
Il y a 22 ans, j’ai participé à un chantier de fouilles archéologiques en Israël. C’était à Tel Yarmouth, au sud de Jérusalem, à l’emplacement d’une cité cananéenne évoquée dans le livre de Josué qui raconte la conquête de la terre promise par les hébreux après la fuite d’Egypte et la traversée du désert.
A l’époque, le gouvernement israélien tentait de faire venir des juifs français au motif qu’ils n’étaient pas en sécurité en France. Ceux qui venaient se rendaient rapidement compte de la relativité de la protection que pouvait leur apporter l’Etat hébreux. Derrière cette propagande, se cachait en fait une situation démographique alarmante. Les israéliens avaient une démographie poussive de pays développés alors que les Palestiniens avaient une démographie galopante de pays en voie de développement. Mathématiquement, la submersion des israéliens par les palestiniens était une menace tout à fait prévisible et le gouvernement essayait de l’endiguer par tous les moyens. Dans ce contexte plus qu’inquiétant, il y avait tout de même une lueur d’espoir venant des juifs ultra-orthodoxes qui faisaient beaucoup d’enfants et avaient une démographie comparable aux Palestiniens.
22 ans plus tard, comme on pouvait s’y attendre, Israël est devenu ultra-radicalisé et ses institutions, de moins en moins démocratiques. C’est aujourd’hui une terre promise qui serait un remake du livre de Josué, vouée à une extension géographique sans limite.
L’ex refuge pour les juifs du monde entier, attaqué de toutes part et qui ne survivait que par la possession de l’arme nucléaire et l’appui des Etats-Unis est devenu un agresseur qui devient un danger pour l’équilibre de la région.
Comme on pouvait aussi s’y attendre, Netanyahou a aujourd’hui une fois de plus entraîné dans sa soif de domination régionale, son allié de toujours.
A la fin de la deuxième guerre mondiale, lorsque les bombes atomiques sont tombées au Japon, le monde n’était pas aussi interconnecté qu’il l’est aujourd’hui. Je ne sais pas s’il est encore possible de faire exploser une bombe atomique sur la planète sans se porter de préjudice. En tout cas, cela semble peu probable pour une puissance comme les Etats-Unis omniprésente sur tous les continents. En l’occurrence, le détroit d’Ormuz est apparu comme une arme au moins aussi efficace que n’importe quelle bombe atomique et n’a tué personne. Certes, les Iraniens n’ont pas la bombe atomique et le prétexte de l’engagement israélo-américain était de les empêcher de l’avoir mais on se demande bien à quoi cela aurait pu leur servir puisqu’ils peuvent faire mieux en bloquant le détroit d’Ormuz.
On verra ce soir puisque Trump promet l’enfer à l’Iran mais on est un peu lassé par ses invectives de catcheur et j’ai des doutes.
Mon avis est qu’à vouloir trop s’étendre, Israël risque de disparaître. La force nucléaire et les Etats-Unis ne suffisent plus. Israël doit figer ses frontières et trouver des accords avec ses voisins. Il n’y a pas d’autre alternative, il faut refermer le livre de Josué.
Edouard
