réalisateurs pour leur personnage.

Bon, à leur décharge, je reconnais que l’univers des chanteurs folk au début années 60 ne devait pas toujours être particulièrement riant, comme en témoigne d’ailleurs le contenu des chansons. Ceci dit, une petite note d’espoir aurait été la bienvenue. Je ne parle pas d’humour, car l’humour des réalisateurs est heureusement là, mais très noir, comme toujours.

Une autre explication de cette déception vient à mon avis du titre et de l’attente qu’il avait fait naître en moi. Je veux bien entendu parler du mot « inside » qui m’avait laissé imaginer quelque chose de beaucoup plus introspectif ; à un truc du genre « dans la peau de John Malkovich ». Or, ici, Llewyn n’a aucune épaisseur. Il agit de manière totalement impulsive et irraisonnée comme le font presque toujours les personnages des deux frères.

On comprend vaguement vers le milieu du film que l’ « inside » renvoie à l’envers du décor, en opposition à l’ « outside » qui renverrait à la scène. Cependant, on voit très peu cet « outside » et le peu qu’on voit ne semble pas tellement plus reluisant que l’ « inside ».

Y a-t-il un message derrière tout ça ? Peut-être n’ont-ils pas souhaité en délivrer. Il n’en reste pas moins que celui que j’ai retenu est « beaucoup d’appelés, peu d’élus ». C’est vrai que les films parlent généralement plus des artistes qui réussissent que de ceux qui ne réussissent pas et c’est bien de parler aussi de ceux-là, beaucoup plus nombreux que les quelques stars qui sortent du lot. Ce que je veux seulement dire, c’est que le personnage de Llewyn aurait dû être moins loser absolu, cela l’aurait rendu plus crédible et nous aurait donné envie de nous identifier un peu à lui et non de le protéger contre le sadisme de ses démiurges.

Edouard

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L’âge des miracles

Un livre pour bluettes prépubères américaines.
La terre tourne plus lentement. À la bonne heure ! Voilà un sujet de science-fiction qui peut être intéressant avec une once d’imagination. Las ! L’auteur nous livre les angoisses mièvres d’une mère hystérique et alcoolique et d’une gamine amoureuse. S’il fallait sortir le kleenex, pour moi, c’est râpé ! J’ai préféré fermer le livre au bout de 100 pages d’ennui, non sans avoir été voir la fin. Bouf ! Une navette qui s’appelle Explorer. J’ai déjà entendu ça quelque part…
Du déjà vu même pas intéressant.
La Martine qui a dormi 2 h de moins… Grrrr !
THOMPSON WALDER Karen
VDB 2012, 441 p.

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Mort et résurrection de Lou Reed (Black Angel Death Song Revisited)

Je n’ai rien ressenti ce dimanche soir. Les vacances en famille avaient été bonnes. Le titre était tombé brutalement en ouverture du flash de 19h : « Lou Reed est mort ». Bon. Deux interviews autorisées plus tard, j’éteins. Les enfants continuent à se chamailler à l’arrière, aucune faiblesse du régulateur, la voiture glisse à bonne vitesse.
Premier titre sur France Info, pas mal. Demain, je vérifierai en replay sur TF1 et France 2. L’info est traitée dans une sous-rubrique en fin de journal. Claire Chazal écorche le nom du Velvet, le titre des albums. Traitement à la va-vite, superficiel et approximatif. Je suis un peu rassuré. Je me demandais depuis plusieurs années comment sa mort serait couverte par les médias. Existait-il dans l’imaginaire collectif, icône grand public ou marginal insignifiant ? J’ai maintenant une réponse. Fin de l’histoire. De toute façon, je l’avais tué depuis plusieurs années. La prétention avec laquelle il accompagnait des choix artistiques indéfendables depuis The Raven (2003) avait achevé d’enterrer ce monstre en moi que la joie du foyer familial avait déjà paisiblement enseveli au fil des ans.
———
Y a-t-il une nécessité à replonger dans une œuvre lors du décès de son auteur ? Sans doute une vague curiosité morbide, pour voir si la perception que vous en aviez est altérée ou magnifiée par les évènements.
J’y ai donc retouché au troisième jour. Une petite dose au début. Sur Transformer, mille fois entendu, le vaccin tenait encore bon. C’est en arrivant à Ride Sally Ride que tout a commencé à se déliter, le cœur contraint reprenant peu à peu sa véritable forme une fois libéré du poing desserré.
C’est obscénité, cynisme, morgue, autant de lieux communs (véridiques) dont est barbouillée toute biographie de Lou Reed, en particulier ces rubriques nécrologiques toutes bricolées sur les mêmes assertions faciles. C’est aussi une voix caressante et intime, une justesse des mots et de l’intention, des abymes de désespoir, une carapace contre la société normalisante, des lames sensuelles dans le Goliath. Et dès les premières années, derrière cet étal de noirceur, un désir résurgent de rédemption : de Beginning to see the light à Trade in, en passant par cet album charnière, the Blue mask, funambule entre le Ciel et l’Enfer. À défaut de rédemption, on lui a offert la réhabilitation. Il s’y est engouffré, enfoncé, complu.
Mais aujourd’hui l’errance a pris fin. Je m’emplis à nouveau de toi. Je sens le flux revenir et irriguer mes veines. Ton œuvre est cette héroïne que tu as chantée. Ce n’est pas une poudre blanche, c’est une âme sœur et liquide en injection sous-cutanée. Extase et effroi. Excitation suprême, fièvre, stupeur, manque absolu. Je ressens physiquement les piqûres, elles me font souffrir. Je porte tes stigmates. Ad vitam. « I’m waiting for my man ». Le dealer est revenu, et elle est meilleure que jamais.
Au revoir Lou. Et bienvenu de retour.

Pierre

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