Poulet aux prunes

L’histoire se passe à Téhéran en 1958. Nasser-Ali, marié et père de deux enfants est musicien : joueur de Tar (sorte de banjo iranien). N’arrivant plus à jouer, il décide de changer d’instrument, jusqu’au jour où il se rend compte que le problème ne vient pas de l’instrument, mais de lui-même. Petit à petit, une idée germe dans sa tête : il va se suicider. La BD est le récit des 7 jours qui précèdent l’acte fatal que nous ne verrons pas et qui sera présenté sous forme d’un rêve.

Marjane Satrapi, l’auteur du génial Persépolis qui, en 2003, a élevé l’art de la bande dessinée jusqu’à un sommet rarement atteint (et qui, à mon avis n’a d’égal que Maus d’Art Spiegelman) nous offre une bande dessinée bien triste et pour tout dire franchement déprimante. Poulet aux prunes fait penser à « J’ai 28 ans et qu’ai-je fait de ma vie » sans l’humour, l’autodérision, la critique sociale et le brin d’optimisme qui donnaient du croustillant à l’ouvrage de Gérard Lauzier.

Cette histoire ne donne pas envie de se marier, ne donne pas envie d’avoir des enfants et ne donne pas envie d’avoir une activité artistique. En deux mots, elle ne donne pas envie de vivre : normal pour un récit qui a « le suicide » pour thème principal.

Même si l’histoire est bien racontée, si le dessin est original et si Satrapi continue à faire découvrir à l’occident les traditions de la société iranienne, un malaise subsiste après en avoir terminé la lecture. Un auteur a-t-il le droit de dire, même avec talent, que la vie est sans issue alors même qu’elle peut paraître comme telle pour beaucoup de lecteurs ? Bien entendu, la réponse est une question d’éthique. Pour moi, c’est non.

Poulet aux prunes
Marjane Satrapi
2008

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Edouard

Bienvenue à zombieland

Dans un futur qui pourrait être aujourd’hui, suite à l’absorption de hamburgers contaminés, la quasi-totalité de la population des États-Unis est devenue un troupeau de morts-vivants cannibales. Dans cet univers hostile, les rares survivants tentent…de survivre.
C’est ainsi qu’un ado asocial et un brin paranoïaque croise la route d’un vieux cow-boy à qui on ne la fait pas et de deux sœurs traqueuses. Comme les zombies, les membres de la petite troupe semblent perdus, jusqu’à ce qu’ils redécouvrent le plaisir de vivre ensemble.

Pas besoin d’être très futé pour comprendre le message qui se cache derrière le scénario, mais le réalisateur a l’habileté de ne faire qu’effleurer la corde de la critique sociale pour tout miser sur l’aspect comique de la chose. L’humour de « Bienvenue à Zombieland » est celui des bonnes comédies américaines du moment (si vous avez vu « Very bad trip »…): quelques grammes de finesse dans une montagne de tartes à la crème.
On s’amuse beaucoup à suivre les aventures de nos héros au milieu de ces monstres aussi sanguinolents que pitoyables, aussi prédateurs que victimes. En effet, les zombies, qui ne brillent pas plus par le goût que par l’esprit, n’ont pas beaucoup de chance de survivre aux assauts des quatre héros surentraînés.
La cerise sur le gâteau, c’est l’intervention du génialissime Bill Murray (trop courte, mais ça fait aussi partie de l’aspect comique de la chose) qui a trouvé une technique de survie imparable : se déguiser en faux zombie.

Une autre bonne idée du réalisateur est de situer la dernière partie du film dans un parc d’attractions abandonné, ressuscité pour un temps par la petite troupe de survivants que les zombies ne tardent pas à rejoindre, au milieu des manèges, des trains fantômes et des stands de tir à la carabine.

Pour finir, encore un petit mot sur les zombies. N’étant pas particulièrement fan d’horreur et de gore, je n’avais jamais vu de film de zombies. Pas grand-chose sur Wikipédia, sinon que l’origine de ces morts-vivants serait à rechercher dans la mythologie vaudou.
À l’inverse des vampires, les zombies n’ont pas eu leur Bram Stoker et on devra attendre 1978 pour que le réalisateur Georges A Romero se décide à les faire sortir de l’ombre.
J’ai heureusement un collègue de bureau, fan du genre, qui m’a donné les rudiments indispensables à la constitution d’une culture « zombie ». Ces rudiments ne cassent pas trois pattes à un canard, mais peu importe finalement puisque cette brute sanguinaire, stupide et individualiste trouve aujourd’hui toute sa place dans la société de consommation.

Edouard

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