Athènes

L’instant que je retiendrai est mon arrivée à Roissy: 13° ! Aznavour avait sans doute raison, la misère doit être moins pénible au soleil. Car de la misère, il y en a beaucoup là bas. On ne peut peut être pas tout imputer à la crise, mais quand même, les commerces indiqués dans mon guide qui ont fermé depuis sa publication, cet énorme personnage dégoulinant de graisse tagué sur un mur et sur le ventre duquel sont tatoués, un €,un $ et deux mots sans appel « always hungry »…il y a des signes qui ne trompent pas.

Donc, le soleil est là, la mer aussi, bleue, comme le ciel, Le Pirée, ce port du bout du monde que le soleil inonde, de ses reflets d’argent…et puis il y a la méditerranée, sa culture, sa cuisine, alors forcément, c’est moins pénible. Ça, c’est la carte postale, c’est le petit rab d’été que viennent chercher les Européens de l’ouest (beaucoup de Français) en octobre.

Mais bien entendu, la culture grecque ne se limite pas à son économie, à sa météo et à sa gastronomie. Athènes, pour l’occident, c’est tout d’abord l’antiquité, celle de l’Acropole, du Parthénon,  celle des mythes importés par les Romains et de la philosophie, les fondements de notre civilisation occidentale.

L’Ouest ne pense pas immédiatement à l’Empire byzantin et à la religion orthodoxe. Pourtant, cette dernière, très éloignée du catholicisme triomphant de l’Ouest, est très présente. Une religion en résistance, comme en témoignent ces microéglises qui pullulent un peu partout.

Avec la « résistance », on aborde une part de la culture grecque dont il est encore difficile de parler et sur laquelle mon guide prend bien soin de ne pas s’étendre : l’occupation ottomane.

Les Grecs ont-ils résisté pendant 400 ans sans être imprégnés par les Turcs ? Religieusement, ils ont résisté, c’est certain. Il y a bien la mosquée de Monastiraki, les bains des vents,  les pâtisseries orientales, quelques narguilés disséminés ici et là, mais…c’est plutôt discret pour la capitale d’un pays qui ne s’est libéré qu’en 1821. Peut-être que les ottomans n’accordaient pas beaucoup d’importance à Athènes, c’est bien possible. Cette influence ottomane, on la retrouve tout de même au musée des arts et traditions populaires, toute une gamme de vêtements et d’objets inspirés des cultures indienne et chinoise, importées par les Turcs. Ces 400 ans, on les retrouve aussi dans les 400 plis des jupes des gardes nationaux : la résistance à l’ottoman fait partie intégrante de l’identité nationale. Pas facile de régler le conflit chypriote ou d’admettre la Turquie dans l’Union européenne dans ces conditions.

La question de l’héritage ottoman ne concerne pas que la Grèce, mais une bonne partie de l’Europe de l’est. Qui, à l’Ouest, est disposé à reconnaître que nos bases culturelles romaines, catholiques et protestantes ne peuvent plus constituer à elles seules le référentiel culturel de l’Union européenne ? Et l’Europe de l’est, que fera-t-elle de cet héritage ? Peut-on vivre sereinement en escamotant son passé ? Un beau sujet de philo.

Edouard

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La folie Foucault

Un très étonnant roman commençant à Cambridge.
Un jeune étudiant se passionne pour Paul Michel, écrivain et philosophe français, homosexuel, prix Goncourt.
Ce personnage imaginaire est lui-même passionné par Michel Foucault, le provocant philosophe mort du sida en 1984.
Paul Michel a disparu de la scène littéraire depuis de nombreuses années, et l’étudiant le retrouve dans un hôpital psychiatrique, à Clermond-Ferrand.
Racontée comme cela, l’histoire semble fabriquée de toutes pièces.
Et pourtant, la description de la folie du personnage principal tient de la performance.
La violence et le manque de balises seront à l’origine du drame final.
Amitiés schizophrènes,
Guy.
P.S. Ce livre est cité dans ‘Les 1001 livres qu’il faut avoir lus dans sa vie’ un collectif dirigé par Peter Ackroyd, avec parmi d’autres Jean d’Ormesson. Comme toute compilation, celle-ci reste subjective. Mais elle permet de découvrir des lectures absolument inédites et de grande valeur.
Allons, la lecture a encore de beaux jours devant elle…
Patricia Duncker – Calmann-Lévy – 207 p.

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L’échange des princesses

 

« En 1721, Philippe d’Orléans est Régent de France. Surgit alors dans sa tête une idée de génie : proposer à Philippe V d’Espagne un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans et la très jeune infante, Anna Maria Victoria, âgée de quatre ans. Il ne s’arrête pas là : il propose aussi de donner sa fille, Melle de Montpensier, âgée de douze ans, comme épouse au prince des Asturies, héritier du trône d’Espagne, pour renforcer ses positions et consolider la fin du conflit avec le grand voisin.
La réaction de Madrid est enthousiaste et les choses se mettent vite en place. L’échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe… »
Si l’idée est géniale, l’Histoire va en décider autrement et si ces jeunes princesses ont été réellement mariées, compte tenu du court laps de temps de leurs unions, l’Histoire n’a pas retenu leurs noms.
Le tout nous est raconté scrupuleusement avec courriers d’époque conservés aux Archives de Madrid.
Un style allégé pour nous narrer les petites histoires de la grande et l’ambiance de cour qui ne manquait pas de verdeur.
La Martine tète en l’air (doux et ensoleillé)

     THOMAS Chantal

 Seuil, 2013, 334 p.

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La puissance discrète du hasard

 

Ancien joueur de tennis et de squash professionnel, excellent joueur d’échecs, l’auteur cultive depuis longtemps un amour de la vie, de la philosophie, en un mot, de l’écriture.
Voilà un dilettante qui s’exprime avec brio.

Il parle au début de son livre de la grande, tendre et chaleureuse franc-maçonnerie de l’érudition inutile.
Il s’agit d’un voyage dans différentes manières de sentir le monde, d’où la pensée magique n’est pas exclue.
Notre synchronicité avec la vie qui nous entoure, n’est-ce pas là un beau thème de réflexion?
Que pensez-vous de ce haïku japonais ancien ?
« Quand je serai mort
sois la gardienne de mon tombeau
sauterelle. »

L’ouvrage fourmille de citations et de références.
Un chapitre entier est consacré à la sérendipité, dont voici une des définitions: l’art de trouver ce que l’on ne cherche pas en cherchant ce que l’on ne trouve pas. Ne vous est-il jamais arrivé, en cherchant, mettons, votre cravate jaune canari, de retrouver votre paire de bretelles passée au chapitre pertes et profits?
De nombreux exemples, à commencer par la célèbre découverte de la pénicilline par Alexander Fleming, attestent le rôle du hasard dans la progression des sciences.

Quelques titres de chapitres:
Au bon endroit, au bon moment.
Au mauvais endroit au mauvais moment.
Est-il encore permis de flâner?
L’effet placebo est-il un mythe?

Une promenade érudite, donc, mêlant avec humour l’anodin et le plus profond,

Amitiés hasardeuses,

Guy

Denis Grozdanovitch – Denoël – 321 p.

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La double vie d’Anna Song

« Ce roman est pour partie inspiré d’une affaire réelle, celle de la pianiste Joyce Hatto. Plusieurs des coupures de presse (fictives) qui rythment le texte (tout aussi fictif) sont ponctuées de clin d’oeil à celles véritablement suscitées par ce scandale qui a éclaté en 2007 ».
Celle d’une pianiste et de son mari qui ont falsifié des enregistrements pour les mettre à son nom. Le trucage est très bien expliqué dans le livre.
La très belle histoire d’amour nous est racontée par le mari, avec, intercalés, les différents articles de presse dithyrambiques au début puis de plus en plus sévères et soupçonneux.
Passe pour les revues people, mais pas pour des revues de musique classique huppées !
Las ! Les très nombreuses répétitions font remplissage et ont gâché une grande partie mon plaisir.
En fait, ce livre ne vaut que pour le dernier chapitre tout bonnement renversant. J’ai cru que j’avais la berlue. J’ai donc relu la fin et, non !, pas la berlue hallucination ? Rêve ? Là, oui, j’ai été bluffée et admirative.
Moralité : patientez jusqu’à la fin. Le reste est à lire en diagonale, en sautant les redites. J’ai bien aimé aussi les passages sur le Viet Nam et ses légendes.
Autre avantage : pas besoin d’une Loupe pour le lire ; l’écriture est énorme.
Martine
TRAN HUY Minh
Ed. de la Loupe, 2010, 270 p.

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Blue Jasmine

Jasmine (Cate Blanchett, sublime), rescapée du naufrage financier de son époux, un homme d’affaires véreux qui a fini par se suicider en prison, débarque à San Francisco pour se faire héberger par Ginger, sa sœur, caissière dans une supérette, qui mène comme elle peut une petite vie chaotique.

Woody est de retour. J’avais eu peur l’année dernière avec son opus romain qui dégageait des effluves de vieux brouillon retrouvé dans un fond de tiroir et recyclé à la hâte. Me voilà rassuré, il est encore capable d’innover. Ce dernier chef-d’œuvre aborde le thème cruel du « déclassement social ».

Les fans du réalisateur auront au premier abord un peu de mal à trouver la filiation avec le reste de l’œuvre. Pour ma part, je remonterais à « vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu » pour retrouver l’origine d’une noirceur qui ne faisait alors que pointer le bout de son nez. Autre similitude, l’absence de référence au psy alors que de toute évidence, Jasmine en aurait grandement besoin… peut-être consultait-elle lorsqu’elle en avait les moyens.

Je rapprocherais aussi « Blue Jasmine » d’un autre chef d’œuvre. Il faut pour cela faire abstraction de l’intrigue criminelle très scénarisée de « Match point » pour ne retenir que l’histoire de l’ascension sociale d’un jeune homme sans scrupules et sans morale, servi par une chance inouïe. Jasmine en est le miroir inversé, elle n’a finalement pas grand-chose à se reprocher même si elle est indirectement responsable de sa situation. Projetée un temps dans une jet set que sa présence illuminait, elle y perdra ses repères et en sera chassée pour avoir misé sur le mauvais cheval. Le voyage à San Francisco sera l’ultime soubresaut d’une lutte contre une déchéance dont elle ne se relèvera pas.

Jasmine était beaucoup trop fragile pour supporter la chute, peut-être l’était-elle aussi pour supporter sa trop grande beauté. Incapable d’abandonner son passé flamboyant, elle s’y réfugiera pour ne plus en sortir. Comme Scarlett Johansson dans Match Point, Jasmine a joué… et a perdu.

Sa sœur semble plus solide, mais il faut dire aussi que Ginger ne tombe jamais de très-haut. N’ayant jamais goûté au grand luxe, elle n’a pas vraiment conscience de son existence. Moins prétentieuse, moins naïve, moins superficielle, elle se contente de transpercer les carapaces poisseuses de ringards improbables pour y trouver un peu de tendresse.

L’élément clef du film est pour moi le « hasard », cet électron libre que l’on qualifie de chance ou de malchance. On aimerait que les méchants soient toujours punis et que les bons soient toujours récompensés, mais il n’en est rien: le hasard s’abat toujours à l’aveuglette, il n’est pas immoral, il est amoral.
Edouard

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La fête au Bouc

Le Prix Nobel de littérature 2010 raconte dans ce livre somptueux la fin de la dictature de Rafael Trujillo à Saint-Domingue en 1961.
Urania Cabral, avocate à New York, débarque à San Domingo après 35 ans d’absence. Elle vient demander des comptes à son père mourant. Celui-ci fut ministre du temps du dictateur.
Les chapitres alternent les retours en arrière et les découvertes de la jeune femme.
Le personnage du tyran est vécu de l’intérieur, avec ses manipulations, ses crimes, sa folie dominatrice et son absence totale de scrupules.
Parallèlement, on assiste à la conjuration qui mènera à l’assassinat de Trujillo. Les coupables seront torturés et exécutés. Mais le pays connaîtra le renouveau grâce à leur héroïsme.
Les événements actuels à Damas démontrent que la tyrannie reste d’une brûlante actualité.
D’un point de vue strictement littéraire, les talents de conteur de Vargas Llosa collent à la vérité des personnages.
Une de mes meilleures lectures de l’année.
Amitiés vive la vie en démocratie,
Guy
Mario Vargas Llosa – Folio – 581 p.

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Bruits du cœur

Adrian, 39 ans, ami d’enfance du narrateur, meurt à New York d’une crise cardiaque. La veille de sa mort, il avait envoyé une lettre à son ami, à Copenhague, lui disant « qu’il aimerait lui parler d’une chose qui le tourmentait depuis un moment. » C’est l’occasion pour le narrateur de se souvenir et de nous raconter leur histoire, leur enfance, leurs amours et désamours et surtout parler de leur amitié, très forte, mais qui, avec la distance et le temps, s’était un peu estompée.
Au fil du récit nous apprenons beaucoup de choses sur leur passé qui n’a rien d’idyllique. Tout nous est raconté par petites touches sensibles, souvent pudiques, mais avec réalisme.
J’ai bien aimé le style d’écriture avec de petites descriptions pleines de poésie comme les estampes japonaises dont le narrateur était devenu expert.
« Bruits du cœur » nous conte toutes les phases de l’amour avec ses bons et mauvais moments, les illusions et les désirs que l’on prend parfois pour de l’amour, l’amour que l’on trouve quand on ne l’attendait plus. Le tout est analysé avec justesse et objectivité. Nul n’est épargné.
L’auteur nous dit à plusieurs reprises que la mémoire est subjective et que cette histoire racontée par quelqu’un d’autre aurait pu être différente, voire ne jamais exister…
Ce livre est antérieur à « Les mains rouges ». J’ai retrouvé l’abondance des détails et des personnages, mais j’ai préféré « Bruits du cœur » pour son côté intimiste et plus doux.
La Martine sous le charme
GRONDAHL Jens Christian
Gallimard, 2002 (1999), 267 p.

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Un bisou pour Lili

 

Vis-à-vis de la recherche du temps perdu, je suis comme un plongeur acrobatique qui regarde la piscine d’en haut et qui pense « ah ouais, c’est haut quand même ». Je multiplie donc les préliminaires avant d’aborder les mots célébrissimes : « longtemps je me suis couché de bonne heure ». C’est dans ce contexte qu’est arrivé le mail de Carole, rencontrée il y a quelques années dans un atelier d’écriture, annonçant la publication d’ « un bisou pour Lili », son premier livre, dans la catégorie 2-5 ans, traitant notamment de l’épineuse question du baiser maternel du soir. Mon sang n’a fait qu’un tour : « voilà un ouvrage qui m’aidera certainement à mieux comprendre l’élément originel du mastodonte proustien ».

Lili est une adorable petite souris (bravo à Charlie Pop pour les illustrations) qui passe sa première soirée sans ses parents, qui la font garder par sa tante Olga.
Terrible angoisse chez la petite fille : comment le rituel bain, pyjama, repas, histoire, bisou, dodo, va-t-il pouvoir se dérouler en l’absence des chefs d’orchestre habituels ? Heureusement, la tante Olga est là pour lui donner des outils lui permettant de répondre à cette question.

Le bain : bien joué le coup du chat qui mange les petites souris sales. Lili, qui, comme tous les enfants, aime avoir peur, mais pas trop, adore la mise en scène et se frotte aussi vite qu’elle peut.
Le pyjama : c’est Lili elle-même qui va le mettre, comme une grande.
Le repas : trop forte la tante Olga, bonne idée de faire participer Lili à la préparation du dîner. Des frites de gruyère, ce n’est pas super diététique, mais bon, c’est une petite souris, on va dire que ça passe.
L’histoire : « le rat qui avait peur des souris ». Génial cette peur inversée juste avant de plonger dans les bras de Morphée. Comme ça, pas de cauchemar, traversée fingers in the nose du pays des rêves.
Le bisou : il y a d’abord le bisou d’Olga. Lili l’aime bien Olga, mais ce n’est pas sa maman, et encore moins son papa. Elle est un peu triste. Que faire ? Olga a deux atouts dans sa manche, des bisous en papier dessinés par les parents de Lili. Sans doute Olga avait elle été briefée pour ne les sortir qu’en cas de besoin. Choix cornélien pour la tante qui doit évaluer en quelques secondes si la petite fille est ou non prête à aborder la nuit sans le sésame de ses parents. Lili sent peut-être aussi quelque chose et exagère un peu son besoin. Peut-être même que sa maman lui avait parlé d’une ultime surprise. Quoi qu’il en soit, Olga craque et sort ses jokers.

Si Proust avait eu une tante Olga, il n’aurait peut-être jamais écrit « la recherche du temps perdu ».
Carole Bauvers-Charlie Pop
Larousse jeunesse
2013

Edouard

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La face cachée de la lune

Urs Blank, avocat d’affaires à Zurich, semble atteint par la crise de la quarantaine. Il rencontre une jeune marginale, qui l’initie aux champignons hallucinogènes. Lui, le prédateur contrôlé, va basculer dans la violence gratuite. Malgré l’aide d’un ami d’enfance, psychiatre, il se marginalise totalement, au point de devenir une sorte de Robinson suisse.
La description du virage vers la folie donne froid dans le dos.
Il ne s’agit pas seulement d’un roman: la littérature médicale décrit de nombreux exemples de personnalités fragiles qui passent de l’autre côté (voir le titre), parfois de façon définitive.
Martin Suter est un très bon auteur suisse alémanique.
Dans ce livre-ci, il est par moment trahi par une traduction approximative donnant de nombreuses phrases indigestes.
Amitiés mycologiques,
Guy.

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