La Vérité sur l’Affaire Harry Québert

Un Suisse romand qui raconte une histoire dans la pure tradition du roman américain, il faut le lire pour le croire.
Au passage, ce jeune homme a raflé le Grand Prix du roman de l’Académie française.
On pourrait y ajouter le titre de Roman sans Frontières.

Le lecteur ne s’ennuie à aucun moment dans ce labyrinthe truffé de fausses pistes et de coups de théâtre.

Harry Québert, auteur comblé, prend sous son aile le jeune Marcus et lui montre le chemin du succès.
Malheureusement pour lui, il est mêlé à une histoire criminelle sordide.
Marcus fera tout pour disculper son maître, et cela ne passera pas sans dégâts.

Croyez-moi, l’auteur, né en 1985, fera encore parler de lui.

Amitiés passionnées,

Guy.

Joël Dicker – De Fallois Poche

Le cimetière de Prague

Simon Simonini, notaire viscéralement antisémite souffrant d’un profond dédoublement de personnalité et faussaire de haut vol, déambule dans la France et l’Italie du XIXe siècle. Il sera notamment l’auteur du « bordereau » de l’affaire Dreyfus et de la première version des « protocoles des sages de Sion ». Traduits en Russe et diffusés à partir de 1905, ils entretiendront la flamme du complot Judéo-Maçonnique au cours des décennies suivantes.

Le cimetière de Prague est l’avant-dernier roman d’Umberto Eco qui nous à quitté en 2016. C’est un « négatif » du « nom de la Rose ». Simon Simonini, apôtre de l’obscurantisme dans une Europe postrévolutionnaire en cours de reconstruction idéologique est un anti-Guillaume de Baskerville porteur de lumière dans l’occident médiéval. En opposition au « faux vrai » que constituait le livre d’Aristote sur le rire jalousement gardé par les frères, il est ici question de « vrai-faux » puisque le bordereau et les protocoles ont bel et bien existé.

Eco est un érudit et avant tout un essayiste. La question du vrai et du faux jalonnera son œuvre, dans ses essais (la guerre du faux en 1985) mais aussi dans Baudolino, personnage qui dit être un menteur professionnel. Sur bien des aspects, le travail du romancier s’apparente à celui du faussaire. Il ne s’en distingue qu’en affirmant que le récit auquel il s’est efforcé de donner une apparence de réalité n’est pas vrai.

Le succès des faux au XIXe siècle dépend largement de l’état d’esprit d’une société qui tend à se détacher de la religion pour se raccrocher à une science encore balbutiante, en particulier dans les domaines de la psyché, frisant souvent avec le paranormal. Dans cette nébuleuse fleurissent des sociétés secrètes parfois rattachées à la franc-maçonnerie voire au satanisme et dont l’existence est souvent moins défendue par leurs adeptes que par leurs détracteurs. L’érudition de l’auteur en la matière est foisonnante et même parfois écœurante.

Dans ce maelstrom, le judaïsme ne trouve plus une place évidente. Ce sera le rôle de faussaires comme Simonini et d’antisémites farouches comme Édouard Drumont  de le positionner. Dans l’Europe en cours de déchristianisation de la révolution industrielle et du communisme naissant, les juifs se voient accusés du déclin de la religion, d’être les suppôts du grand capital et de diffuser le communisme (la haine ne soucie pas des incohérences). Un tel pouvoir de nuisance ne peut être exercé que par une organisation internationale. De là à faire le lien avec la Franc-maçonnerie, il n’y a qu’un pas que beaucoup n’hésiteront pas à franchir. Au début du siècle, l’antisémitisme est un baril de poudre et les « protocoles des sages de Sion » allumeront la mèche.

Dénoncés comme faux dès 1921, ces protocoles n’en seront pas moins authentifiés dans Mein Kampf en 1925 dans une Allemagne humiliée par le traité de Versailles et à la recherche d’un bouc émissaire.

Édouard

Umberto Eco

Le livre de poche

AGATHA CHRISTIE : une autobiographie

75 années de la vie de la reine du crime.

J’ai eu ma passion Agatha Christie vers 10, 12 ans. De la bibliographie annexée à l’ouvrage, j’ai très peu de souvenirs des intrigues en dehors de celles de « 10 petits nègres » et du « meurtre de Roger Ackroyd ». Certains titres me parlent, d’autres ne me disent rien du tout et pour certains, j’ai des doutes. Et puis, j’en ai eu marre, toutes ses intrigues se confondaient, répondaient toujours à un procédé un peu tricheur : on dévoilait 10 pages avant la fin des relations insoupçonnées entre les personnages, qui remettaient tout en question. Agatha  est devenue pour moi, comme pour beaucoup, une sorte d’adjectif, synonyme d’un univers social aseptisé. Je savais aussi qu’elle avait été mariée à un archéologue et comme ma passion pour l’archéologie est arrivée en même temps que ma découverte d’Agatha Christie, un certain lien affectif avec la romancière s’est tissé.

Cet univers social aseptisé est celui de son enfance bourgeoise et victorienne. C’était un univers sur deux niveaux (maîtres/domestiques) très codifié et uniquement troublé par les criminels. Heureusement, la police et les détectives étaient là pour rétablir l’ordre.

Agatha n’était pas une rebelle, plutôt une gardienne du dogme. Elle n’avait pas de parti pris politique ni idéologique. Elle s’engagera comme infirmière en 14 comme en 40, pour défendre son pays contre l’ennemi mais ne fait de distinction entre l’Allemagne de 14 et celle de 40. Elle raconte comment elle fait la connaissance d’un nazi dans les années 30 en Irak qui prône l’extermination des juifs, mais n’en tire aucune conclusion. Elle dit « c’est un nazi » comme on pourrait dire « c’est un écureuil » ou «c’est  une belette ». Elle refusera de participer à la propagande alliée et rejettera à ce titre la proposition de Graham Greene au motif « qu’elle comprend les différents points de vue ». Elle tient aussi des propos très durs sur la criminologie : une vision très génétique du criminel. Convaincue de son caractère nuisible et incurable, elle ne voit comme autre issue à l’extermination que son utilisation comme cobaye dans le cadre d’expérimentations scientifiques.

Cependant, je ne pense pas qu’Agatha Christie ait été une collabo. C’était juste une femme de son temps, soucieuse de profiter le mieux possible de sa vie sans trop s’intéresser aux soubresauts du Monde. Sa description du proche orient fait beaucoup penser à Tintin : un univers pacifique et sans frontières avec des Européens partout. Elle parle des Arabes, mais à aucun moment de la religion musulmane.

Que les fans se rassurent, il est aussi question d’écriture et du métier d’écrivain, mais surtout à ses débuts, quand elle répondait clairement à la satisfaction de besoins financiers. Dans les quelques pages d’épilogue qui sonnent comme un testament, la plume est absente de la liste des souvenirs qu’elle souhaiterait emporter dans l’autre monde.

Edouard

Agatha Christie

Éditions du Masque

2006

L’astragale

Anne se casse l’astragale en s’évadant de prison et rencontre Julien, l’homme de sa vie.

Ce roman très autobiographique d’Albertine Sarrazin est devenu un classique. C’est effectivement après s’être évadé et cassé l’astragale qu’elle rencontrera Julien Sarrazin qui deviendra l’homme de sa courte vie puisqu’elle mourra a 29 ans en 1967.

J’ai pensé à Henri de Monfreid et aux « secrets de la mer rouge » lus il y a quelque temps. Tous deux furent des icônes de leur époque (les années 30 pour le premier et les années 60 pour la deuxième). Tous deux raconteront dans leurs romans leur vie chaotique de voyous bien aimés par leurs contemporains. J’aurais eu du mal à lire ses deux ouvrages. Moins de mal tout de même à lire l’astragale qui a forcément moins vieilli même si la bisexualité d’Anne devait plus impressionner dans les années 60 qu’aujourd’hui. Cependant, le style reste un peu plat, assez descriptif. Je ne pense pas qu’il suffise d’avoir une vie aventureuse pour écrire des romans d’aventures qui ne font que copier/coller la vie de l’auteur. Pour reprendre le célèbre débat de Proust et Sainte-Beuve, le but d’un roman ne peut être selon moi d’écrire la vie de l’auteur, il doit y avoir une distance, même si la séparation ne pourra jamais être totalement étanche, bien entendu.

Bref, je me suis beaucoup ennuyé en lisant l’astragale. D’ailleurs, la cavale d’Anne est très ennuyeuse, rien à voir avec celle de Papillon ou du Comte de Montecristo. Anne s’ennuie beaucoup, fait passer le temps en attendant Julien qui vient très peu la voir. Elle finira par en avoir assez de se farniente et essaiera de s’activer un peu. Comment s’activer quand on est en cavale sans reprendre les mauvaises habitudes ? Anne retombera inévitablement dans le vol et la prostitution. On ne sait pas vraiment si elle a conscience qu’elle est recherchée, elle n’en parle pas, mais c’est peut-être tellement évident pour elle qu’elle ne ressent pas le besoin de l’évoquer. Cela fait partie de sa vie finalement : jouer au gendarme et au voleur.

Dans les histoires d’évasion, c’est toujours le moment de l’évasion qui est le plus sublime. Après, le « pour faire quoi ? », « pour aller où ? », c’est toujours un peu raz des pâquerettes, sauf pour le comte de Montecristo qui avait un vrai objectif. Mais Anne n’est pas Edmond Dantès et Albertine Sarrazin n’est pas Alexandre Dumas. L’évadée de l’ « astragale » semble surtout vouloir prendre l’air sans trop savoir pourquoi, parce que c’était sympa de s’évader. Ayant retrouvé sa liberté, elle semble se contenter de regarder passer sa vie comme une vache regarde passer les trains en se doutant que l’on viendra tôt ou tard la ramener à l’étable.

Edouard

L’astragale

Albertine Sarrazin

1964

Instrument des ténèbres

Bouleversante alchimie entre Barbe, née à la fin du XVIIe siècle en France et Nadia, vivant aux États-Unis dans un XXe siècle finissant. Ce qui fait le lien entre les deux femmes, c’est l’écriture. En effet, Nadia est écrivain et Barbe: un de ses personnages.

Ce livre, dont je n’avais jamais entendu parler, mais qui avait dû faire un certain bruit à l’époque, puisqu’il a reçu plusieurs prix en 1996 et 1997, est une prouesse à plusieurs titres.

Historiquement, la retranscription du monde de Barbe est fascinante. J’ai toujours du mal à imaginer un système de représentation dépourvu de tout socle scientifique, un monde dans lequel tout phénomène est interprété à la lueur de superstitions plus ou moins influencées par la religion chrétienne, seul référentiel officiellement valable. Quand elle pointe le bout de son nez, à travers une médecine rudimentaire ici, la science est vue avec réserve. Elle reste un ensemble de pratiques douteuses. Les paysans y reconnaissent une odeur de soufre qui ne vient d’on ne sait où : « il vaut mieux pas savoir ». C’est cette société sans « Lumières » qui fera de Barbe une sorcière, elle qui n’avait pourtant connu d’autres démons que sa condition de femme sans attache.

On pouvait s’y attendre, c’est tout d’abord par le biais de l’intimité féminine que Barbe et Nadia se rejoignent. Barbe n’a peut être pas été inventée de toute pièce et Nadia a sans doute trouvé durant son séjour dans le Massif central, des documents officiels concernant des femmes qui auraient très bien pu être Barbe. Toutefois, on s’en rend rapidement compte, Nadia a mis beaucoup d’elle dans Barbe, peut-être plus qu’elle ne l’aurait voulu.

Ce que met Nadia dans Barbe lui échappe en effet partiellement, tout comme ce qu’elle met d’ailleurs dans le reste de l’ouvrage. Nancy Huston nous plonge ainsi dans les ténèbres de la création littéraire. Nadia dialogue avec un « autre » fantomatique qu’elle nomme « daîmon ». Il est sa muse, son inspiration, sa plume, son mentor, son bourreau. Daîmon fait remonter toutes ces choses enfouies dans l’inconscient de Nadia, tous ses souvenirs qu’elle voulait oublier et qui lui explosent à la figure, tous ses vrais morceaux d’existence qui se retrouvent dans chaque personnage, dans chaque animal, dans chaque arbre et jusque dans le ciel de la campagne française, un peu comme si l’histoire de Barbe n’était en définitive qu’une vision kaléidoscopique de celle de Nadia.

Les relations entre les deux consciences de l’écrivain s’enveniment rapidement. Le récit de l’histoire de Barbe finit ainsi par devenir le reflet d’une lutte intérieure entre Nadia et daîmon. L’issue restera incertaine jusqu’à la fin, mais Nadia finira tout de même par s’imposer. Tout d’abord indigné par la ruse de Nadia, daîmon finit par reconnaître sa défaite. Libéré, s’étant affranchi de toutes contraintes, de tout déterminisme, l’écrivain va maintenant pouvoir voler de ses propres ailes. Contre toute logique, contre toute vraisemblance, il sauvera in extremis la pauvre Barbe vouée à une mort certaine, se sauvant lui-même par la même occasion. C’est maintenant le seul maître à bord.

Texte: Édouard

Illustration: Magali

Instrument des ténèbres

Nancy Huston

1996

L’affreux Pastis de la rue des Merles

Un vol de bijoux et un assassinat sont commis le même Jour à Rome dans un immeuble de la rue des Merles. Le commissaire Ingravallo enquête.

J’avais acheté ce livre au début des années 90 parce qu’un des personnages de la saga Malaussène de Daniel Pennac en parlait tout le temps. Après plusieurs tentatives, j’avais jeté l’éponge, tant le style me semblait impropre à la consommation. C’est rare que je ne termine pas un livre, je déteste ça. Généralement, les livres non terminés me hantent, mais celui-là, j’avais fini par l’oublier…jusqu’à ce qu’on m’en parle il y a un mois. C’est alors que je me suis rendu compte avec stupeur que « l’affreux Pastis de la rue des Merles » était toujours dans ma bibliothèque, qu’il m’avait suivi ni vu ni connu dans tous mes déplacements depuis 25 ans. J’ai décidé d’en finir une bonne fois pour toutes.

Le goût indigeste des 20 premières pages de l’époque m’est revenu tel quel, mais, ayant élargi ma gamme de lecture depuis les années 90, j’ai décidé de poursuivre. Dans la catégorie des romans policiers incompréhensibles, mais pas si mal en définitive. J’ai lu il y a quelque temps « Vice caché » de Thomas Pynchon qui m’a fait comprendre qu’on pouvait trouver autre chose dans un polar qu’un classique « who done it ? ». Cependant, nous ne sommes plus ici dans les communautés hippies du Los Angeles de 1969, mais 40 ans plus tôt à Rome, ce qui fait que 95% des références m’ont échappées (je n’ai retenu que celles relatives à Mussolini et aux fascistes). L’orthographe est très approximative, en particulier dans les dialogues, ce qui nuit beaucoup à la compréhension globale de l’intrigue. Cela est sans doute plus sympa à entendre. Les Italiens, ou ceux qui connaissent mieux l’Italie que moi trouveront certainement une saveur particulière dans cette diversité d’accents, mais moi, j’avais l’impression d’être perdu au beau milieu d’un élevage de volailles, essayant péniblement de trouver un sens à tout ça. À partir de la page 200, j’ai pris la décision de laisser tomber toute tentative de compréhension et de me laisser porter par les mots. Chez Celine, c’est une musique. Chez Pynchon, c’est une odeur. Chez Gadda, c’est un goût, celui d’une espèce de potée paysanne peu digeste, mais qui tient au corps, avec quelques rares bons morceaux particulièrement réalistes qui donnent un peu de couleur à l’ensemble.

J’ai tout de même compris qu’on retrouvait les bijoux cachés dans un panier rempli de noix, que plusieurs chapitres se passaient dans la campagne romaine et qu’au bout des 317 pages, on ne savait toujours pas qui était l’assassin. Ou alors, je n’ai pas compris, ce qui est fort probable. Avis à la population : moi, Édouard, actuellement à Paris, j’invite tous ceux et toutes celles qui ont lu l’affreux Pastis de la rue des Merles et qui ont compris quelque chose, à prendre contact avec moi. Je veux bien qu’on m’explique un peu ce qu’il y avait dans la potée.

Carlo Emilo Gadda

1957. Point ed.1983

Zdouard

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Ce qui ne me tue pas

Après le décès de Stieg Larsson, en 2004, il s’est passé des choses peu reluisantes entre ses héritiers.
Je suppose que ceux-ci se sont mis d’accord pour autoriser David Lagercrantz à faire revivre Mikael Blomqvist et Lisbet Salander, les héros des trois premiers volumes de la saga Millénium.
Un peu sceptique au départ, je me suis laissé prendre par cette nouvelle intrigue.

Un Suédois travaillant pour la  NSA (National Security Agency) Américaine , revient dans son pays natal, bien décidé à s’occuper de son fils August, un petit garçon autiste terriblement attachant.
La vie de cet homme est un saccage, celle de son ex-épouse également (elle est remariée avec un acteur raté et alcoolique).
La NSA ne laisse pas ses collaborateurs courir dans la nature, et il arrivera des broutilles au transfuge.

Blomqvist et Salander réussiront à pénétrer dans les ordinateurs ultra-secrets de l’agence américaine, et en apprendront de belles…
De nombreux personnages patibulaires, parmi lesquels la sœur de Lisbet, donneront du fil à retordre à la Säpo, la Sécurité suédoise, et de délicieuses sueurs froides au lecteur.

J’ai été épaté par la manière dont l’auteur arrive à faire revivre des personnages devenus mythiques.
Même William Boyd s’est cassé les dents il y a peu, en ressuscitant James Bond.

Amitiés scandinaves,

Guy

Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist survivent à leur créateur.

On croyait qu’avec la mort de Stieg Larsson, tout était fini et que le mythe était définitivement figé. Quoi de plus mythique en effet que la mort prématurée d’un romancier suédois qui vient de déposer chez son éditeur  des ouvrages qui dénoncent les travers de cette société ? Avec l’histoire de la compagne de l’écrivain se trouvant dans l’incapacité juridique de toucher le moindre fragment des droits d’auteur de ce succès planétaire, la réalité dépassait la fiction. La hackeuse lesbienne géniale et le journaliste de choc étaient-ils condamnés à sombrer dans l’oubli ? Peut-être, en tout cas, on n’aura jamais le fin mot de l’histoire puisque David Lagercrantz leur redonne vie avec ce quatrième opus.

L’ouvrage s’ouvre sur une rédaction du journal d’investigation un peu au bout du rouleau et un Mikael Blomkvist commençant à voir approcher la terrible cohorte des « has been » l’invitant à rejoindre ses rangs. Heureusement, les circonstances lui permettront d’éviter ce funeste destin…pas besoin d’être psy pour comprendre les circonstances qui ont pu inspirer ce scénario au nouvel auteur.

Le tout est une réussite et finalement, tout le monde avait envie d’avoir des nouvelles de Lisbeth et de Mikael. L’histoire tourne beaucoup autour de l’indestructible hackeuse, impliquée dans une affaire d’intelligence artificielle et qui se retrouve dans l’obligation de s’occuper d’un jeune autiste.

Les spécialistes de l’autisme feront peut-être la fine bouche et je me suis demandé comment un enfant qui n’avait jamais parlé pouvait écrire et comprendre ce qu’on lui disait. Bon, je ne suis pas médecin, c’est peut-être possible.

Les personnages présents dans les 3 premiers volumes sont fidèles à ce qu’ils étaient. Les nouveaux personnages sont plus ou moins bien réussis. Pas mal le jeune autiste et l’acteur alcoolique et violent. Un jeune journaliste venant d’arriver à la rédaction de Millenium est pas mal non plus. Par contre, il y a une méchante que j’ai trouvé un peu caricaturale, un peu ratée, mais peut-être qu’elle prendra de la profondeur dans les prochains épisodes.

Il y a aussi une fidélité certaine tant au niveau de l’action que du souffle dénonciateur et un peu anarchiste des précédents volumes. Petit plus il me semble avec un style qui atteint parfois un niveau d’émotion dont je n’avais pas le souvenir, peut être la touche perso de Lagercrantz.

Bref, ils sont revenus en forme pour notre plus grand plaisir. On attend la suite et aussi l’adaptation cinématographique qui ne saurait tarder.

Edouard

 

Ce qui ne me tue pas

Actes Sud

2015

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Jet d’encre

Comment avoir un blog à la fois très personnalisé et ouvert à d’autres contributeurs ? Je me suis posé très tôt cette question avec « cultureDoud », puis avec « Général Lee », sans vraiment trouver de réponse satisfaisante. « Jet d’encre » tente d’apporter une réponse en traitant les deux questions séparément. Les deux faces de « Jet d’encre » reprennent l’intégralité des articles présents sur le blog, mais font un choix de présentation différent.
« Le coin des critiques »
Cette facette est totalement ouverte à tous ceux et bien entendu à toutes celles qui souhaiteraient publier des critiques de livres ou de cinéma. Les catégories ont aussi été développées pour mieux donner aux visiteurs d’y flâner ou d’y trouver des idées. La catégorie cinéma comprend 20 subdivisions qui correspondent aux thématiques de classement du site « allociné ». La catégorie « livres » comprend 7 subdivisions : BD, Biographies, essais, jeunesses, nouvelles, romans, tourisme. La rubrique « romans », de loin la plus volumineuse du blog et à laquelle je n’ai contribué que très partiellement est elle-même divisée en 8 catégories.
« Le coin de l’auteur »
Ce côté est composé de 10 thématiques qui, selon moi, résument ce qu’est un auteur. L’auteur, c’est moi, mais pas seulement, n’importe quel auteur devrait pouvoir s’y reconnaître. Les habitués du blog remarqueront peut-être la disparition d’un certain nombre de rubriques : expos, télé, gastronomie, Web/tech… Jet d’encre coupe les ponts avec l’ambition d’universalité du blog. Finalement, il y a peu de choses qui m’intéressent vraiment et en tant qu’auteur, il n’y a qu’une seule question qui me passionne : comment écrire la place de l’individu dans la société ? Les quatre rubriques « Écriture », « Psy », « Histoire » et « Société » apportent des éléments de réponse. Viennent ensuite deux thématiques qui tournent autour de l’écriture. La première est philosophique : qu’est-ce que la « création » artistique ? La deuxième est économique et technique : comment diffuser une œuvre ( « édition ») ? Viennent ensuite ceux qui accompagnent l’auteur: le totem (Georges pour moi) et les maîtres regroupés dans la rubrique « Mentor ». Et puis, enfin, l’ère culturelle de l’auteur (France et Europe pour moi).
Il n’y a pas de séparation hermétique entre les deux côtés et « le coin de l’auteur » est très largement alimenté par « le coin des critiques ». Si l’aventure vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter en cliquant sur « écrivez-moi », à droite, juste au-dessus des archives.

Edouard

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La classe Eco

Mon cher Umberto,
Je n’avais pas lu beaucoup de livres de toi : le nom de la Rose au collège, le pendule de Foucault au lycée que j’avais un peu lu pour faire style et puis, plus récemment, Baudolino.
La nouvelle de ta disparition il y a 2 heures a inondé mon corps d’un froid qui ne me quitte plus. Je ne pensais pas tous les jours à toi et c’est aujourd’hui que je réalise combien tu étais important pour moi.
La découverte à 15 ans de Guillaume de Baskerville combattant l’obscurantisme médiéval a été une révélation et bien plus encore, la naissance d’une vocation : c’est lui que je voulais être et c’est toujours lui que je veux être.
Tu étais pour moi une sorte de frère Guillaume, un élément essentiel autour duquel l’univers tournait, comme le pendule de Foucault. Tu étais un phare pour moi, pourquoi t’es-tu éteint ? Où aller maintenant, quel chemin suivre ?
Il y a d’autres gardiens du temple heureusement, mais beaucoup de marchands aussi et les défenseurs acharnés de la liberté de penser ne sont pas innombrables. Il faudra faire sans toi, trouver un nouveau phare et aider les jeunes générations à tracer leur route. Tu me fais vieillir Umberto, ou peut-être me fais tu seulement prendre conscience que je ne suis plus l’adolescent fasciné par l’intelligence de Guillaume de Baskerville.
Tu me manqueras mais je sais aussi que tout ce que tu as créé est immortel, tu nous a laissé tous les outils qui nous aideront à trouver notre voie.
Merci
Edouard

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Le général passe la main

Les lecteurs habituels de « Général Lee » auront certainement noté une forte baisse de régime en 2015. Ce phénomène est, en partie, lié à une évolution professionnelle très chronophage, en particulier au premier semestre 2015, mais elle est aussi l’expression d’un sentiment confus : il y avait quelque chose d’usé, de vieilli dans « général Lee » qui devait évoluer.
« Général Lee », qui se veut une ouverture culturelle globale associant de nombreux contributeurs est un concept compliqué. Plusieurs constats. Tout d’abord, le nombre des contributeurs a été très modeste. Ensuite, pour ce qui concerne l’ouverture culturelle globale, il n’y aura probablement jamais d’articles « bricolage », « équitation » ou « course cycliste ». Enfin, l’intitulé même du blog semble peu parlant. Il repose d’une part sur les épaules d’un général sudiste de la guerre de Sécession dont on ne parle jamais et d’autre part sur celles de « shérif fais-moi peur », une série télé aujourd’hui presque oubliée. Toutes ces raisons m’incitent aujourd’hui à faire évoluer le blog en le recentrant sur le sujet qui me tient le plus à cœur : l’écriture.
À partir du 1er mars, «Général Lee » deviendra « Jet d’encre ». L’ensemble des posts seront conservés. Il y aura seulement quelques évolutions dans les rubriques avec en particulier la distinction entre la rubrique « Écriture » et la rubrique « Édition ».  Un effort sera aussi fait dans les classements des posts par pour appuyer la transversalité des sujets abordés.
Pour moi, le travail le plus important, initié dès aujourd’hui, mais qui ne sera probablement pas terminé le 1er mars, concerne le contenu des posts. En effet, un blog dédié à l’écriture ne peut supporter de trop nombreuses coquilles (orthographe, grammaire, conjugaison, ponctuation…). J’avais beau faire attention, j’avais beau essayer d’effacer l’ancien cancre en orthographe abonné au 0 en dictées, il y en avait toujours. Il m’arrivait fréquemment d’en trouver en relisant de vieux articles. Certains lecteurs m’en parlaient, d’autres non, peut-être parce qu’ils ne les voyaient pas ou parce qu’ils ne voulaient pas me vexer. Bref, j’ai décidé de prendre les choses en main. Dans l’accomplissement de cette tâche, je suis aidé par le logiciel québécois: Antidote. Cette application très efficace que m’a fait découvrir Guy, l’un des grands contributeurs de « Général Lee », était aussi recommandée par un ouvrage sur les méthodes en écriture qui m’a été offert à noël. Il m’a fait en particulier découvrir l’univers merveilleux des tirets, des accents circonflexes et des accents sur les majuscules.
Bref, profitez bien pendant le mois à venir de la cousine Daisy collée à la fameuse voiture des maudits Duke et qui s’éclipsera le 1er mars.
Edouard

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