BLIZZARD

En Alaska, en pleine tempête, Benedict, Cole et Freeman s’enfoncent dans le blizzard à la recherche de Bess et du jeune Thomas.

Petit roman (190 pages), Blizzard n’en est pas moins une prouesse littéraire.

Les adorateurs de pavés peuvent se rassurer, ils pourront faire une deuxième lecture qui permettra sans doute de mieux comprendre l’intrigue mais ce flou fait aussi partie du charme de l’ouvrage. Le lecteur, comme les protagonistes, est lui aussi perdu dans le Blizzard d’une immensité glacée qu’on imagine mais qui n’est pas décrite…faute de visibilité, forcément. On ne voit pas le paysage mais on l’a dans la peau et on frissonne avec les personnages.

Blizzard est un roman impressionniste, construit avec quelques dizaines de micro-chapitres de 2 à 4 pages  qui sont des monologues intérieurs alternés des trois hommes et de la femme perdus dans la tempête (Il n’y a pas le monologue de Thomas), des petits flashs qui en disent beaucoup sur l’identité de chacun et très peu sur l’immédiat et qui donnent un effet stroboscopique à l’ouvrage.

On ne comprend pas très bien au début pourquoi Bess décide soudainement de sortir avec Thomas pour affronter la tempête et à la fin… Il faudrait que je le relise.

S’agissant des trois hommes, on pense d’abord qu’il y a entre eux une certaine solidarité et qu’il s’agit en somme d’une « battue » comme on en voit souvent dans les romans.

Toutefois, à mesure que l’intrigue progresse, on réalise que leurs motivations respectives sont bien différentes et si l’on n’assiste pas en définitive à une course entre trois concurrents.

La seule chose qui lie les quatre personnages en définitive, c’est l’Alaska. Pour des raisons différentes, ils se sont retrouvés dans cette contrée impitoyable dans laquelle ils ont trouvé refuge, une cachette exigeante qui peut très vite se transformer en cercueil si on ne respecte pas ses règles : un gant oublié ou troué, c’est plusieurs doigts gelés et perdus à jamais.

L’Alaska est un personnage à part entière dans l’histoire, une sorte de géant taiseux et enneigé qui ne prête que peu d’attention à la poignée de mortels aux destins dérisoires qui sont venu perturber son quotidien. Ce climat n’est pas fait pour les humains et ceux qui le supportent malgré tout on de très bonnes raisons et n’ont bien souvent pas d’autres alternatives.

Edouard