Disgrâce

Chef d’oeuvre, par le titulaire du Prix Nobel 2003.

Le professeur David Lurie enseigne à l’université du Cap. Âgé de 52 ans, divorcé deux fois, sa vie sexuelle cahotante le satisfait jusqu’au jour où il rencontre et séduit une jeune étudiante, qui l’accusera de harcèlement sexuel. Il démissionne, et se réfugie chez sa fille Lucy, qui dirige une petite ferme au milieu de nulle part. Leur vie à tous deux basculera quand ils seront violemment agressés.
L’Afrique du Sud décrite par Coetzee porte les séquelles de l’apartheid. Les habitants de race blanche paient comptant les erreurs de leurs prédécesseurs. Le dialogue interracial est difficile, sinon impossible. Peu de personnages sympathiques dans ce roman où règne pourtant un humanisme entraînant.

Il y a du Philip Roth dans Coetzee, l’élégance en plus.
Amitiés afrikaners,

Guy.
John Maxwell Coetzee
Points – 273 p.

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ZORN

Le billet d’aujourd’hui se situe à la charnière entre plusieurs rubriques du blog. Ne sachant à laquelle le rattacher, mes visiteurs le trouveront dans « blog », « nouvelles » et « psy ».

Certains d’entre vous ont peut-être cliqué sur le lien « zornproject » dans la colonne de droite.
Il s’agit d’un site dont j’ai eu connaissance il y a environ deux ans qui publie des nouvelles qui tournent autour de la schizophrénie. Le sujet m’intéresse et j’ai plusieurs fois tenté l’exercice, sans beaucoup de succès. J’avais même acheté un petit bouquin qui était censé vulgariser la chose, mais qui ne me parlait pas beaucoup.

Il se trouve que cette semaine, ZORNproject a proposé en téléchargement gratuit un petit recueil de 13 nouvelles que j’ai dévorées en quelques heures.

Les deux premières sont assez académiques, dans des styles grand public. Dans la première, une intrigue à la docteur Jekyll et myster Hyde et dans la deuxième, une histoire de folie douce.

Avec les n° 3 et 4 et 6, on monte d’un cran et on passe à l’aspect autodestructeur de la maladie.

La nouvelle 5 aborde le thème de l’impact de la maladie pour les proches. Thème qui sera développé dans les nouvelles 7 et 8. La nouvelle 7 évoque aussi rapidement la question de l’incarcération des schizophrènes « dangereux ».

La n°9 s’attache à la perception du schizophrène « léger » par l’homme de la rue. Elle a des accents d’ « éléphant man » et me touche tout particulièrement.

Les nouvelles 10 et 11 décrivent la schizophrénie sous un angle poétique : j’ai du mal à accrocher.

La n° 12 revient sur l’autodestruction, mais fait aussi un focus sur la difficulté que peut avoir l’entourage proche à percevoir et accepter la maladie.

La dernière nouvelle est écrite à quatre mains par une schizophrène (ce n’est pas celle qui m’a le plus marqué).

Bref, à l’issue de ma lecture, j’ai l’impression de cerner un peu mieux cette pathologie aussi célèbre que difficile à comprendre. Tous ne sont pas dans des hôpitaux psychiatriques ou dans des quartiers de haute sécurité. Souffrent-ils tous de leur maladie ? Peut être pas, mais il n’y a pas de témoignage dans ces nouvelles d’un schizophrène à l’aise dans ses baskets…

Qu’est-ce finalement ? La perception de plusieurs réalités en même temps. Ne sommes-nous pas tous un peu schizophrènes ? N’est-ce pas le propre de l’homme et en particulier de l’artiste de chercher une autre réalité ? Beaucoup de nouvelles mettent en scène des écrivains. Je ne pense pas qu’on devienne schizophrène en écrivant, mais peut-être que beaucoup de schizophrènes trouvent un salut dans l’écriture. Peut-être suis-je schizophrène sans le savoir.

Edouard

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Une odeur de gingembre

« En 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle doit épouser Richard Collinsgworth, l’attaché militaire britannique auquel elle a été promise. Fascinée par la vie de Pékin au lendemain de la Révolte des Boxers, Mary affiche une curiosité d’esprit rapidement désapprouvée par la communauté des Européens. Une liaison avec un officier japonais dont elle attend un enfant la mettra définitivement au ban de la société. Rejetée par son mari, Mary fuira au Japon dans des conditions dramatiques. »

Ouille ! . Ça sent le mélo et l’eau de rose !

« À travers son journal intime, entrecoupé des lettres qu’elle adresse à sa mère restée au pays ou à sa meilleure amie, l’on découvre le passionnant récit de sa survie dans une culture totalement étrangère à laquelle elle réussira à s’intégrer grâce à son courage et à son intelligence. Par la richesse psychologique de son héroïne, l’originalité profonde de son intrigue, sa facture moderne et très maîtrisée, une odeur de gingembre est un roman hors norme. »

Hors norme veut tout et rien dire, mais je ne sais pas expliquer l’engouement que j’ai ressenti pour ce livre dont je n’arrive pas à sortir.

Tout est écrit avec sensibilité, parfois sautant du coq-à-l’âne pour une pensée pleine d’humour, mais surtout avec réalisme. Tout nous est raconté dans le moindre détail et loin de m’ennuyer je me suis attachée à Mary et j’ai eu beaucoup de mal a accepter le point final.

J’ai été intrigué par sa perception, sa compréhension du Japon (un pays dont je ne sais pas grand-chose et qui ne m’attire pas.) C’est là où je me suis rappelé que l’auteur était un homme et qu’il avait grandi au Japon.

Rentrer à ce point dans la peau d’une femme, et surtout son esprit, est une prouesse que je salue.

Texte: La Martine toute chamboulée

Illustration:Magali

WYND Oswald R
Une odeur de gingembre
Folio 2012 (1977), 474 p.

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Cloclo

Je n’avais pas deux ans quand Claude François est mort. Je n’ai donc aucun souvenir de cet événement national. Par contre, j’ai grandi avec les rétrospectives Cloclo : les « Souvenez-vous ! Claude François ! 1,2,3,4,5…30 ans déjà ! » de Michel Drucker.
Cloclo, c’est aussi pour moi un grand nombre de soirées très alcoolisées dont je ne garde qu’un très vague souvenir.
Bref, c’est un mythe de la chanson française, comme le montre Yann Moix dans Podium.

Le passionné de mythologie que je suis ne pouvait donc rater une biographie de ce monument.

D’un point de vue scénaristique, le début, qui se passe en Égypte, est aussi croustillant qu’un reportage d’Arte du samedi soir : une accumulation un peu tire larme d’éléments biographiques. L’arrivée en France de la famille François n’est guère mieux.

Ce n’est avec l’époque de « belles, belles, belles ! » que la dimension dramatique commence à voir le jour.

L’industrie « Claude François » se développe alors sous la houlette de Paul Lederman et l’enfant d’Ismaïlia se transforme peu à peu en superstar/businessman maniaque et tyrannique.

L’épisode de « comme d’habitude » nous laisse entrevoir une popularité qui le dépasse. On le voit écouter incrédule Sinatra chanter « my way », comme s’il ne pouvait (ne voulait ?) admettre qu’il était plus qu’un chanteur de variétoche.

Par petites touches, on voit « le mal aimé » se faire dévorer par l’engrenage. Le meilleur plan du film, sans doute, le montre se jeter au milieu du public à la fin d’un concert avant de s’enfoncer lentement dans une marée de bras et de mains qui le manipulent comme autant de tentacules d’un monstre impitoyable.

Le thème de la décadence intérieure est toutefois limité. Pas de suicide, comme on l’a souvent dit. La mort est présentée de manière très académique, comme un bête accident domestique (il faut vraiment être con pour changer une ampoule sous la douche).

Le sentiment global est que le réalisateur a été profondément entravé par des maisons de production qui ont dû commander un portrait très aseptisé de l’idole en prévision des 35 ans de sa mort (que Michel Drucker ne manquera sans doute pas de célébrer en 2013).
Finalement, la mort du chanteur n’aura-t-elle été qu’un épisode de l’histoire de l’industrie « Claude François » ? Brrr.

Edouard

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Le meunier hurlant

Gunnar (surnommé Nanar) Huttunen s’installe comme meunier dans un petit village du nord de la Finlande. Quelle idée saugrenue que de vider sa bourse en rachetant un moulin à eau totalement délabré? Tantôt clown et imitateur de génie, tantôt accablé de désespoir, lunatique et dépressif, hurlant à la lune pour calmer son angoisse, homme libre avant tout, Huttunen se fait des ennemis. Le médecin du village fera le nécessaire pour le faire enfermer à l’asile voisin. D’où Nanar trouvera le moyen de sortir, avant de mener une vie de Robinson du Nord aussi rustique que réjouissante.

L’anticonformiste Arto Paasilinna nous livre les aventures d’un homme libre. La bataille béatifique d’un homme seul contre tous, dont la seule erreur sur cette terre est sa revendication tonitruante pour un droit à la différence.

Amitiés vagabondes,

Guy.

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Mon voisin le théâtre

Il y a un an et demi, en passant devant le 14 rue Desaix (Paris 15), mon regard a été attiré par une porte qui semblait condamnée sur laquelle était collée une affiche faisant de la pub pour le théâtre « comédie tour Eiffel ».

J’ai mis un certain de temps avant de comprendre qu’il pouvait y avoir un lien entre l’affiche et la porte. « Un théâtre ? Ici ? Ça se saurait. Et puis, l’immeuble semble bien trop petit pour abriter une scène et des gradins, sans parler des coulisses ».

J’avais bien vu de temps en temps un attroupement devant la porte, mais, en les observant, je pensais plus à des joueurs de tarot ou à des philatélistes qu’à des spectateurs.

Cet après-midi, j’ai regardé plus attentivement l’affiche. Il y avait une adresse internet : http://www.comedietoureiffel.com/. En rentrant chez moi, j’ai voulu en avoir le cœur net.
Il y avait bien un théâtre 14 rue Desaix et on y jouait une pièce à 20h30 au titre prometteur « 5 minutes de plaisir, 30 ans d’emmerdes ».

Je réserve en ligne et me pointe à 20h20. Il y a du monde et je prends ma place dans la queue.

Comme les autres, j’entre par la scène et manque de buter sur l’un des jouets qui jonchent le sol. Les spectateurs se serrent sur les gradins. Le maître des lieux apporte un tabouret à ceux qui, comme moi, dépassent du rang. Il apporte aussi une sucette en lot de consolation. L’ambiance est bon enfant.

Une fois assis sur mon tabouret et ma sucette entre les dents, je regarde la scène et constate que les coulisses…c’est la rue Desaix. Les acteurs l’utilisent effectivement comme un prolongement de la scène.

Deux acteurs en l’occurrence, Laure Majnoni et Gilles Hoyer qui jouent un couple (Laure et Gilles) libéré de leurs affreux bambins le temps d’un week-end.

Le scénario est un peu simple, mais les répliques font souvent mouche, l’énergie et la bonne humeur des deux comparses est communicative et l’utilisation de l’espace est astucieuse Bref, l’assemblée est séduite. J’ai passé un très bon moment et je reviendrai, c’est certain.

Edouard

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Blog et visiteurs

Blog et visiteurs

Ceux d’entre vous qui auront lu « Édition et Freddy » savent que, sans abandonner la quête éditoriale, je m’engouffre aujourd’hui dans des chemins aux contours imprécis.

En parallèle, je mène une autre quête qui, pour moi, est au moins aussi importante que la recherche d’un éditeur et qui est la raison d’être de ce blog.

Depuis sa création, le concept a évolué et s’est étoffé. Certains d’entre vous auront peut-être remarqué la présence de Guy et Martine qui viennent aujourd’hui m’aider à le nourrir. Je les remercie au passage. Certains encore se seront peut-être aventurés sur la page « mon blog et moi » où j’expose ma conception de la culture :

La vraie culture, ce n’est pas seulement savoir que le Général Lee était un grand nom de la guerre de Sécession, mais aussi savoir que c’était le nom de la voiture des frères Duke dans « shérif, fais-moi peur ».

Je voudrais que cultureDoud soit un concept évolutif, pas un portail narcissique, mais un lieu d’expression culturelle très large. J’invite donc tous ceux (et bien entendu toutes celles) qui seraient intéressés par ce projet à me contacter.

Doud étant le diminutif d’Édouard, le nom « cultureDoud » faisait un peu mégalo. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de rebaptiser ce blog « Général Lee ».

Ce premier billet, c’est à chacun de vous, mes 4000 visiteurs, que je souhaite l’adresser. Ce que je sais, c’est que vous n’êtes ni une fois 4000 personnes, ni 4000 fois une personne. Je connais certains d’entre vous, mais pas la plupart. Vous êtes arrivés par Google, par Facebook, par le site du Monde, par Bouquinet, par Hellotipi, par Ecrivants-bitieux, par hasard ou par erreur.

Je n’ai pas été surpris du succès de certains articles comme « Kate à l’assaut du Castle » ou « Le retour de la brosse à dents ». Je n’ai pas non plus été surpris par votre intérêt pour « Mon amie Nane » puisque les occurrences sur Google sont limitées.
Par contre, je ne m’explique toujours pas celui pour « Papa Néandertal ? », un article qui parle d’une petite émission diffusée sur France 3 un dimanche soir à 22h45 il y a un an et demi et qui continue à être consulté régulièrement.

Vous n’êtes pas très bavard : 30 commentaires pour 99 articles, mais il est vrai que jusque à maintenant, je ne vous ai pas invité à vous exprimer. Je souhaite que « Général Lee » (et plus particulièrement sa rubrique « Blog ») soit plus interactif que « cultureDoud ».

À très bientôt

Édouard

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Vice caché

Au début des années 70, Doc Sportello, détective hippie de la communauté de Los Angeles, se met à la recherche d’un certain Mickey Wolfmann je ne sais plus sur la demande de qui et pour des raisons qui ne m’ont pas semblé très claires.

Bienvenue dans le monde du polar psychédélique…blagues à la con qui ne peuvent faire rire qu’un junkie à la limite de l’overdose, dialogues qui ne veulent rien dire, personnages qui s’introduisent dans l’intrigue sans trop qu’on sache pourquoi et qui en sortent comme des courants d’air… Comme un naufragé au milieu de l’océan, j’essaie de m’accrocher à quelques noms et références qui surnagent de ce brouillard qui sent fort le cannabis : Bigfoot, Shasta, Puck, Sharon Tate, Charles Manson, le continent perdu de Mu, les Lémuriens, le Viet Nam…quelques références cinématographiques aussi.

Il n’est pas rare que je lise des livres auxquels je ne comprends rien. Généralement, si ça ne s’arrange pas à la page 150, c’est qu’il faut chercher autre chose qu’un fil conducteur : une musique comme chez Céline par exemple. Entre les pages 150 et 350, il ne se passe rien. Le brouillard est toujours plus épais et je ne sens rien. Si je n’avais pas passé quelques heures dans le TGV, si je ne m’étais pas retrouvé quelques jours dans les profondeurs de la campagne gasconne, il est probable que j’aurais laissé tomber.

À partir de la page 350, les choses semblent se dissiper un petit peu. Ce n’est pas une musique, mais un parfum (j’aurais dû m’en douter), un parfum aigre-doux et acidulé qui fait penser à la photo de couverture sur laquelle une femme rouge se détache au milieu de zones irisées vertes et jaunes. Un parfum qui ressemble certainement aux paradis artificiels que Thomas Pynchon (l’auteur) a connus. Il avait 33 ans en 1970,

Vers la page 500, de nouveau l’envie de tout arrêter, de tout envoyer promener. Je continue tout de même, mais pour le challenge, pour ne pas avoir un sentiment d’échec, mais peut-être aussi par addiction inconsciente.

Ce soir, il ne me restait que 5 pages. En fournissant un dernier effort, je m’y suis replongé. Les trois dernières pages ont été fantastiques. Sans doute parce que je touchais enfin au but, mais aussi par ce qu’elles étaient d’une fluidité extraordinaire et hautement poétiques. Bref, ces trois pages m’ont laissé sur le cul et m’ont obligé à repenser l’ensemble.

J’ai alors visualisé l’histoire d’un beatnik qui fumerait un joint, mais dont l’histoire serait racontée en commençant par la fin, comme si le mégot jeté à terre s’élevait dans les airs pour se visser entre les dents du gars, avant de se recomposer petit à petit.

Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai cette image en tête. Doc me dirait « c’est ton trip man, faut pas chercher plus loin ! »

Il n’est pas impossible que je me reprenne un petit Pynchon un de ces jours.

Edouard

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Refuge en enfer : Comment l’hôpital juif de Berlin a survécu au nazisme.

L’auteur a entamé à la fin des années 1970 une enquête approfondie sur un épisode incroyable – et méconnu – de la dernière guerre.
Anthropologue et diplômé en droit, il a interrogé des dizaines de survivants de l’Holocauste.
Le sinistre Le Pen parlerait probablement d’un ‘détail’ de l’Histoire.

Les troupes soviétiques libérant Berlin en avril 1945 n’en croient pas leurs yeux. En pleine ville, ils découvrent un bâtiment occupé par des centaines de personnes, malades, infirmières, médecins, personnel d’entretien, juifs en grande majorité.
À travers vents et marées, cet hôpital a survécu aux épouvantables poursuites auxquelles étaient soumis les Juifs depuis la moitié des années 30. Les nazis y trouvaient leur compte, puisque l’hôpital servait aussi d’antichambre aux convois vers les camps de la mort. Avec un cynisme hallucinant, ils y envoyaient les malades et les blessés, afin de les retaper avant de les gazer. Le directeur de l’hôpital, un certain Dr Walter Lustig, personnage fort ambigu puisque lui-même juif, obligé de collaborer avec les SS, traité de collaborateur par certains, a disparu sans laisser de traces après la fin de la guerre.

Dans ce livre hallucinant, le sordide côtoie l’héroïque à chaque page.
Et l’avertissement reste de mise: d’où qu’il vienne, le totalitarisme doit être combattu par tous les moyens.

Daniel B. Silver – Ed. Versailles – 302 p.

Amitiés secouées,

Guy

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Kate à l’assaut du Castle

Si j’écrivais un jour mes mémoires, je pourrais écrire un chapitre entier sur la deuxième chaîne. Mon enfance s’est articulée autour de RécréA2, cela fait 27 ans que je me réveille avec William Leymergie, je suis un inconditionnel de « N’oubliez pas les paroles » et j’ai même suivi les aventures exotiques et délicieusement régressives de « Rani ». Il n’y a guère qu’avec « Nicolas le Floch » que j’ai du mal. C’est sans doute l’exception qui confirme la règle.

Je n’étonnerai donc personne en avouant que je suis fan de « Castle » : la série policière du lundi soir un poil surréaliste avec une flic super sexy (le lieutenant Kate Becket) accompagnée d’un écrivain « toutou » (Richard Castle) qui se promène sur les scènes de crime avec un gilet pare-balles sur lequel on peut lire l’inscription « Writer ».

Deux ressorts principaux dans la série :
– Le mystère du meurtre de la mère de Becket ;
– La relation entre Becket et Castle.

Cela faisait un moment qu’on savait qu’il y aurait forcément un lien entre les deux thématiques et que le dénouement de l’une conditionnerait celui de l’autre. Restait à savoir quand et comment ? Il eut été tentant pour le réalisateur de faire durer éternellement le petit-jeu à la « Tom et Jerry » de Richard et Kate. Si Tom avait dévoré Jerry, Hanna Barbera aurait nécessairement dû mettre la clef sous la porte. À ma connaissance, la relation entre John Steed et Emma Peel, les héros mythiques de « chapeau melon et bottes de cuire » n’a jamais vraiment évolué (a l’époque, c’est vrai que je ne donnais pas autant d’importance à ces aspects du scénario).

Toutefois, imperceptiblement, au fil des épisodes, on sentait une progression du lien qui unissait Richard et Kate. Peu à peu, la « conclusion » est apparue comme étant incontournable.

Mais alors, s’ils sortent ensemble, que va devenir la série ? Pourra-t-elle survivre aux ébats de la superflic et de l’écrivain ?

Ce soir, le dernier épisode de la saison trois était diffusé à l’heure habituelle. Je l’ai attendu sans trop croire à un dénouement. J’ai été bluffé. Tout à explosé en même temps en un gigantesque feu d’artifice. Les meurtriers de la mère de Becket sont apparus en pleine lumière et Castle s’est enfin décidé à déclarer sa flamme.

Le dernier plan de l’épisode peut laisser penser que tout est fini. Heureusement, Télérama a mangé la grenouille en annonçant une saison quatre pour septembre.
Toutefois, rien ne sera plus comme avant : le capitaine Montgomery est mort et Tom va dévorer Jerry. Et si Télérama s’était trompé ?

Edouard

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