La mort à Venise

Un écrivain vieillissant se rend à Venise, et tombe sous le charme d’un éphèbe de 14 ans qui séjourne dans le même hôtel que lui. Une épidémie de choléra règne en ville et finira par emporter le vieux poète.
Me souvenant du film homonyme de Visconti avec la musique lancinante de Mahler, j’ai retrouvé le même pouvoir hypnotique chez Thomas Mann.
Par moment – misère – le style ferait penser à Marcel Proust. Le style de Thomas Mann est tarabiscoté, les phrases sont malgré tout suffisamment brèves pour ne pas en avoir oublié le début quand on arrive au bout.
Tout cela est fort beau, par moments (emm…) ennuyeux.
La deuxième histoire se passe dans un sanatorium, et raconte la maladie d’une pianiste vivant avec un rustre en essayant de se convaincre qu’elle est heureuse. Un fort beau cas d’hystérie, qui se terminera mal.
La troisième histoire finit près d’un cimetière.
Trois nouvelles donc, pas très folichonnes, qui ne me donnent pas trop envie de lire la montagne Magique, un énorme boulet du même Thomas Mann.
Amitiés essoufflées,
Guy
Thomas Mann
Poche – 189 p.

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Les derniers jours de nos pères

« Londres, 1940. Soucieux de pallier l’anéantissement de l’armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill a une idée qui va changer le cours de la guerre : créer une branche noire des services secrets, le Special Operation Executive (SOE – juillet 1940 – juin 1946), chargée de mener des actions de sabotage et de renseignement à l’intérieur des lignes ennemies et dont les membres seraient issus des populations locales pour être insoupçonnables.
Quelques mois plus tard, le jeune Paul-Émile quitte Paris pour Londres dans l’espoir de rejoindre la Résistance. Rapidement recruté par le SOE, il est intégré à un groupe de Français qui deviendront ses compagnons de coeur et d’armes. Entraînés et formés de façon intense aux quatre coins de l’Angleterre, ceux qui passeront la sélection se verront bientôt renvoyés en France occupée pour contribuer à la formation des réseaux de résistance. Mais sur le continent, le contre-espionnage allemand est en état d’alerte.
L’existence même du SOE a été longtemps tenue secrète. Soixante-cinq ans après les faits, Les Derniers Jours de nos pères est un des premiers romans à en évoquer la création et à revenir sur les véritables relations entre la Résistance et l’Angleterre de Churchill. »
J’avais entendu parler d’Anglais parachutés, mais je ne connaissais pas le SOE. Le livre est un peu (beaucoup) romancé, mais, surtout, très bien documenté. J’ai transpiré lors des entraînements, tremblée lors des largages, frémie lors des actions, preuve que ce livre m’a passionnée.
Une page d’Histoire intéressante à connaître que j’ai lue d’un bout à l’autre, mais que j’ai été contente de quitter parce que la guerre est toujours une barbarie sans nom.
La Martine désarmée
DICKER Joël
Éditions de Fallois, 2012, 333 p.

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Le chat du rabbin

 

Je n’ai envie de parler sur ce blog que des choses qui me semblent positives. Ou alors, c’est pour dénoncer ce qui me révolte. C’est la raison pour laquelle je ne vous parlerai pas des « amants passagers ». En plus, j’aime bien Almodovar et ça me ferait du mal de lui taper dessus.

Dans les années 30, le rabbin Abraham vit à Alger avec sa fille Zlabya et son chat.

Une dizaine d’années que j’entends parler de cette BD, mais je n’avais jamais eu l’occasion de m’y plonger et n’ai pas vu non plus le dessin animé que j’essaierai de trouver en VOD.
J’ai pu rattraper une partie de mon retard en avalant d’une traite les cinq premiers volumes. Le sixième : « tu n’auras pas d’autre Dieu que moi » est attendu…depuis sept ans (on dirait presque une blague juive).

Le graphisme est assez simple, mais se laisse regarder : ça me fait un peu penser aux albums de Fred (mort mardi dernier), mais certaines planches sont plus fouillées et se rapprochent d’Hugo Pratt : deux dessinateurs nés juste après la crise de 29. L’atmosphère un brin surréaliste du « chat du rabbin » fait elle aussi penser à celles de Philémon et de Corto Maltese. Le message de tolérance interreligieuse est aussi très bien et pas trop appuyé, dilué avec parcimonie dans les aventures des héros.

Ce qui m’a le plus intéressé, c’est le fond historique. La France coloniale, mais surtout la vie des communautés séfarades dans les années 30. Aujourd’hui avec des films comme « la vérité si je mens », la culture séfarade est très largement vulgarisée. Dans les années 30, ça n’était pas le cas même si des écrivains comme Albert Cohen avaient écrit sur elles. A ce titre, j’ai beaucoup aimé l’histoire du neveu du rabbin qui vit à Paris et qui doit « faire l’arabe » pour gagner sa vie. Il explique à son oncle que pour les Parisiens, compte tenu de son type physique, ce ne serait pas compris s’il faisait le juif. Pour eux, le juif, c’est l’allemand, le polonais, le russe, bref, l’ashkénaze.

Le retour sur cette diversité culturelle, qui n’était visiblement pas toujours bien connue au sein même de la communauté (Abraham ignorait tout des falashas, juifs noirs d’Éthiopie) est à mon avis plus utile pour lutter contre l’antisémitisme que des discours lénifiants.

Une grande BD donc, à faire lire en priorité à tous ceux qui n’aiment pas lire. Les livres sont faits pour l’homme et non l’homme pour les livres : ce serait peut-être la morale de cette série.

Le chat du rabbin
Joann SFAR
2002-2006
Edouard

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Coupables

Quinze (15) nouvelles en 187 pages.
L’auteur est né en 1964 au pays qui inventa le ‘Blitzkrieg’. Son style d’une efficacité redoutable fait mouche à tous les coups. Les histoires défilent au pas de l’oie. Encore des comparaisons militaires?
À dire vrai, on a froid dans le dos en lisant: un viol collectif, des rites sataniques dans un internat, l’assassinat d’un sadique, un couple dans un sauna avec l’irruption d’un étranger qui (la suite dans le livre). Aucun des personnages n’est innocent, mais tous bénéficient de circonstances atténuantes. Ou aggravantes.
Monsieur von Schirach nous a déjà troublé avec ‘Crimes’, un autre recueil incendiaire, et un court roman ‘L’affaire Collini’, inédit en français à ma connaissance.
Voir http://www.tdg.ch/15592237/print.html
Amitiés frissonnantes,
Guy
Ferdinand von Schirach
Gallimard – 187 p.

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Les Cahiers d’un tueur

Un tueur à gages à la retraite forcée devient tueur pour la « petite justice ».
C’est un homme sans aucun sentiment qui tue, en apparence, pour rien. Ses sentiments se réveillent à la vue d’un enfant de 8 ans qui vient pêcher au bord du canal avec son grand-père. Thomas et Thomas vont s’apprivoiser.
Au fil du remplissage de 3 cahiers « petit format, grands carreaux », nous découvrons leur histoire.
« Fort d’une écriture limpide et percutante, ce roman nous immerge dans l’univers d’un criminel perturbé et pourtant attachant, un calculateur froid et raisonné qui ne se contente pas de tuer pour de l’argent.
Partagé entre empathie et répulsion, le lecteur partira à la découverte d’un personnage qui ne le laissera pas indifférent. »
Aucune répulsion. J’ai senti dès le début que les meurtres n’étaient qu’une partie du décor (d’autant qu’ils sont tous bien faits, bien propres, rapides et soignés.). Tout est dans cette histoire d’amitié entre un enfant et un adulte qui a souffert.
Un joli livre d’amour paternel, sans le savoir, un peu déroutant au début, mais très attachant et original.
La Martine insolite.
GRUHN Gérald
TDO, 2012, 306 p.

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Laissez-passer

Le général a décidé d’accélérer la cadence : un article tous les deux jours. Guy et Martine peuvent faire les fiérots, ils ont plusieurs semaines d’avance, mais moi, je n’ai rien en réserve et c’est mon tour aujourd’hui. C’est Pâques, je ne devrais pas trop avoir de mal. Le chocolat, les œufs…je suis pas trop inspiré.

Je peux toujours vous parler de ce que j’ai vu cette semaine à la télé.

Il y avait « Un jour sans fin » sur « D8 ». Je trouve que c’est une drôle d’idée de donner un nom de cellule de tableau Excel à une chaîne de télévision, pas vous ? C’était peut être la quinzième fois que je voyais ce film, mais je ne m’en lasse pas: Bill Murray, la journée de la marmotte, Andie MacDowell et cette réplique culte au bowling « si je me réveillais chaque matin le même jour, ça ressemblerait drôlement à ma vie »…un délice.

Mercredi, j’ai regardé « Crapuleuses » sur France 2. Quoi ? Vous l’avez pas vu ? Bon, je vous raconte.
Violette, une ado très réservée, arrive dans une banlieue un peu chaude avec ses parents.
Au lycée, sa commence très mal : elle devient vite la tête de Turc d’une bande de filles qui la tabassent et la rackettent régulièrement. Violette aurait pu s’effondrer, mais va trouver une parade et se débrouille pour devenir copine avec l’une des grandes blacks de la bande qui va l’intégrer dans le gang des « Crapuleuses ».
Les Crapuleuses zonent, font des conneries et rient très fort pour ne pas entendre leurs angoisses. Dans ce microcosme, Violette n’est pas très à l’aise.
Yara Pilartz, la toute jeune femme qui incarne Violette, est absolument extraordinaire. On la voit tout au long du film, écartelée entre ses désirs d’ado (avoir des copines, se sentir forte au sein d’ un « gang », embrasser des garçons…) et d’autres chemins qu’elle ne perçoit que confusément, mais qui feront d’elle une adulte. Je ne vais pas vous raconter la fin, mais Violette, tout comme Yara Pilartz, relève le défi haut la main.

Finalement, « Un jour sans fin » et « Crapuleuses » racontent un peu la même chose. L’histoire du parcours initiatique d’un homme d’âge mûr et d’une ado qui s’ouvrent à la vie, l’histoire d’un passage, d’un « Pessah », tout comme celle des Hébreux qui traversent la mer Rouge ou celle de la crucifixion du Christ.

Évoluer, se transformer, n’est-ce pas l’opportunité la plus formidable qui nous est proposée par la vie ? Cela mérite bien une fête.

Joyeuses Pâques !!
Edouard

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Chronique d’une mort annoncée

« Le jour où il allait être abattu, Santiago Nasar s’était levé à cinq heures et demie du matin pour attendre le bateau sur lequel l’évêque arrivait ».
Plusieurs années après l’événement, un homme – le narrateur du récit – recueille les témoignages et raconte les circonstances du meurtre du jeune Santiago Nasar, son ami, dans un village des Caraïbes.
Acaso sea Crónica de una muerte anunciada la obra más «realista» de Gabriel García Márquez, pues se basa en un hecho histórico acontecido en la tierra natal de escritor.
Une perle, par un auteur colombien récompensé par le prix Nobel en 1982.
Il arrive à combiner tragédie et dérision dans cette pseudo-enquête policière d’une humanité et d’une densité étonnantes.
Dans la scène de l’autopsie, il sublime l’esprit carabin tel que je ne l’ai jamais rencontré.
Beso amistoso,
Guy
Gabriel Garcia Marquez – Poche

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La Liseuse

Il s’agit plus d’un livre sur l’édition que sur la Liseuse.
Robert Dubois, célèbre éditeur sur le déclin, se voit imposer une liseuse par son associé, plus jeune et plus moderne.
L’aventure commence mal. En s’endormant sur le texte, il reçoit la Liseuse sur le nez. 730 gr. le marquent pour un moment.
« Il y a une foule de livres qu’il faut avoir lus, que tout le monde a lus, que je n’ai pas lus, estimant sans doute qu’ils avaient été assez lus sans qu’ils aient besoin que je les lise : pendant ce temps-là, je lisais d’autres livres. » François Caradec.
Voilà une pensée qui me convient très bien.
J’ai eu l’impression d’avoir déjà lu ce livre ou du moins quelque chose sur l’édition avec de l’humour qui lui ressemblait.
« Massacre pour une bagatelle » de Brami Émile.
La Liseuse est mieux écrite. Il y a, peut-être, un humour plus fin, mais…
La Martine refroidie
FOURNEL Paul R Mars.-13
P. O. L., 2012, 218 p.

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Just follow me

Je vais bientôt avoir 3 ans et, malgré mon jeune âge, j’ai soif d’indépendance. Je viens donc de créer mon compte Twitter (tapez « ddelary » dans le moteur de recherche twitter) sur lequel vous pourrez suivre mes aventures, celles de Martine, d’Alexandra, de Guy, d’Edouard, de Georges et celles de toutes celles et tous ceux qui voudront bien apporter leur contribution à cette belle aventure. Il n’y a aucune limite de registre. Les passionnés de cinéma et de littérature sont les bienvenus, tout comme les passionnés d’astrologie, d’opéra, de cuisine, de tricot, de jardinage….

Je me présente :

– Mon nom est celui que m’ont donné mes parents qui étaient fans de « shérif fais moi peur », mais qui n’avaient pas pensé à la personnalité controversée du général sudiste.

– J’aime la culture sous toutes ses formes. Mon thème de prédilection est la lutte de l’individu écrasé par la société. J’aime les gens qui s’engagent et qui ont des personnalités marquées. J’aime les choses qui bougent.

– Je n’aime pas les bannières et le prosélytisme politique et religieux. J’ai une haine profonde pour toutes formes de discriminations. Je déteste les vieux schémas simples et, plus généralement, toutes formes d’entraves intellectuelles. Je critique beaucoup notre société de consommation, mais je ne suis pas un ermite et j’en profite finalement pas mal.

Voilà, je n’ai sans doute pas tout dit ; le mieux pour vous rendre compte est encore de venir me rendre visite.

Si vous êtes intéressés, envoyez-moi vos contributions en cliquant sur « écrivez-moi » en bas à gauche de la page d’accueil du blog.

See you later

Général Lee

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Les mystères de sainte Freya

Une histoire plutôt plaisante, mettant en scène un évêque confronté à un corbeau qui doute la sainteté d’une religieuse belge.
Il manque tomber de son siège quand il reçoit un e-mail ‘Freya était une salope’.
Un représentant du sinistre Opus Dei s’occupe des contacts avec le Vatican, et voilà le lecteur embarqué dans une enquête policière bien ficelée, quoiqu’un peu faiblarde vers la fin. Un livre bien écrit, régionaliste (tout cela se passe à Liège), avec des allusions politiques belgo-belges qui probablement passeront au-dessus de la tonsure des franco-français ou des Helvéto suisses.
Un bémol de taille: l’auteur est enseignant, et même directeur d’un petit séminaire (collège catholique), et me laisse un peu l’impression de cracher dans la soupe (ou dans le bénitier). Quelques réflexions intéressantes sur l’hypocrisie de la hiérarchie religieuse ne m’enlèveront pas l’idée qu’il s’est généreusement servi au passage.
Amitiés au nom du père, etc.
Guy
Armel Job – Robert Laffont – 282 p.

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