
Les premiers symptômes d’une maladie neurodégénérative sont apparus chez Nadine Valinduck à l’âge de 50 ans. Son fils, Vincent Valinduck, médecin généraliste et chroniqueur à Télématin, évoque l’aide qu’il a apportée à sa mère pendant 14 ans, jusqu’à son décès.
Cette histoire est celle d’un engagement total, mettant en jeu la santé physique et mentale du chroniqueur. C’est en définitive une histoire vieille comme le monde à laquelle tout le monde est malheureusement un jour confronté : le vieillissement des parents.
Cette histoire est cependant singulière compte tenu de la précocité de la maladie et donc de la jeunesse de l’auteur ainsi que sa profession. D’une certaine manière, c’est aussi l’histoire d’une aventure médicale.
Seul, il n’aurait jamais réussi à sortir vivant de cette entreprise qui ne peut être qu’une aventure collective. Son père, tout d’abord très réticent à recourir à une aide extérieure et son frère. Puis, par la force des choses, s’est mis en place un système d’aide à domicile. Enfin, Vincent a ressenti le besoin de se confier à une psychologue pour pouvoir continuer la route.
Bref, s’occuper jusqu’au bout d’un parent atteint d’une maladie neurodégénérative n’est pas impossible mais cela reste une aventure humaine à haut risque. Tout le monde n’a pas le temps, ni la santé, ni la volonté pour s’engager dans une telle entreprise. La question de la vie privée du jeune médecin n’est qu’allusivement évoquée mais ce relatif silence est assourdissant.
Il y a une dimension sacrificielle dans ce comportement. La religion n’est absolument pas évoquée mais on pense forcément aux paroles du Christ: « il n’y a pas de plus bel amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».
Il n’est à aucun moment question d’EHPAD. L’auteur avoue s’être posé la question du placement en ‘ »institution » pour rejeter tout de suite cette hypothèse.
Dans les derniers moments de Nadine, on aurait pu effectivement se poser la question. Bien entendu, toutes les personnes âgées rêvent de mourir chez elles. Mais quand les gens n’ont plus conscience de leur environnement… Bref, chacun fixera les limites de l’acceptable.
L’auteur se décrit comme un « Aidant », un mot que je ne connaissais pas. C’est en définitive à eux que ce livre est dédié, à toutes ces personnes de l’ombre qui agissent pour soutenir un proche. Ils seraient plusieurs millions et rendent, parfois sans le savoir, un service remarquable à la société sans pour autant bénéficier d’une réelle reconnaissance.
Dans une société vieillissante ne valorisant pas l’altruisme, leur place deviendra de plus en plus importante. Les aidants méritent mieux que l’ombre. Aidons les aidants.
Edouard
Je suis devenu le parent de mes parents
Vincent Valinduck
Stock
2023
