Une odyssée américaine

Après quelques années comme prof de lettres, Cliff décide de s’occuper d’une ferme au Michigan. Sa femme le quitte au bout de 25 ans de vie commune,et il décide de faire le tour des États-Unis en voiture.
Il emporte un puzzle avec lequel jouait son petit frère ,et qui représente les cinquante états de la nation. Lors de chaque passage d’un état à un autre, il jette la pièce correspondante par la fenêtre de sa voiture.
Pendant la première semaine, il est accompagné par une de ses anciennes élèves plutôt givrée et nymphomane. Cela tombe bien au début, puisque lui est du genre chaud lapin.
Son road-movie lui fera rencontrer une série de personnages folkloriques, dans des paysages à couper le souffle. Et son voyage se terminera par un espoir de réconciliation avec l’épouse infidèle.
Tout cela raconté avec paillardise, et une santé de conquérant des grands espaces.
Voilà un auteur qui a du souffle
Amitiés de grande prairie,
Guy.
Jim Harrison – J’ai lu – 284 p.

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Douze contes vagabonds

En ces temps de prix Nobel de littérature, un petit retour à celui de 1982.
Douze petits bijoux, travaillés et retravaillés par ce Colombien vagabond et cosmopolite.
Il promène le lecteur de Genève à Naples, à Paris, Barcelone, avec toujours ce regard d’enfant fasciné par la magie du monde. Dans chacun de ses livres, on retrouve le réalisme magique qui ressemble à une marque de fabrique des Caraïbes.
Un travail d’orfèvre.
Amitiés joaillières,
Guy.
Gabriel Garcia Marquez – Poche

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Cosmopolis

Eric Packer, golden boy de 28 ans, déambule en limousine dans Manhattan à la recherche d’un coiffeur.

Si David Cronenberg, le pape du film poisseux, a décidé d’arracher Robert Pattinson aux crocs de la sirupeuse saga Twilight, ce n’est pas un hasard. S’il n’incarne plus Edward, le vampire bio romantique, le nouveau personnage campé par Pattinson n’en est pas très éloigné. Le moins perspicace des cinéphiles l’aura perçu, ne serait-ce que du fait qu’il ne semble pas avoir été démaquillé en quittant la série.

Eric est un vampire des temps modernes. Arrivé en haut de l’échelle sociale, au bout du rêve américain, il a le monde à ses pieds, mais n’a plus goût à rien.

Les deux premiers tiers du film se passent à l’intérieur de sa limousine blindée et insonorisée décorée comme un jeu vidéo.
Le golden boy ne bouge presque pas et parle beaucoup. Quelques hommes lui rendent visite et beaucoup de femmes plus ou moins tarifées parmi lesquelles on reconnaîtra notre Juliette Binoche nationale dans un rôle à contre-pied de celui de la femme exemplaire qu’elle campe habituellement…les fans risquent d’être choqués.

Mais le sexe, pas plus que les discussions autour du yuan, pas plus que les des deux ascenseurs qu’il s’est fait installer pour se rendre dans son bureau, ne semble à même de le ranimer. S’est donc un vampire rassasié qu’on voit petit à petit se déliter psychologiquement. On pense à « la grande bouffe » et à l’ « envie d’avoir envie » de Johnny.

En arrivant chez son coiffeur, un père spirituel qui vit dans un quartier chaud de la grande pomme, il décide de se passer des services de son garde du corps pour aller au-devant de tueurs potentiels.

La dernière scène est du concentré de Cronenberg. Une tension lancinante et écœurante entre un meurtrier qui n’a pas le courage de passer à l’acte et une victime qui semble espérer trouver dans la mort le délice d’une ultime sensation.

Cosmopolis est une variante visqueuse et psychologique de Margin Call, film actuellement sur les écrans sur le cynisme d’une banque d’affaires à l’origine de la crise des subprimes. On sent qu’Hollywood a un peu la gueule de bois ces derniers temps.

Bref, un film qui vous retourne l’estomac, au propre comme au figuré. Un film que je ne regrette pas d’avoir vu, mais que je ne conseillerai qu’aux fans de Cronenberg.

Edouard

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Dernière nuit à Twisted River

Le magicien John Irving a encore frappé. Pourtant cette histoire de draveurs (flotteurs de bois) dans le nord des USA commence plutôt lourdement. Dominic le cuistot, et son fils Danny, 12 ans, s’occupent de la popote des bûcherons. Leur ami Ketchum, braconnier, grande gueule et coeur d’or, les protège dans ce monde impitoyable (!). La mise en train est assez longuette. Dès l’exil du père et du fils au Canada, le livre monte en puissance, pour se terminer en feu d’artifice. On connaît le goût de Irving pour les ours. On connaît son talent pour la description de scènes baroques (Le monde selon Garp, une prière pour Owen…). Ici, l’on assiste à l’atterrissage d’une parachutiste nue dans une auge à cochons. Danny la surnommera ‘Tombe du ciel’, et elle finira par jouer un rôle dans sa vie d’écrivain. John Irving a peu connu son père. L’amour d’un père pour son fils est un thème récurrent dans ses livres. Il semble avoir mis beaucoup de lui-même dans celui-ci.

Amitiés braconnières,

Guy

 Seuil 562 p.

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Ame rouge

Au début des années 50, alors même que la chasse aux sorcières se met en place, que l’URSS n’a pas encore la bombe atomique et que les cendres de la Deuxième Guerre mondiale fument encore, Blacksad se porte au secours d’un vieil ami au passé trouble.

L’année dernière, j’avais été déçu par le personnage de Blacksad, le détective à la tête de chat, mais charmé par le graphisme de Juanjo Guarnido. Je viens de renouveler l’expérience avec « Âme rouge », troisième opus d’une série qui en comporte maintenant 5.

Le dessin et les couleurs restent un ravissement et on comprend tout en voyant indiqué au dos de la BD que les auteurs ont écrit sur « l’histoire des aquarelles ». Il y a à côté du scénario, des histoires qui se voient, plus qu’elles ne se racontent, comme celle, au début de l’album, du manège de deux prostituées autour du portefeuille d’une vieille tortue. On peut aussi saluer l’astuce qui consiste à inscrire un épilogue imagé après le mot « fin », sur la face intérieure du quatrième de couverture où des dockers australiens (échidnés, kangourou, koala, ornithorynque, forcément) regardent interdits le contenu d’un étrange colis.

Pas grand-chose à dire sur le détective qui se fond pas trop mal dans le décore des fivties. L’année dernière, je l’avais comparé à Canardo et critiqué le manque d’incarnation du chat-noir. Depuis, j’ai été légèrement déçu par le dernier album de Sokal… Blacksad est « noir »,
il a un passé difficile et est peut-être victime de sa grandeur d’âme. Bref, il devient un personnage intéressant.

Ma réserve serait aujourd’hui à rechercher du côté du scénario. Autant, celui de « quelque part entre les ombres » était simpliste, voire inexistant, autant celui d’ « âme rouge » est particulièrement compliqué. Trop ? Ce n’est qu’a la fin de la première lecture que j’ai compris l’ancrage historique aidé par Wikipédia qui m’a apporté un certain nombre d’éléments sur une période de l’histoire que je n’ai pas connue et qui ne m’intéresse pas beaucoup. Ce n’est qu’ à la fin d’une deuxième lecture que j’ai enfin compris le récit.

Le problème d’une telle complexité de scénario, c’est qu’a trop le regarder on en voit les failles : petites incohérences et grandes invraisemblances.

Mes réserves sont donc plus pour Canales que pour Guarnido. Quoi qu’il en soit, me voilà conquis par la série et je vais m’empresser de me procurer les autres albums.

Edouard

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Vice caché

Au début des années 70, Doc Sportello, détective hippie de la communauté de Los Angeles, se met à la recherche d’un certain Mickey Wolfmann je ne sais plus sur la demande de qui et pour des raisons qui ne m’ont pas semblées très claires.

Bienvenue dans le monde du polar psychédélique…blagues à la con qui ne peuvent faire rire qu’un junkie à la limite de l’overdose, dialogues qui ne veulent rien dire, personnages qui s’introduisent dans l’intrigue sans trop qu’on sache pourquoi et qui en sortent comme des courants d’air… Comme un naufragé au milieu de l’océan, j’essaie de m’accrocher à quelques noms et références qui surnagent de ce brouillard qui sent fort le cannabis : Bigfoot, Shasta, Puck, Sharon Tate, Charles Manson, le continent perdu de Mu, les Lémuriens, le Viet Nam…quelques références cinématographiques aussi.

Il n’est pas rare que je lise des livres auxquels je ne comprends rien. Généralement, si ça ne s’arrange pas à la page 150, c’est qu’il faut chercher autre chose qu’un fil conducteur : une musique comme chez Céline par exemple. Entre les pages 150 et 350, il ne se passe rien. Le brouillard est toujours plus épais et je ne sens rien. Si je n’avais pas passé quelques heures dans le TGV, si je ne m’étais pas retrouvé quelques jours dans les profondeurs de la campagne gasconne, il est probable que j’aurais laissé tomber.

À partir de la page 350, les choses semblent se dissiper un petit peu. Ce n’est pas une musique, mais un parfum (j’aurais dû m’en douter), un parfum aigre-doux et acidulé qui fait penser à la photo de couverture sur laquelle une femme rouge se détache au milieu de zones irisées vertes et jaunes. Un parfum qui ressemble certainement aux paradis artificiels que Thomas Pynchon (l’auteur) a connus. Il avait 33 ans en 1970,

Vers la page 500, de nouveau l’envie de tout arrêter, de tout envoyer promener. Je continue tout de même, mais pour le challenge, pour ne pas avoir un sentiment d’échec, mais peut-être aussi par addiction inconsciente.

Ce soir, il ne me restait que 5 pages. En fournissant un dernier effort, je m’y suis replongé. Les trois dernières pages ont été fantastiques. Sans doute parce que je touchais enfin au but, mais aussi par ce qu’elles étaient d’une fluidité extraordinaire et hautement poétiques. Bref, ces trois pages m’ont laissé sur le cul et m’ont obligé à repenser l’ensemble.

J’ai alors visualisé l’histoire d’un beatnik qui fumerait un joint, mais dont l’histoire serait racontée en commençant par la fin, comme si le mégot jeté à terre s’élevait dans les airs pour se visser entre les dents du gars, avant de se recomposer petit à petit.

Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai cette image en tête. Doc me dirait « c’est ton trip man, faut pas chercher plus loin ! »

Il n’est pas impossible que je me reprenne un petit Pynchon un de ces jours.

Edouard

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Blackthorn

Butch Cassidy, le célèbre gangster américain, ne serait pas mort en Bolivie en 1908 comme le veut la version officielle. Le film se fonde sur des recherches ADN effectuées en 1991 qui tendaient à prouver que les restes présumés de Robert Leroy Parker (Butch Cassidy) et de son comparse Harry Longabaugh (Sundance Kid) ne pouvaient être les leurs (Parker avait 12 frères et sœur, ce qui facilite les comparaisons génétiques).
On retrouve donc Butch 20 ans plus tard, toujours en Bolivie, mais sans « le Kid », mort entre temps. Le vieux cow-boy qui se fait appeler James Blackthorn, fossile vivant de l’histoire de l’ouest (très bien incarné par Sam Shepard) décide de rentrer au pays. En chemin, il fait la rencontre d’Eduardo, un jeune ingénieur qui a volé un gros propriétaire minier. Eduardo sera le nouveau Kid de Butch avec lequel, l’espace d’une aventure, il va retrouver la vigueur qu’il pensait avoir perdu.

Le scénario n’est qu’un prétexte. L’intrigue se déroule avec la lenteur qui convient à l’âge du vieux Butch qui ne goûte plus que modérément le parfum de l’aventure, contrairement à Eduardo qui, ayant fini par découvrir la véritable identité de Blackthorn, n’en revient pas de faire équipe avec une légende vivante.

L’acteur principal de Blackthorn, c’est la Bolivie avec ses paysages à couper le souffle. En particulier, les scènes principales tournées au milieu du « Salar de Uyuni », le plus grand désert de sel du monde, sont époustouflantes.

Le plus beau plan qui, à mon sens, résume tout le film, nous montre Cassidy sur un cheval exténué qui ne se déplace plus qu’à tout petits pas, suivi à la même allure à quelques centaines de mètres par un homme parti à sa recherche.
L’issue de la poursuite ne dépend plus de l’habileté du vieillard, mais de sa capacité à résister à l’aridité des lieux irradiés par un soleil implacable.

Un beau film sur la relativité du mot « aventure », sur le vieillissement, sur ce qui compte dans une vie. Perdu dans un monde qu’il ne reconnaît plus et qui le considère comme un fantôme, Butch ne peut que mettre un point final à ses aventures. La rencontre avec Eduardo aura été le dernier soubresaut d’un temps qui n’est plus et qui n’a plus lieu d’être.

Edouard

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True Grit

Mattie Ross, une gamine de 14 ans, fait appel au chasseur de prime Rooster Cogburn pour venger son père de Tom Chaney, l’homme qui l’a tué. Dans leur traque, ils sont accompagnés par Laboeuf, un autre chasseur de prime chargé de capturer le même homme pour un crime commis sous une autre juridiction.

42 ans après Henry Hathaway, Joël et Ethan Coen reprennent à leur sauce « cent dollars pour un shérif ». Dans le rôle de Cogburn, Jeff Bridges reprend le rôle initialement occupé par John Wayne.

Paris Première a eu la très bonne idée de programmer le film d’Hattaway le lendemain de la sortie du film des Coen. En regardant successivement ces deux films, j’ai donc enfin pu essayer de percer le secret des champions de la caricature de l’Amérique profonde.

Le film d’Hattaway est archi classique et d’une mièvrerie affligeante : un western « à l’ancienne » digne des années 50 et tourné en 1969, 3 ans après le très moderne « Le Bon, la Brute et le Truand » de Sergio Leone.

La différence entre les deux films n’est à première vue pas à rechercher dans le scénario. Certains plans et dialogues de True Grit sont même des copier-coller de « cent dollars… » La différence la plus flagrante tient tout d’abord aux acteurs.
La Mattie d’Hattaway est une caricature de garçon manqué monté en graine et ses rapports avec Cogburn restent ceux d’une enfant et d’une « grande personne ». Celle des Coen a une féminité toute en devenir et sa relation avec le chasseur de prime est comparable à celle de Natalie Portman et Jean Raino dans Leon. Jeff Bridges semble moins fatigué et plus délicieusement décadent que John Wayne et Matt Damon est moins niais que le « Laboeuf » de 1969.
Ce qui change dans le scénario, ce sont d’abord les proportions. Les Coen ne s’attardent pas sur les conditions de la mort du père de Mattie, ni sur tout un tas de détails secondaires qu’ils évoquent, mais qu’on comprend mieux chez Hattaway. Ils se concentrent sur la traque de Chaney dans un grand ouest désertique au milieu duquel ils sèment des personnages paumés et mille et un détails loufoques qui font leur marque de fabrique.
La principale différence scénaristique tient en fait dans les 15 dernières minutes de True Grit. Cette fin donne une magie, une profondeur et une noirceur scotchante au film qui n’existait bien entendu pas dans la version de 69. Cette fin, qui montre que les blessures les plus profondes sont souvent inattendues et que l’héroïsme le plus fort n’est pas forcément le plus visible, fait de True Grit un film drôle et dur qui me marquera durablement.

Edouard

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The Green Hornet

Brit est le fils de James Reid, un homme d’affaires très occupé. Depuis son enfance, il rêve de devenir un super héros et s’entête dans cette voie en dépit des coups qu’il prend et malgré les réprimandes de son géniteur.

Vingt ans plus tard, le justicier en herbe est devenu « fils à papa », un branleur pété de tune qui vit sa vie comme une teuf permanente.
Son existence va basculer le jour où son père va mourir des suites d’une piqûre de frelon (« hornet » en anglais). Libéré du joug paternel, il va réaliser son rêve de gosse et devenir « the green hornet ».

Michel Gondry, réalisateur français intégré depuis dix ans dans les rouages des productions hollywoodiennes, notamment auteur du très psychanalytique « eternal sunshine of the spotless mind », ouvre une nouvelle fenêtre dans l’univers des supers héros.

« The green hornet » n’est pas un extra-terrestre comme « superman » ni un justicier dans l’âme comme « Batman ». Il n’est pas non plus un individu ayant acquis des super pouvoirs par accident comme « Hulk » ou « Spiderman ». Brit n’est rien de tout ça. Il est un super héros parce que la vie d’un super héros, « c’est trop cool !! »
Bien entendu, ne devient pas super héros qui veut. Gondry va donc aider le destin du super-gamin attardé en lui mettant « Kato » entre les mains, un acolyte archi doué en mécanique et en arts martiaux. Ainsi équipés, les deux super-copains vont se mettre en quête d’un super méchant : un « Joker » ou un « docteur Octopus » sans lequel les surhommes ne peuvent pas vraiment exister.
Ils vont le trouver en la personne d’un truand super ringard en quête d’identité (« Christoph Waltz », l’officier nazi d’ « Inglorious Basterds » de Tarantino).
Bon, on a les héros, on a les gadgets, on a le méchant. Qu’est-ce qui manque? Une femme !! Ce sera « Leonore Case » incarnée par « Cameron Diaz » que les deux justiciers trouvent un peu vieille (36 ans dans le film, 38 dans la vie, peut être 37 au moment du tournage), mais finissent par adopter.
Tous les ingrédients sont là ? À vos marques ! Prêt ! Partez !! Le résultat est très efficace : ça va vite, ça cogne, ça bouge dans tous les sens, c’est extrêmement drôle et c’est moins bête que ça en a l’air : un très bon film pour commencer l’année.
Edouard

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Brooklyn follies

Fin des années 90, Nathan Glass, sexagénaire usé par la vie et en rémission d’un premier cancer, débarque à Brooklyn pour poursuivre une vie dont il n’attend plus grand-chose. Par le plus grand des hasards, il retrouve Tom, son neveu et ex-meilleur espoir de la famille, qui est devenu obèse et vendeur dans une librairie. Avec Harry, le patron de Tom, un ancien taulard homosexuel, l’oncle et le neveu vont former un beau trio sans avenir jusqu’au jour ou Lucy, la fille de la sœur de Tom, va faire son apparition.

J’avais entendu parler de Paul Auster, mais je n’avais jamais rien lu de lui. C’est chose faite et je ne suis pas déçu du voyage.

Brooklyn follies commence comme un remake du big Lebowski des frères Coen dans lequel on aurait fait jouer des personnages d’Almodovar. Cela ne dure cependant pas et Paul Auster fait évoluer l’intrigue en souplesse pour l’amener vers quelque chose de plus joyeux qui fait penser à la saga Malaussène de Daniel Pennac. Ce livre pourrait ainsi se résumer dans la phrase de Malraux : « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ».

Brooklyn follies, c’est aussi une réflexion sur l’Amérique telle qu’elle était juste avant le 11 septembre, une Amérique brinquebalante et rapiécée qui était déjà bien mal en point avant l’effondrement des Twin Towers.

Bref, un ouvrage bien écrit, faussement désabusé, tendre, fin et plein d’humour dans lequel l’auteur n’hésite pas à jouer avec le lecteur.

Brooklyn follies
Paul Auster
2008
Le livre de Poche

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