Confiteor

Magnifique! Écrit en catalan, très bien traduit en français, ce monument en fait voir de toutes les couleurs. Confiteor signifie Je confesse.

Adrià vit à Barcelone dans les années 1950. Il porte tous les espoirs de ses parents. Son père voudrait faire de lui un humaniste, sa mère, un violoniste virtuose. Le livre est un long message d’amour à Sara, la femme de sa vie. Le temps presse, Adria voudrait arriver au bout de sa confession avant qu’une maladie cérébrale dégénérative ne le coupe du monde. Il charge son ami Bernat, violoniste, de recueillir et de conserver sa longue histoire.

Ce livre très exigeant demande une attention soutenue du lecteur, qui se trouve transporté, parfois dans le même paragraphe, de l’Inquisition à la terreur nazie, en passant par les années de plomb  du franquisme. Les pages sur la solution finale des nazis donnent froid dans le dos. De même que les assassinats massifs de l’Inquisition, que l’auteur met en parallèle avec les Camps.

Le catalan est une langue oscillant entre l’espagnol et le français. Les Catalans sont de fortes têtes.

L’auteur est linguiste et scénariste. il nous fait le cadeau de nous sentir intelligents.
Un peu comme Umberto Eco, en moins tape à l’œil.

Et l’humour affleure à chaque page. Je n’oublierai pas Aigle Noir (le vaillant chef arapho), et le shérif Carson, deux statuettes du jeune garçon confronté à l’hypocrisie des adultes. Ils l’accompagnent et le conseillent.

La syntaxe demande un court apprentissage. Les phrases restent parfois en suspens  (scénariste, toujours).

Des couleurs, du bruit, de l’émotion, de la musique, une immense culture. Autre ‘personnage’ du livre: un violon façonné en 1764 par Storioni à Crémone. Et un tableau de Urgell.

Beaucoup de références religieuses citées par Jaume Cabré, agnostique déclaré, dans ce livre ‘qui défie les lois de la narration pour ordonner un chaos magistral et emplir de musique une cathédrale profane’ (texte de la page de garde).

Lisez ce livre, envoyez-moi au diable, mais je suis convaincu que plusieurs de mes distingués lecteurs me feront cadeau d’un coup d’encensoir.

Parole finale de l’auteur: « Jai considéré ce livre comme définitivement inachevé le 27 janvier 2011, jour anniversaire de la libération d’Auschwitz. »

Amitiés universelles,

Guy.
Jaume Cabré – Babel – 916 p.

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