wasabi et sirop d’érable

Le 9 mars 2011, s’est ouvert 42 rue Linois un restaurant au nom très peu français : « japanDaily ».
Encore un japonais comme il y en a tant dans Paris !? Avec sa sempiternelle soupe miso, sa petite salade et ses menus aux noms romantiques de « menus A, B, C, D, E, F, G… » !!? Pour en avoir le cœur net, je suis entré. J’ai d’abord été frappé par le cadre. Deux rangées de tables tête bêche séparée par un muret dans lequel sont encastrées de petites télés. C’est un self. Ici, pas de soupe miso ni de « menu à lettre », mais des barquettes préremplies dénommées « Bento » et un grand assortiment de sushis et de makis. J’opte pour le « menu bento » avec une barquette, une boisson, un dessert.
Je prends ma barquette et je passe devant les desserts… des brownies, des muffins et autres pâtisseries nord-américaines. Je m’arrête une seconde et me retourne : où suis-je tombé ? En arrivant à la caisse, une voix féminine avec un léger accent québécois me demande 8€. Elle est souriante, sans façon et vient effectivement de Québec. Où suis-je ?
Le site de « japandaily » explique le concept qui est de recréer un environnement typiquement tokyoïte. N’étant jamais allé au Japon, j’ai du mal à apprécier. Cependant, il est certain qu’il y a une ambiance que l’on trouve difficilement en France, une ambiance que, faute de mieux, je rattache à l’Amérique du Nord. Une autre conception de la nourriture et du repas. Après tout, dans la « planète-village » dans laquelle nous vivons aujourd’hui, je ne serais pas étonné que le Tokyoïte moyen se gave plus souvent de muffins que de soupe-miso.
Pour terminer, je prends mon café à une machine « Nespresso ». En regardant couler le liquide, je dresse l’oreille en espérant entendre un « What else ? ». Y faut pas pousser.
En sortant, je me retrouve bien dans le quinzième. Pour 8€, je me suis senti l’espace d’une demi-heure, passager d’un long courrier entre New York et Singapour, comme le businessman de starmania, Je n’ai pas été déçu du voyage. Ce n’était pas très très raffiné, mais tellement dépaysant !!

Edouard

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Blacksad

Le détective Blacksad traque le meurtrier d’un ancien amour.

Il est rare de pouvoir résumer un scénario en une phrase, c’est pourtant possible avec cette BD au graphisme époustouflant qui nous vient d’outre Pyrénées.

Lecteur très occasionnel de BD, mon univers se limite aux albums de Benoit Sokal, le père de Canardo et à ceux de Jacques Tardi.

Les personnages anthropozoomorphes de Blacksad rappelant ceux de l’univers de l’inspecteur à tête de Canard, j’ai été naturellement attiré par l’album

Ici, fini la « ligne claire » de Canardo. Bienvenue au graphisme fouillé, aux personnages ultras expressifs, aux couleurs aquarellées, aux jeux de vignettes vertigineux…

Alors, out Canardo ? Graphiquement, il est certain que la « ligne claire » ne peut plus aujourd’hui prétendre régner sur l’univers de la BD.

D’un point de vue scénaristique, j’ai regretté de ne pas retrouver le sens de l’autodérision de Sokal, ici remplacé par un triptyque « sangre, lagrimas y corazὁn » un peu manichéen.

J’ai regretté que Blacksad soit un chat et non un canard, cet animal un peu stupide et si attachant. J’ai regretté le caractère trop parfait du héros de Canales et Guarnido, trop lisse, trop parfait, trop intègre, peut être un peu moins réussi graphiquement que d’autres personnages secondaires. J’aurais aimé le voir pisser, boire une bière ou manger un sandwich, histoire que je puisse un peu m’identifier à lui.

Blacksad reste quand même une prouesse graphique. Si je me souviendrai du sourire narquois d’une femme de chambre-souris et de l’air désabusé d’un orang-outan guitariste. Si je me souviendrai aussi de l’utilisation d’un filtre rouge pour signifier le flash-back ; je n’oublierai jamais cette vignette extraordinaire dessinée en contre-plongée sur la totalité d’une page, montrant le détective dormant dans un appartement dévasté, à côté du cadavre de son agresseur.

Blacksad
Guarnido-Canales
2010

Edouard

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Minuit à Paris

Un jeune couple d’Américains passe ses vacances à Paris. Lui tente de terminer son premier roman et espère que l’air de la ville lui apportera l’inspiration qui lui fait cruellement défaut. Elle, accompagnée de ses parents, ne pense qu’aux préparatifs de leur mariage. Elle se plonge dans les guides touristiques. Lui se plonge dans le Paris des arts et des lettres des années 20.

Difficile de classer « minuit à Paris » dans la filmographie de Woody Allen. Les codes habituels du cinéaste y sont à peine esquissés et s’effacent derrière l’acteur principal du film : Paris. Woody ne semble plus se soucier de vraisemblance et de cohérence. Tout n’est que rêve, les individus se croisent comme par magie et leur rôle exact dans l’intrigue est imprécis. Le personnage joué par Carla Bruni est à cet effet caractéristique. Guide ? Traductrice ? C’est un « passeur », un « pont » qui permet de faire le lien entre les deux rives de l’atlantique, entre deux univers culturels.

Pour classer « minuit à Paris », il faut peut être rechercher du côté d’Owen Wilson qui campe le rôle du fiancé écrivain. Ce personnage un peu fade ne serait-il pas à rapprocher de celui incarné par « Mia Farrow » dans « la rose pourpre du Caire » ? Dès lors, « minuit à Paris » ne serait-il pas une sorte de « rose pourpre du Caire » inversée ? Le rapprochement est séduisant. Alors que dans le film tourné en 85, l’acteur sortait de l’écran pour se confronter à la vraie vie, le spectateur quitte aujourd’hui le monde réel pour s’engouffrer dans un imaginaire fantasmé.

Mais peut-être est-il vain de vouloir classer « minuit à Paris » dans la filmographie de l’auteur. Peut être faut il se laisser emporter par la vision onirique de Woody Allen qui nous présente un Paris pas vraiment réel, un Paris de carte postale, le Paris qu’il aime et qu’il veut nous faire aimer.

Bref, un film évanescent, plein de charme et difficile à décrypter.

Edouard

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Mon teinturier bien aimé

On pouvait trouver il y a encore quelques semaines, 33 avenue de Suffren, au pied de la tour Eiffel, un établissement un brin surréaliste et « so 7th », comme diraient les amoureux de Paris d’outre-Manche et d’outre-Atlantique : une teinturerie littéraire portant le nom délicat d’ « au sens propre ». Le maître des lieux, Benoît Desaulles, avait un style qui se fondait à merveille dans le quartier : sympathique, bien élevé, souriant, propre sur lui (ce qui est la moindre des choses dans sa profession). À y regarder de plus près, on percevait un certain mystère derrière ce quinquagénaire, ancien informaticien reconverti sur le tard dans la teinturerie.

Cet hiver, il a disparu quatre semaines. Des pancartes posées à l’entrée d’ « au sens propre » indiquaient que l’établissement était fermé par décision de justice. Et puis, un beau jour, Benoît Desaulles a refait surface, les traits du visage creusés, la tenue un peu négligée, mais victorieux. « J’ai gagné ! Me revoilà reparti pour sept ans. » m’a-t-il simplement dit.

Peu après son retour, des travaux ont commencé dans la boutique et par petite touche, « au sens propre » s’est transformé en teinturerie écologique. La semaine dernière, il ne restait plus rien de « littéraire » dans l’établissement qui était devenu un maillon d’une chaîne de laveries « nature et découvertes ». Le commandant de bord avait perdu son âme, mais était toujours là : il faut bien vivre. Le combat de l’ours blanc contre l’encrier n’est pas équitable.

Et puis, hier, j’ai su qu’il avait à nouveau disparu en début de semaine. Réussira-t-il à nouveau à s’en sortir ? Et si oui, à quel prix ?

Qui que vous soyez, Benoît, vous pouvez compter sur mon soutien. Tout d’abord parce que la « teinturerie littéraire » était une idée géniale, mais aussi parce que vous êtes un personnage de roman, comme ceux des livres que vous prêtiez.

Parce que vous m’êtes sympathique, mais aussi en tant que lecteur, j’ai bien entendu envie que vous vous en sortiez à nouveau. Rares sont les personnes qui, en voyant des prisonniers s’évader au début d’un film, espèrent de tout leur cœur qu’ils vont se faire pincer.

Comme le raconte si bien Clint Eastwood dans « impitoyable », il y a ceux qui racontent des histoires et ceux qui les vivent. Ceux qui les vivent sont absorbés par l’imagination des auteurs qui fabriquent leurs légendes.

Un jour, peut-être, si Dieu le veut, j’écrirai la légende de Benoît Desaulles.

Edouard

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Le retour de la brosse à dents

Depuis un an, « n’oubliez pas les paroles » clôturait mes journées de boulot. C’était un jeu tout simple et c’est sans doute sa simplicité qui en faisait le charme. C’est vrai, les candidats ne chantaient pas tous bien, mais il y avait un quelque chose de « bon enfant » sur le plateau qui rendait cette émission sympathique qui faisait une ambiance de fond idéal permettant de faire tout un tas de choses en jetant un œil sur l’écran de temps en temps. Nagui aussi semblait comme un poisson dans l’eau dans cette sorte de « Taratata pour les nuls ». Bref, j’étais complètement fan de « n’oubliez pas les paroles ». Et puis, patatras, j’ai appris il y a deux semaines que « mon » émission allait être remplacée par « chéri(e), fais les valises ! ». Le titre m’a immédiatement alerté. Certes le «(e)» laissait une lueur d’espoir; « chérie, fais les valises » aurait été la fin de tout, le retour aux clichés machistes des années 50 du genre « maman est dans la cuisine pendant que papa lit son journal ». Mais qui a fait attention à la parenthèse ? Pas moi en tout cas puisque je viens de regarder le titre exact dans le programme télé. Comme si le titre ne suffisait pas à démolir d’emblée le jeu, France 2, dans les flashs sensés nous donner envie de regarder la chose, montrait un Nagui surexcité déguisé en Iznogoud qui ne présageait rien de bon.

De retour du boulot ce soir, en sevrage de ma demi-heure quotidienne de karaoké, j’ai décidé d’accorder une ultime chance au présentateur.

À 19h pétante, il est arrivé dans son costume d’Iznogoud, juché sur le dos d’un éléphant. Devant un public entièrement déguisé, il s’est mis à sélectionner quelques candidats à l’aide d’un quizz. Ensuite nous avons eu droit à un remake d’interville sans les vachettes pour une deuxième sélection, ensuite…j’ai déjà presque tout oublié… à oui, encore un quizz avec des valises qui tournent sur un tapis roulant d’aéroport. Et pour finir, je vous le donne en mille…(roulement de tambour), un schmilblick !!! Oui, mais pas n’importe quel schmilblick, un schmilblick avec un coffre magique qui parle (là, c’est plus du interville, c’est carrément du Chantal Goya).

Et là, moi je dis « stop ». Pourquoi ? Pourquoi Nagui ? Tu t’étais déjà pourtant vautré avec « n’oubliez pas votre brosse à dents » ? Tu sais bien que ça ne marchera pas, ce gloubiboulga à base de vieux trucs télévisuels complètement éculés ? Comment peux tu ne pas comprendre que les gens qui rentrent du boulot ont envie d’un truc sympa et reposant et pas d’une agitation complètement débile ? Combien de temps ça va durer ce truc ? Une semaine ? Deux semaines ? Un mois ? Si dans un mois tu ne nous a pas rendu « n’oubliez pas les paroles »…tu seras plus mon copain.

Edouard

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True Grit

Mattie Ross, une gamine de 14 ans, fait appel au chasseur de prime Rooster Cogburn pour venger son père de Tom Chaney, l’homme qui l’a tué. Dans leur traque, ils sont accompagnés par Laboeuf, un autre chasseur de prime chargé de capturer le même homme pour un crime commis sous une autre juridiction.

42 ans après Henry Hathaway, Joël et Ethan Coen reprennent à leur sauce « cent dollars pour un shérif ». Dans le rôle de Cogburn, Jeff Bridges reprend le rôle initialement occupé par John Wayne.

Paris Première a eu la très bonne idée de programmer le film d’Hattaway le lendemain de la sortie du film des Coen. En regardant successivement ces deux films, j’ai donc enfin pu essayer de percer le secret des champions de la caricature de l’Amérique profonde.

Le film d’Hattaway est archi classique et d’une mièvrerie affligeante : un western « à l’ancienne » digne des années 50 et tourné en 1969, 3 ans après le très moderne « Le Bon, la Brute et le Truand » de Sergio Leone.

La différence entre les deux films n’est à première vue pas à rechercher dans le scénario. Certains plans et dialogues de True Grit sont même des copier-coller de « cent dollars… » La différence la plus flagrante tient tout d’abord aux acteurs.
La Mattie d’Hattaway est une caricature de garçon manqué monté en graine et ses rapports avec Cogburn restent ceux d’une enfant et d’une « grande personne ». Celle des Coen a une féminité toute en devenir et sa relation avec le chasseur de prime est comparable à celle de Natalie Portman et Jean Raino dans Leon. Jeff Bridges semble moins fatigué et plus délicieusement décadent que John Wayne et Matt Damon est moins niais que le « Laboeuf » de 1969.
Ce qui change dans le scénario, ce sont d’abord les proportions. Les Coen ne s’attardent pas sur les conditions de la mort du père de Mattie, ni sur tout un tas de détails secondaires qu’ils évoquent, mais qu’on comprend mieux chez Hattaway. Ils se concentrent sur la traque de Chaney dans un grand ouest désertique au milieu duquel ils sèment des personnages paumés et mille et un détails loufoques qui font leur marque de fabrique.
La principale différence scénaristique tient en fait dans les 15 dernières minutes de True Grit. Cette fin donne une magie, une profondeur et une noirceur scotchante au film qui n’existait bien entendu pas dans la version de 69. Cette fin, qui montre que les blessures les plus profondes sont souvent inattendues et que l’héroïsme le plus fort n’est pas forcément le plus visible, fait de True Grit un film drôle et dur qui me marquera durablement.

Edouard

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Valentin, une histoire d’amour

IIIe siècle après Jésus Christ, sous le règne de l’empereur Claude II, Théophraste, un médecin renommé d’Alexandrie, décide de prendre sous son aile un jeune apprenti prénommé Valentin. Quelques années plus tard, nous retrouvons Valentin à Rome. Devenu un médecin hors pair, il va s’élever dans la société et, pour le meilleur et pour le pire, va faire la rencontre de Julia, la fille aveugle d’un directeur de prison.

Qui était saint Valentin ? A-t-il existé ? Y a-t-il eu plusieurs individus derrière le saint ? Personne ne le saura jamais.

Du récit peu scientifique relaté 1000 ans après les faits par Jacques de Voragine dans sa « légende dorée », Chet Raymo ne retient que l’époque et la fille aveugle d’un fonctionnaire romain.

Il fait de Valentin un personnage crédible, un libre penseur (un peu trop moderne peut-être) évoluant dans un empire décadent. Il observe avec curiosité la progression rampante du christianisme qui, très peu gênée par les fauves des cirques auxquels ses adeptes sont jetés en pâture, poursuit inexorablement sa course.

Certes, le style n’est pas extraordinaire (la faute du traducteur ?) mais l’action est bien rythmée et l’histoire d’amour est bien belle. Au début, j’ai goûté ce roman comme j’ai goûté à 15 ans les jolis romans d’aventure un peu naïfs de René Barjavel. Mais il ne faut pas s’y tromper. Au-delà du récit épique, il y a toute une réflexion historico-philosophique très intéressante sur l’avènement du christianisme et sur ce qu’à pu être l’existence des premiers saints du calendrier.

Il y a aussi dans l’ouvrage des préoccupations plus contemporaines. Derrière la critique des jeux du cirque, on devine sans peine une mise en garde contre les pouvoirs pervers des médias et, à travers le regard que l’auteur porte sur la société romaine, on perçoit une recherche dépourvue de manichéisme sur les rapports complexes qu’entretiennent « religion », « sagesse » et « fanatisme ».
Un très beau livre à lire seul ou même à deux.
Valentin, une histoire d’amour
Chet Raymo
Belfond
2007

Edouard

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The Green Hornet

Brit est le fils de James Reid, un homme d’affaires très occupé. Depuis son enfance, il rêve de devenir un super héros et s’entête dans cette voie en dépit des coups qu’il prend et malgré les réprimandes de son géniteur.

Vingt ans plus tard, le justicier en herbe est devenu « fils à papa », un branleur pété de tune qui vit sa vie comme une teuf permanente.
Son existence va basculer le jour où son père va mourir des suites d’une piqûre de frelon (« hornet » en anglais). Libéré du joug paternel, il va réaliser son rêve de gosse et devenir « the green hornet ».

Michel Gondry, réalisateur français intégré depuis dix ans dans les rouages des productions hollywoodiennes, notamment auteur du très psychanalytique « eternal sunshine of the spotless mind », ouvre une nouvelle fenêtre dans l’univers des supers héros.

« The green hornet » n’est pas un extra-terrestre comme « superman » ni un justicier dans l’âme comme « Batman ». Il n’est pas non plus un individu ayant acquis des super pouvoirs par accident comme « Hulk » ou « Spiderman ». Brit n’est rien de tout ça. Il est un super héros parce que la vie d’un super héros, « c’est trop cool !! »
Bien entendu, ne devient pas super héros qui veut. Gondry va donc aider le destin du super-gamin attardé en lui mettant « Kato » entre les mains, un acolyte archi doué en mécanique et en arts martiaux. Ainsi équipés, les deux super-copains vont se mettre en quête d’un super méchant : un « Joker » ou un « docteur Octopus » sans lequel les surhommes ne peuvent pas vraiment exister.
Ils vont le trouver en la personne d’un truand super ringard en quête d’identité (« Christoph Waltz », l’officier nazi d’ « Inglorious Basterds » de Tarantino).
Bon, on a les héros, on a les gadgets, on a le méchant. Qu’est-ce qui manque? Une femme !! Ce sera « Leonore Case » incarnée par « Cameron Diaz » que les deux justiciers trouvent un peu vieille (36 ans dans le film, 38 dans la vie, peut être 37 au moment du tournage), mais finissent par adopter.
Tous les ingrédients sont là ? À vos marques ! Prêt ! Partez !! Le résultat est très efficace : ça va vite, ça cogne, ça bouge dans tous les sens, c’est extrêmement drôle et c’est moins bête que ça en a l’air : un très bon film pour commencer l’année.
Edouard

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La position du tireur couché

Martin Terrier, fils d’un prolo alcoolique, n’a jamais connu sa mère. Pour les beaux yeux d’Alice, une bourge du lycée, il quitte sa province et se donne 10 ans pour arriver à un niveau social digne de sa bien-aimée. Il deviendra soldat, puis mercenaire et enfin tueur à gages sous le pseudonyme de « Christian ». Quand le glas des 10 ans sonne, Martin se rend compte qu’on ne sort pas d’un milieu tel que le sien comme d’une boulangerie.

Après « le petit bleu de la côte ouest » en 2005, Jacques Tardi adapte à nouveau en BD un classique de Jean-Patrick Manchette. Les amoureux du roman noir seront comblés. Le noir, c’est tout d’abord le trait incomparable du dessinateur, particulièrement efficace pour illustrer le récit. Le noir, c’est ensuite les codes du genre : violence, sexe, alcool, complot qui dépassent l’individu…le noir, c’est enfin une critique amère sur la cruauté des rapports amoureux et sur le déterminisme social.
Finalement, Martin avait un petit cœur beaucoup trop mou (comme dirait Olivia Ruiz) et était beaucoup trop naïf pour naviguer dans le milieu dans lequel il voulait se faire un nom.
Pour résumer, on pourrait dire que « la position du tireur couché » est une sorte de « cauchemar américain ».

Une seule lecture de la BD n’est pas suffisante pour s’imprégner de toute sa saveur, elle doit être dégustée en trois fois comme le thé des touareg qui, de tasse en tasse, est amer comme la mort, sucré comme la vie et doux comme l’amour. A lire, relire et rerelire sans modération.

La position du tireur couché
Manchette-Tardi
2010

Edouard

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Le Floch fait plouf!

Les fidèles de France2 sont maintenant habitués aux acrobaties du marquis de Ranreuil alias Nicolas le Floch, le commissaire costumé, héros du diplomate et écrivain Jean-François Parot, qui officie dans le Paris de Louis XV. Hier, une fois n’est pas coutume, Nicolas était envoyé dans la campagne bordelaise pour résoudre le mystère d’une série de meurtres perpétrés, au dire de quelques paysans…par une bête sortie des enfers.

La ressemblance de cet épisode avec l’histoire archiexploitée de la bête du Gévaudan n’aura échappé qu’aux moins de 10 ans. Pour que l’intrigue ne se résume pas à un vulgaire copier/coller du « pacte des loups », le réalisateur ajoute quelques éléments de son cru. Autour de la bête rendue encore plus bête par son maître, un aristocrate dépravé, sadique et impuissant, les cinéphiles auront ainsi retrouvé de nombreuses références allant des « chasses du comte Zaroff » à « Thelma et Louise » en passant par « Nosferatu ». Les fans de Mylène Farmer et les trentenaires nostalgiques du clip de « pourvu qu’elles soient douces » y auront certainement aussi trouvé leur compte avec la rousse flamboyante sadomasochiste et non moins fatale qui campe une méchante vraiment très méchante qui a une copine nécrophile (un peu too much ?).

L’ensemble est divertissant, il est vrai, mais manque cruellement d’originalité. Une belle salade de fantasmes pour téléspectateurs du vendredi soir fatigués par leur semaine de boulot.

Edouard

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