
Que penser du rejet par Macron de la candidature de Lucie Castets ? Le NFP est-il légitime à imposer un premier ministre ?
L’équation est simple et peut se résumer par deux principes prévus par la Constitution :
– Le président de la république nomme le premier ministre ;
– Le premier ministre peut être destitué par l’assemblée nationale, après un vote de la majorité absolue des députés.
Donc, Macron doit nommer un premier ministre qui ne risque pas d’être destitué par l’assemblée nationale pour éviter une instabilité gouvernementale qui pourrait être dommageable à tout le monde, y compris à lui-même.
S’il avait une majorité absolue à l’assemblée, ce serait simple, il nommerait qui il veut.
Si un groupe d’opposition avait lui aussi la majorité absolue, pas trop compliqué non plus. Il imposerait qui il veut à Macron.
Nous ne sommes dans aucune de ces situations aujourd’hui et si le NFP est le premier groupe à l’assemblée, il n’a pas la majorité absolue et donc, son candidat peut très bien être renversé.
On pourrait donc lire la constitution ainsi : le président nomme un premier ministre soutenu par une majorité absolue des députés.
Le consensus sur le nom d’un premier ministre ne se trouvera pas au sein du NFP mais au sein de l’assemblée nationale prise dans son ensemble. Le NFP ne semble pas prêt aujourd’hui à accepter cette réalité pour au moins deux raisons :
– Elle l’obligerait à reconnaître que le fait d’être le premier groupe à l’assemblée n’est qu’une victoire très relative sans majorité absolue ;
– Elle menacerait la structure du groupe NFP. On peut imaginer que le PS pourrait accepter de rejoindre une coalition alors qu’il n’en est pas question pour LFI.
Ce phénomène n’est pas spécifique au NFP et tous les groupes sentent que cette histoire de nomination d’un premier ministre risque de les fragiliser. Que penser du RN aussi qui souhaite entretenir aux yeux de son électorat, l’idée du vol de sa victoire du premier tour.
Désigner un premier ministre demandera à tous les groupes parlementaires d’adopter une attitude responsable qu’aucun d’eux ne souhaite. C’est aussi dépasser une vie politique traditionnellement axée sur le mensonge et la manipulation des électeurs.
Les JO arrivent à point et restent un prétexte idéal pour procrastiner. Comme disent nos voisins de l’autre côté des Pyrénées, mañana.
Edouard








