Viktor le corruptible

C’est une décision symbolique mais elle était indispensable : l’Ukraine est officiellement engagée dans un processus d’adhésion à l’Union Européenne.

A l’heure où, de l’autre côté de l’Atlantique, les républicains hésitent à poursuivre le soutien militaire de l’Ukraine, l’engagement du processus d’adhésion est une manière de leur faire comprendre qu’en cas d’abandon du soutien, les américains se retrouvaient seuls responsables de la victoire de la Russie et que leur attitude est en définitive, une attitude pro-Poutine.

Et si les européens mettaient les bouchées doubles pour faire face à la frilosité américaine ? Pour sauvegarder son impérialisme, les Etats-Unis se doivent de démontrer qu’ils sont indispensables. Non, vraiment, l’oncle Sam ne sortirait pas grandi d’un désengagement.

Derrière l’ouverture des négociations entre l’Union Européenne et l’Ukraine, on retiendra un autre événement moins médiatisé mais d’une dimension symbolique non négligeable : l’abstention de Viktor Orban qui aura permis l’engagement du processus.

Certes, le leader hongrois a sauvé la face en ne votant pas pour l’adhésion, certes il a fait payé cher son silence en campant une position de maître chanteur de l’Union Européenne, certes il discrédite les institutions européennes qui n’ont pas encore les moyens juridiques de faire passer l’intérêt de l’Union avant les intérêts privés des Etats membres mais, même compte tenu de tous ces éléments, l’achat du silence de Viktor Orban par l’Union Européenne n’aura peut-être pas été un mauvais investissement.

Au-delà des effets symboliques de l’ouverture des négociations qu’aura permis cet investissement, il aura démontré de quoi est réellement constitué le principal soutien européen à Poutine.

Elle aura démontré que le soutien idéologique de Budapest à l’opération spéciale s’effrite en définitive facilement avec quelques millions d’Euros. En poursuivant son chantage sur le plan budgétaire maintenant, Orban ne pourra que provoquer l’indignation des citoyens européens, ce qui ne pourra que le marginaliser et faire hésiter d’autres dirigeants qui auraient voulu suivre son exemple

Cet achat peut aussi ouvrir d’autres perspectives. A quoi tiennent réellement les soutiens apportés à Poutine ? Si l’Union Européenne a pu corrompre la Hongrie, peut être l’occident réussirait il à en corrompre d’autres.

Et si la défaite Russe ne dépendait en fait que de l’effritement des soutiens de Poutine ? Il est vrai que c’est une vision moins cinégénique que les combats au corps à corps dans la neige mais certainement moins meurtrière et peut être même plus efficace. Une idée à creuser…

Edouard

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