Les impossibles victoires russes

Les mois se suivent et se ressemblent : la prise d’un village par les Russes, la destruction d’un centre d’hydrocarbure par les Ukrainiens et des morts, des morts, toujours des morts. On voit bien que quelque chose bouge, mais rien de décisif. On finit par se lasser aussi de ce paysage monotone. Il y a bien l’arrivée des F16, mais personne ne semble imaginer que cela puisse changer quoi que ce soit.

Et puis, il y a l’été et la plage, les barbecues entre amis, les JO, le feuilleton de la vie politique française qui reprendra le lendemain des JO. Alors l’Ukraine… c’est toujours pas terminé ?

Il n’y a en définitive qu’une façon de battre les Russes : l’épuisement pour que le pays s’écroule de lui-même, comme en 1990. Comme un joueur de jackpot accro à la guerre, Poutine dépense toujours plus : il sent que le vent va tourner, il a presque gagné, c’est tout comme s’il avait gagné… et quand il sera à poil, les négociations pourront commencer.

Cela peut prendre du temps. Il ne faut pas que l’Ukraine s’épuise la première, d’où une aide homéopathique des alliés occidentaux pour que les Ukrainiens tiennent, mais aussi pour que la Russie ne perde pas espoir de l’emporter et qu’elle continue à dépenser encore et toujours… c’est presque bon, on va y arriver !! L’aide des Occidentaux ne peut cependant qu’être homéopathique parce qu’ils savent que plus la Russie se sentira acculée, moins elle sera contrôlable avec un risque d’utilisation de l’arme nucléaire.    

Pris par son élan, Poutine n’a peut-être plus conscience que sa course est autodestructrice et quand bien même, il ne peut plus s’arrêter. L’économie russe ne tient plus que par la guerre, elle s’effondrera après, il le sait.

Certains experts en géopolitique savent peut-être comment tout ça va se terminer. J’en doute. En tout cas, les JO montrent que la vie planétaire peut très bien continuer sans la Russie. Ils sont tous là, on les a vus dans leurs bateaux sur la Seine, lors de cette interminable litanie étatique à l’occasion de l’ouverture des JO.

Les copains de Vladimir sont là aussi et en particulier la Chine et la Corée du Nord. Ils auraient pu dire, « si Vladimir n’est pas invité, on vient pas », mais ils ne l’ont pas fait. On sent que c’est plutôt « désolé mon pote, on te racontera ».

Tout le monde aura remarqué le coude à coude entre la Chine et les États-Unis en tête du tableau des médailles. La Russie n’est pas visible, normale, la guerre froide est terminée et la Chine doit se consoler de l’absence de cet ex-grand frère. On ne parle plus non plus des athlètes russes et biélorusses qui devaient participer aux JO sous bannière neutre.

Et pendant ce temps, Vladimir mise encore et toujours, espérant en vain que les trois Zelenski s’afficheront sur le bandit manchot.

En définitive, personne ne semble s’apercevoir de l’absence des Russes aux JO et c’est sans doute un coup énorme porté à Poutine, condamné à l’indifférence mondiale, enlisé dans une guerre hors d’âge. Les soldats russes vont-ils enfin se demander pour qui ils se battent et pour qui ils se font tuer ? Qui sait ?

La prestation de Philippe Katherine lors de la cérémonie d’ouverture était volontairement ridicule. On aime ou on n’aime pas, mais en tout cas, tout le monde l’a remarqué (en particulier en Chine et au Japon). Il a peut-être fait des envieux à Moscou.

Édouard