Watership Down

Dans le sud de l’Angleterre, Fyveer, ayant eu l’intuition de l’arrivée d’un danger imminent, décide de quitter sa garenne avec son frère Hazel et quelques autres lapins.
Publié pour la première fois en 1972 (1976 en France), l’ouvrage qui a été réédité en 2016 aura été un immense succès éditorial (50 000 000 d’exemplaires vendus) et pourtant, je n’en avais jamais entendu parler. Un grand merci au passage à Franck Chanloup qui m’envoie régulièrement ses critiques de grande qualité depuis sa lointaine Nouvelle-Calédonie.
Il y a plusieurs livres dans Watership Down. Au début, j’ai pensé au voyage de Niels Holgerson, mais après une cinquantaine de pages, on se rend bien compte que ce n’est pas un livre destiné aux enfants. Alors, on y voit plutôt une fable philosophique sur le team building. Hazel est un manager remarquable doté d’une intelligence aiguë des situations qui sait très bien s’entourer. Viennent ensuite les romans d’espionnage et de guerre qui aboutissent sur un message pacifiste.
Cet ouvrage est aussi un magnifique témoignage de ce qui pouvait plaire dans les années 70, en pleine guerre froide. Le général Stachys, à la tête d’un régime totalitaire, semble bien entendu renvoyer à Staline. Toutefois, il apparaît plus comme un Hitler dans la dernière partie. Les armes des lapins ne sont que griffes et dents et leurs stratégies guerrières très classiques. On est très loin de la crainte de l’affrontement nucléaire qui caractérisait les relations est/ouest à cette époque.
Dans un tout autre registre, j’ai été marqué par la quasi-inexistence de lapines dotées d’un tant soit peu de relief. Nul doute que si ce livre avait été écrit aujourd’hui, l’éditeur aurait certainement exigé la présence d’éléments féminins distinctifs. Fyveer, avec sa fragilité et ses capacités intuitives aurait pu faire un personnage féminin intéressant, mais l’auteur ne laisse planer aucun doute concernant son sexe d’appartenance. Les femelles sont généralement regroupées sous le vocable générique de « hases » (la hase est la femelle du lièvre, mais c’est cette appellation qu’à choisi le traducteur même si les mâles sont bien des lapins et non des lièvres). Il y en a tout de même une qui semble un peu sortir du lot dans la partie « espionnage », mais sa présence semble plutôt justifiée par les besoins du genre : un roman d’espionnage sans James Bond Girl, c’est comme…un lapin sans oreilles. Bref les hases ne sont vues que comme des véhicules reproductifs tout juste bonnes à creuser des terriers et à élever des lapereaux. À part pour soigner les blessés et assurer le repos du guerrier, elles n’ont pas voix au chapitre dans les grands débats stratégiques et politiques. Vu l’immense succès en librairie, cela ne semble pas avoir choqué grand monde à l’époque. Et dire qu’on était en pleine révolution sexuelle…
Toutefois, ce constat ne retire rien à l’intérêt du livre qui n’en reste pas moins captivant à plus d’un titre, d’autant plus que dans la vie réelle des lapins, je doute fort que la parité soit respectée.
Édouard
1972/1976/2016
Richard Adams
Ed Monsieur Toussaint l’ouverture

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