Cyanure

Quelques jours avant Noël, une famille de riches industriels suédois se retrouve sur une île. Le patriarche passe l’arme à gauche après avoir tiré les oreilles de ses enfants et petits-enfants. Tout ce petit monde doit rester sur place pour cause de météo : le policier Martin Molin qui devait être présenté à la famille par sa fiancée mène l’enquête.

Défi ambitieux de vouloir nous transporter avec un scénario de base aussi académique. Depuis Stieg Larsson, les familles de riches industriels suédois n’impressionnent plus grand monde et en matière de huis clos policiers, le filon est épuisé depuis longtemps (Agatha, on t’a reconnue). C’est donc un « who done it » classique avec les sempiternels interrogatoires individuels des coupables potentiels…à la page 67, j’avais deviné la fin. Il faut dire qu’à force de bouffer du polar, je développe des capacités extra-lucides. J’ai tout de même continué ma lecture en espérant avoir fait fausse route. Il y a à un moment une très belle description du sentiment affectif d’une mère pour son fils, mais malheureusement, ça n’a rien à voir avec le crime.

Finalement, il faut lire ce petit roman à la lueur du quatrième de couverture. Camilla Läckberg est visiblement un auteur reconnu dans l’univers du polar qui a créé le personnage d’Erica Falck (jamais entendu parler). Il faudrait comprendre cette histoire comme un extra pour les fans.

Le quatrième de couverture s’adresse d’ailleurs aux fans en précisant que Martin Molin est un collègue de Patrick Hederström sans doute bien connu des chères têtes blondes suédoises.

Pour faire un bon polar il aurait fallu :
– un bon enquêteur. Bon, si les auteurs de polars pouvaient nous servir autre chose que des quinquagénaires divorcés, dépressifs et alcooliques avec une fille droguée, on ne s’en porterait pas plus mal, mais au moins, ça leur donne un peu d’épaisseur. Là, Martin Molin (quel nom pourri, mais peut être que prononcé à la suédoise, ça rend mieux) est plus fade qu’une assiette de pâtes sans sel ;
– Une bonne intrigue. Bon, il ne faut pas rêver, on ne peut pas éternellement innover, surtout dans les huis clos de 135 pages. Ce n’est pas pour moi l’élément essentiel.
– Un bon univers avec la vie du pays, du QG (commissariat, journal, agence…), la vie privée de l’enquêteur, ses petits travers, ses obsessions. En ce moment, j’aime bien l’univers d’Erlendur, en partie parce que je connais pas bien l’Islande, mais aussi à cause du parfum onirique qu’on y respire. Là on se dit « mouais, ça reste du sous-millénium ».

Edouard

 Camilla Läckberg

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Chocolat amer

Sous-titre:
Roman-feuilleton où l’on trouvera des recettes, des histoires d’amour et des remèdes de bonne femme.
Un vrai régal.
Pas seulement à cause du titre.
Laura Esquivel est mexicaine, et elle a travaillé dans l’enseignement et le cinéma.
Au Mexique, au début du 20e siècle, parmi les convulsions de la révolution, Tita tombe amoureuse de Pedro.
C’est compter sans la terrible Mama Elena, qui a décidé que Tita étant sa dernière fille, elle doit s’occuper de sa mère sans se marier. Pedro épousera une sœur de Tita, afin de rester auprès de l’amour de sa vie.
Tous les poncifs de la littérature de gare sont présents, avec en prime le talent et les recettes de cuisine.
Tita possède des talents culinaires exceptionnels. Ses cailles aux pétales de rose se révèlent des aphrodisiaques hors norme. Ses gâteaux provoquent des effets inattendus. La magie n’est pas absente, au point de mériter la comparaison avec Garcia Marquez, autre chantre du réalisme magique.
De manière assez scandaleuse, le lecteur se régale des malheurs de la pauvre Tita.
Je n’oublierai pas Mama Elena, qui fait penser à Madame Macmiche des petites filles modèles, ou à l’horrible Folcoche de Vipère au poing. Ou à la belle-mère de mon ami Ursmar.
Les harpies n’ont pas fini de remplir les pages de nos livres de chevet.
Amitiés gastronomiques,
Guy
Laura Esquivel – Folio – 248 p.

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Le Fusil de chasse

Trois lettres nous apprennent l’infidélité d’un homme.
Trois femmes écrivent au même homme.
Tout d’abord la fille de sa maîtresse, puis sa femme et enfin sa maîtresse.
Trois positions différentes et une même souffrance pour garder le secret et sauver les apparences.
Une écriture lapidaire et fleurie à la japonaise.
Vaut-il mieux aimer ou être aimé ?
Un livre qui se lit facilement, mais ne se raconte pas.
À savourer égoïstement.
La Martine
INOUÉ Yasushi
Poche 2011 (Stock 1963 – 1949) Que 88 pages

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Snowpiercer

2031 : l’humanité, ou plutôt ce qu’il en reste, est embarquée depuis 17 ans dans un train fou condamné à tourner autour du globe à une vitesse vertigineuse pour ne pas être saisi par le froid intense qui règne sur la planète.

Scénario innovent ? Mouais, on peut aussi voir ça comme une version modernisée du déluge : récit que l’on retrouve déjà 2000 ans av JC dans l’épopée de Gilgamesh. Les inquiétudes de l’humanité et la peur de l’extinction ne datent pas d’hier.

Ici, point d’animaux ou alors, seulement des animaux décoratifs, c’est bien « l’humanité » qui est menacée et non le vivant dans son ensemble. La « fin du Monde », c’est « la fin de l’humain ».

Le Utnaphistim/Noé est ici un industriel fêlé et génial, inventeur du train/arche : un monstre paternaliste. Le cataclysme n’est pas le fruit de la colère des dieux/de Dieu, mais est le résultat de tentatives hasardeuses des hommes pour contrer le réchauffement climatique.

Le scénario fait ensuite un grand bond dans le temps pour ce stabiliser dans les années 73-71 av JC, celles de Spartacus. Le train est une mini société avec les dominants dans les wagons de tête et les opprimés dans les derniers wagons (on pense beaucoup à « Metropolis » et « Soleil vert ») : la colère gronde et la mutinerie menace. Belles scènes de révoltes, mais un peu trop violentes parfois je trouve. Certes, c’est sans doute très courageux de se laisser broyer le bras dans un engrenage pour l’arrêter, mais cela aurait été aussi efficace et moins douloureux d’y glisser un objet non organique.

Les champions du calcul mental auront fait la soustraction en lisant la première phrase de cette critique : 2031-17=2014. Ouf, le grand coup de froid et le train ne seront probablement pas pour l’année prochaine.

Le train, non, mais l’humanité embarquée dans une course folle… Pourra-t-on toujours produire plus et consommer plus dans un Monde toujours plus peuplé, un Monde qui rétrécit et dont les ressources s’épuisent ? Pourra-t-on toujours travailler plus pour gagner plus ? Non, peut être pas, les économistes commencent à avoir des doutes. Arrêter le train ? Pour faire quoi ? Et d’ailleurs, comment l’arrêter ? Alors, pour nous rassurer, il ne nous reste plus que le « jusqu’ici, tout va bien ». Je ne veux pas être trop alarmiste, peut être trouvera-t-on les moyens pour que le train continue éternellement à avancer, mais il est possible qu’il déraille aussi : c’est la grande question du XXIe siècle. Une affaire à suivre.

Edouard

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Le chien des Baskerville

Mystère dans la lande anglaise.
Sir Baskerville meurt dans des conditions étranges.
Son héritier fait appel à Sherlock Holmes et son inséparable comparse, le Dr Watson
On rencontre un chien gigantesque, un manoir lugubre géré par un majordome étrange.
Les nuits sont noires, l’assassin machiavélique.
Un modèle du genre.
Amitiés spectrales,
Guy
Arthur Conan Doyle – Poche

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L’hécatombe des fous

45000 personnes sont mortes de faim dans les hôpitaux psychiatriques français pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est un fait que je ne connaissais pas. Un article était consacré à cet ouvrage dans le numéro hors série de « sciences humaines » consacré à l’histoire des psychothérapies et j’ai voulu en savoir plus.

Peut-on attribuer ce phénomène à une politique eugéniste du régime de Vichy comme beaucoup l’ont soutenu, surtout dans les mouvements de gauche depuis le début des années 80 ? Isabelle von Bueltzingsloewen décortique les faits et soutient bec et ongle qu’il n’y a pas eu de génocide, que cette situation effrayante est due à une conjonction d’éléments imputables à différents acteurs, y compris issus de la société civile (dont les familles de certains aliénés). En gros, il ressort que la France de l’occupation était un immense radeau de la méduse et que les aliénés ont in fine payé l’addition pour tout le monde. Les partisans de la thèse de l’extermination pourront toujours argumenter que les pouvoirs publics de l’époque se sont efforcés de masquer leur action, ils pourront accuser l’auteur d’avoir détourné l’interprétation de tel ou tel élément, voire d’en avoir caché certains autres…bref, les historiens n’ont pas fini sur ce point de s’envoyer des paperasses à la figure.
Ce qui m’a semblé beaucoup plus intéressant, c’est l’état des lieux qui est fait de la psychiatrie de l’époque. Cette discipline était alors loin d’avoir le statut qu’elle a aujourd’hui dans la société. Les psychiatres étaient plus souvent vus comme des garde-chiourmes que comme de réels médecins. Les deux éléments fondamentaux pour comprendre le contexte s’attachent à l’origine de la pathologie mentale et la possibilité de guérir les malades.
Concernant l’origine, la France des années 30 n’a pas fait le choix du tout génétique qui a justifié les politiques de stérilisation systématique en Suède et en Allemagne.
L’auteur n’évoque pas la psychanalyse, thérapie qui ne laisse pas de place à la génétique. Avait-elle à l’époque plus d’influence en France qu’ailleurs ? Sa nature non-eugéniste est elle à l’origine de la place qu’elle occupe aujourd’hui dans la psychiatrie française ?
Concernant les possibilités de guérison, les psychiatres de l’époque peinaient beaucoup. Leurs tentatives étaient souvent hasardeuses et les guérisons rarement explicitées. Leur pharmacopée était par ailleurs très réduite (les neuroleptiques n’apparaîtront que dans les années 50). L’electro-choc qui apparaît dans les années 40 est utilisé de manière complètement empirique.
Tous ces éléments contribuaient à faire du fou un poids mort et finalement, beaucoup acceptèrent sans doute inconsciemment qu’assurer leur survie n’était pas « prioritaire».
Les mentalités ont-elles vraiment changé ? N’est-ce pas plus simple de désigner un responsable que de s’interroger sur la place des malades mentaux dans la société ?
Edouard

L’hécatombe des fous
Isabelle von Bueltzingsloewen
2007

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La Société des jeunes Pianistes

« La Société des jeunes Pianistes, c’est le nom que s’est donné un groupe d’adolescents passionnés, à Oslo, à la fin des années 1960. À la fois amis et rivaux, ils ont en commun l’amour de la musique ; pourtant, un seul remportera le concours du « jeune Maestro ». Tous vont subir une terrible pression de leur entourage, mais surtout d’eux-mêmes. C’est un roman initiatique, grave et subtil qui évoque le désir, la vie, la mort. »
« Un drame familial, un roman sur la musique et un portrait captivant des amours et des obsessions d’un jeune homme. »
Aksel, le narrateur, nous parle de sa famille et de leurs problèmes de communication. En même temps il nous fait part de ses questionnements, ses angoisses, ses amours impossibles, ses rêves trop grands, ses espoirs de pianiste « virtuose qui n’a pas de chance ». C’est surtout un adolescent qui se cherche et commet quelques erreurs, un jeune homme instable qui n’arrive pas à se concentrer sur LA musique. Car le plus gros du livre est consacré à la musique classique, le piano, les performances stylistiques, la manière de concevoir son jeu, etc. C’est d’ailleurs pour cela que j’avais choisi ce livre. J’ai eu la surprise d’avoir, aussi, les problèmes d’adolescents « hors-norme ».
Tout m’a paru intéressant sauf le mélo final, mais c’était le prix à payer pour qu’Aksel se retrouve libre.
Bjornstad, auteur, compositeur et musicien, a été découvert à l’âge de 14 ans lorsqu’il a gagné le Grand Concours des Jeunes Pianistes, à Oslo.
Ceci explique, peut être cela ; l’instabilité d’Aksel.
Martine
BJORNSTAD Ketil
Poche, 2008 (2004), 443 p.

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Gravity (bilingue)

At 600 kilometers above the Earth, two astronauts – George Clooney and Sandra Bullocks – are lost in space.

It’s difficult to miss the film posters or the clips which are broadcasted on the media for a fortnight. I would say that this movie is “Copernican” or revolutionary in its essence. This movie, indeed, upsets our own vision of things and forces us to see differently our condition of human beings.

I will not elaborate (focus) further on breath cutting images – like the Earth viewed from space – and on this infinite space, (this vast range) – where life is impossible – that surround it. I let you admire it while the 3D emphasizes the sensation of infinity.

For me, Gravity is not really a science-fiction movie. Obviously, the space station described in this movie is not completely conform to what it is today, but one can imagine it could be in a few years.

So, in this movie, there are no hostile landscapes – that Mr. Spoke or Captain Kirk could have discovered -, no worlds homed by sympathetic creatures where Yoda could have hidden himself, no Millennium Falcon for a Han Solo in transit, no planet where a apes dictatorship could have settle up, no fabulous landscape for an avatar lacking strong sensations.

No, there is nothing like that in the movie (but no worries for the Kubrick’s supporters, there is a glimpse to “2001, a space odyssey” in the last scene), just the sad reality, it means an orbital zone where only the huge steel “meccanos” can shelter human beings, where not all asteroids are “bio” and sometimes, look like old abandoned satellites. Are there other human beings in the surroundings ? Not at all, or only the dead astronauts of a former expedition doomed to float in deep, inhuman space for eternity. But there are voices, terrestrial voices, which travel through deep space, the only links between the astronauts and the Earth. Then, for them, dogs barking or babies crying have a real importance.

From the beginning till the end of the movie, I was so astounded I couldn’t find any words. I never knew such a situation.

There are two messages in this movie. The first one deals with the overcoming of oneself – a typically well-known American theme – but in such circumstances, it sounds absolutely impressive. The second one is ecological. The Earth takes another dimension when one realizes its status of “prodigious natural construction”. Protecting this planet is not only protecting the endangered species like the white bear, nor Indian tribes hidden in the deep Amazonian forest. Protecting the Earth is our only solution to survive. Of course, there are other life forms in the universe, and may be another planet equivalent to the Earth… but we may never find it.

Stéphane (16/11/2017)

À 600 km au-dessus de la Terre, deux astronautes (George Clooney et Sandra Bullock) sont perdus dans l’espace.

Difficile de rater les affiches ou les extraits diffusés aux infos, depuis une quinzaine de jours. Pour qualifier ce film, j’utiliserai l’adjectif copernicien. Un film qui bouleverse notre vision des choses, qui nous oblige à voir autrement notre condition d’êtres vivants.

Je ne vais pas m’attarder sur les images à couper le souffle, la Terre vue de l’espace et cet espace infini, ce néant, cette vaste étendue où toute vie est impossible dans laquelle flotte notre planète. Je vous laisse le plaisir de les déguster et la 3D ne retire bien entendu rien au charme du lieu.

Pour moi, Gravity n’est pas vraiment un film de science-fiction. Certes, la banlieue terrestre décrite n’est peut-être pas tout à fait conforme à ce qu’elle est aujourd’hui, mais on imagine qu’elle pourrait l’être dans quelques années.

Donc, ici, pas de contrées hostiles qu’auraient pu visiter Spoke et le capitaine Kirk, pas de mondes habités par de sympathiques créatures où Yoda aurait pu se cacher, pas de Faucon Millenium pour un Han Solo de passage, pas de planète où une dictature simiesque aurait pu s’installer, pas de paysage fabuleux pour un Avatar en manque de sensations fortes.

Non, rien de tout ça (que les fans de Kubrick se rassurent, il y a tout de même un clin d’œil à « 2001 l’odyssée de l’espace » dans la dernière scène), juste la triste réalité : une banlieue où seuls quelques grands mécanos d’acier peuvent servir de refuges aux humains, une banlieue dans laquelle les astéroïdes ne sont pas tous bios et prennent parfois la forme de vieux satellites abandonnés. D’autres êtres humains ? Il n’y en a pas, où alors, ce sont les cadavres d’une précédente expédition condamnés à flotter pour l’éternité dans ce liquide invivable. Si, quand même, il y a les voix terrestres qui arrivent par radio, seul lien des astronautes avec la Terre. Alors, forcément, pour eux, des aboiements de chiens, les cris d’un bébé…tout ça prend une autre envergure.

J’ai passé tout le film la bouche ouverte et les yeux écarquillés, ça ne m’était jamais arrivé.

Deux messages. Le premier est le dépassement de soi, thème très américain et archi rebattu, mais traité dans ces conditions, c’est quand même scotchant. Le second est écologique : la Terre prend une autre dimension quand on réalise mieux son statut de mécano naturel. Protéger la planète, ce n’est pas seulement pour faire plaisir à l’ours blanc de service ni à un quelconque chef indien planqué au fin fond de la forêt amazonienne. Protéger la planète, c’est parce qu’il n’y a pas d’autre alternative. Certes, il y a sans doute d’autres formes de vie dans l’univers, et peut-être un monde comparable au nôtre… qu’on ne trouvera jamais.

Edouard (28/10/2013)

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Le second souffle

 

Le livre qui inspira le film ‘Intouchables’, fort drôle surtout grâce au sourire éclatant de Omar Sy.
L’auteur,héritier d’une grosse fortune française, est devenu tétraplégique à la suite d’un accident de parapente.
Abdel, un jeune beur de banlieue devient son ‘diable gardien’.
Le film, bourré de scènes ‘à faire’, est de loin plus amusant que le livre.
Le vécu quotidien de la paralysie est un véritable enfer.

La joie de vivre d’Abdel sauve Philippe de la dépression.
Mais on se rend vite compte que le garçon est un véritable psychopathe.
Quant aux talents poétiques de l’auteur, je reste plutôt réservé.

Amitiés dubitative.

Guy

Le cinéma ne m’intéresse pas. Les « amitiés dubitatives » de Guy m’ont incitée à me pencher sur le livre. Après le livre je suis allée voir une interview sur Google et… le film.

Un fil ténu les raccorde. Et… J’ai relu le livre sous un jour nouveau…

Le livre : un ensemble de souvenirs, arrachés à la douleur, nous parlant de sa jeunesse, du « avant » et « après ». Le « après » est surtout après le décès de sa femme adorée plus qu’après sa chute en parapente. C’est là qu’il fait vraiment une dépression et qu’Abdel le sauve. Je me suis autorisée à sauter les délires, les citations et la poésie. Il est très cultivé mais assez « m’as-tu vu ».

Reste une très belle histoire d’amour à la façon d’un homme. C’est-à-dire avec égoïsme et fuite dans les moments trop difficiles d’où l’accident de parapente. Pourtant, il est sincère à sa façon et rend un très bel hommage à Béatrice.

Et puis l’histoire d’un mec qui souffre mais a d’onéreux caprices ne m’a pas très émue. Pas moyen d’éprouver la moindre compassion.

Le reportage : est-ce l’effet de l’image, du langage plus légato, de la réflexion plus murie ? Là, il fait amende honorable de son passé et plonge dans la religion et la philosophie. Difficile à croire.

Le film : plus marrant que le livre, certes. Le plus dur est à peine évoqué.

J’ai souri par moment. Le film ne raconte QUE ses rapports avec Abdel/Kriss et les frasques de ce dernier. Et encore, pas tout ou exagéré. Oui, Abdel était un voyou mais de là à dire qu’il est psychopathe, non !

On sent plus dans le livre le chemin parcouru par les deux hommes pour atteindre une certaine sérénité. J’ai encore préféré le livre…

 Extraits :

 P. 11 – « La souffrance tue la mémoire. »

P. 129 – « Le handicap, la maladie sont fracture et dégradations. [Et la vieillesse, donc !] Dans ces instants où l’on perçoit l’échéance de la vie, l’espérance est un souffle vital qui s’amplifie ; sa juste respiration en est le second souffle. » (??? !!!)

 P. 151 – « Des écrits de Marc Aurèle, j’ai lu : « Donne-moi la force de lutter contre les souffrances que je peux supprimer ; donne-moi la patience de consentir aux souffrances que je ne peux pas changer, et n’oublie de me donner la sagesse de savoir faire la différence. »

La Martine

POZZO DI BORGO Philippe

 Poche, 2012, 254 p.

Philippe Pozzo di Borgo – Poche 252 p.

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L’Écrivain de la famille

Quand je ne trouve pas les mots pour le dire, je copie la 4e de couve.
 » À sept ans, Édouard écrit son premier poème, quatre rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l’écrivain de la famille. Mais le destin que les autres vous choisissent n’est jamais tout à fait le bon…
Avec grâce et délicatesses, Grégoire Delacourt nous conte une histoire simple, familiale, drôle et bouleversante. »
« Un texte délicat, écrit sourire en coin… l’auteur dit la difficulté de s’extirper des rêves que les autres on formulés pour vous, d’échapper à l’identité qu’ils vous ont assignée. Ça ne l’empêchera pas de devenir écrivain. Mais en cessant de laisser la vie et les autres décider à sa place.
R. Leyris, le Monde des livres. »
Ce livre est plus personnel que « la liste de mes envies ». C’est son tout premier livre où il a mis beaucoup de lui-même, sans détour, sans critique pour ses proches, juste leur difficulté à vivre et l’amour qui les unit.
Un livre poignant.
Par contre, si l’auteur a enfin réussi à « apprendre » à écrire, il semble qu’il n’ait pas appris à éviter les procès, les pensions alimentaires et autres dommages et intérêts y afférant. Voir son dernier roman ; « La première chose qu’on regarde. » Sera-ce un destin imposé par les autres ???
Si l’auteur vire à la plampougnette people, je crois que je ne lirai pas la suite…
La Martine qui n’aurait pas dû aller sur Google.
DELACOURT Grégoire Poche, 2012 (Lattès 2011), 235 p.

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